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Le président ougandais Museveni réélu dans un contexte de répression

Les autorités entravent les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique

Le président ougandais Yowerei Museveni s'exprimait lors d'une conférence de presse à Entebbe, en Ouganda, le 26 juillet 2022. Il a été réélu le 15 janvier pour un septième mandat, lors d’une élection tenue dans un contexte de forte répression. © 2022 Hajarah Nalwadda/AP Photo

La Commission électorale ougandaise a déclaré le président Yoweri Museveni vainqueur de l’élection du 15 janvier, lui assurant un septième mandat avec 71 % des voix. 

Les semaines qui ont précédé l’élection ont été marquées par des violations des droits humains. Les forces de sécurité auraient frappé et arrêté des centaines de personnes lors de rassemblements de l'opposition, tiré sans discernement des gaz lacrymogènes sur des manifestants, et violemment frappé des journalistes qui tentaient de couvrir le scrutin. 

Le 28 novembre 2025, des agents de sécurité auraient abattu Mesach Okello, un partisan de l'opposition, à Iganga, dans l'est de l'Ouganda. La police a affirmé avoir réagi à des « jets de pierres » et à des « actes de vandalisme ». Le 8 décembre, le candidat à la présidence Robert Kyagulanyi, également connu sous le nom de Bobi Wine, a déclaré que des soldats l'avaient frappé, lui et ses partisans, à coups de bâton lors d'un rassemblement dans la ville de Gulu, dans le nord du pays.

Dans les semaines qui ont précédé l’élection, le gouvernement a de nouveau intensifié la répression.

Le 30 décembre, Sarah Bireete, une éminente militante des droits humains, a été arrêtée et, le 12 janvier, le gouvernement a ordonné à au moins dix organisations non gouvernementales de cesser leurs activités pour une durée indéterminée, sur la base de motifs vagues et infondés. Le nombre exact de groupes suspendus n'est pas connu. 

Le gouvernement a également ordonné une coupure généralisée d'Internet deux jours avant l’élection, limitant ainsi considérablement l'accès des Ougandais aux informations essentielles sur le scrutin. Cinq jours plus tard, bien que l'accès à Internet ait été partiellement rétabli par le gouvernement, l'accès aux applications de messagerie et aux réseaux sociaux, tels que WhatsApp et X, était toujours restreint.

Suite a l’annonce des résultats électoraux, Robert Kyagulanyi (Bobi Wine) a indiqué sur X que des agents de sécurité avaient encerclé son domicile dans la banlieue de Kampala, coupé l'électricité et les caméras de vidéosurveillance, et bloqué l'accès à la propriété. Malgré ces restrictions, Kyagulanyi a réussi à s'échapper et se trouve actuellement dans un lieu tenu secret. Ses collègues n'ont pas eu cette chance. Son parti, la Plateforme de l'unité nationale (National Unity Platform, NUP), a signalé que deux responsables régionales du NUP avaient été enlevées par les forces de sécurité, et étaient toujours portées disparues.

L'Ouganda est tenu de promouvoir et de protéger les droits de toutes les personnes à la liberté d'expression et de réunion pacifique, ainsi que leur accès à l'information, quelle que soit leur affiliation politique. La communauté internationale devrait faire pression sur le gouvernement de Yoweri Museveni pour qu'il mette fin aux violations des droits humains, et que les abus liés à l’élection fassent rapidement l'objet d'une enquête et que les responsables soient traduits en justice.

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