(Beyrouth) – Les autorités iraniennes ont considérablement intensifié leur répression meurtrière contre des manifestants depuis le 8 janvier, et des informations crédibles indiquent que les forces de sécurité procèdent à des meurtres à grande échelle dans tout le pays. Depuis le 8 janvier, les autorités ont imposé une coupure d'Internet à l'échelle nationale, ce qui a entraîné de sévères restrictions en matière de communications.
Des organisations de la société civile iranienne et les médias ont rapporté que le nombre de morts s'élevait à plusieurs milliers. Cependant, la coupure d'Internet a considérablement entravé les efforts visant à corroborer les meurtres illégaux et autres violations. Human Rights Watch recueille actuellement des éléments de preuve concernant les meurtres, notamment en vérifiant des vidéos provenant de morgues et d'hôpitaux, et en recueillant divers témoignages.
Les pays membres des Nations Unies devraient d’urgence exhorter les autorités iraniennes à mettre fin aux effusions de sang, à accorder un accès immédiat et sans entrave à la Mission d'établissement des faits internationale indépendante sur l'Iran mandatée par l'ONU, et à rétablir l'accès à Internet.
Le climat d'impunité systémique qui règne actuellement a permis aux autorités iraniennes de commettre à plusieurs reprises divers crimes au regard du droit international, notamment des meurtres, des actes de torture, des viols et des disparitions forcées, afin d'éliminer et de punir toute tentative de dissidence. Cela met en évidence l'importance d'un contrôle international ainsi que de la collecte et de la conservation des preuves, afin de faciliter de futures poursuites pénales, a déclaré Human Rights Watch.
Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch, a fait la déclaration suviante :
« Malgré la coupure d'Internet dans tout le pays, des informations faisant état de meurtres à grande échelle de manifestants par les forces de sécurité iraniennes, ainsi que d'autres crimes et violations odieuses, continuent d'affluer. Des personnes détenues risquent d'être exécutées secrètement et arbitrairement, les autorités ayant accusé les manifestants d'être des “ennemis de Dieu”, ce qui est passible de la peine de mort. Le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil des droits de l'homme devraient d’urgence dénoncer l'escalade des atrocités, et avertir les responsables iraniens et les forces de sécurité qu'ils devront un jour répondre de leurs actes devant la justice. »
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