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Le dernier massacre commis par des islamistes armés au Sahel a visé le Burkina Faso

Plus de 500 civils ont été tués par des islamistes armés dans la région africaine du Sahel depuis le début de l’année 2021

Un homme lit le journal L’Observateur Paalga à Ougadougou, au Burkina Faso, le 7 juin 2021. La une du quotidien fait allusion à l’attaque meurtrière menée le 5 juin contre le village de Solhan. © 2021 Olympia de Maismont /AFP via Getty Images

Peu après 2 heures du matin le 5 juin, des combattants islamistes armés ont pris d’assaut une mine d’or artisanale près du village de Solhan, dans la province de Yagha, dans le nord-est du Burkina Faso. Des témoins ont raconté à Human Rights Watch que les assaillants ont ouvert le feu sur tous ceux qui bougeaient, tuant plus de 140 personnes. Certains villageois ont été abattus alors qu’ils couraient se cacher, d’autres alors qu’ils se réfugiaient dans les maisons et les boutiques, d’autres encore alors qu’ils suppliaient pour avoir la vie sauve. Parmi les victimes, on dénombre au moins huit enfants.

« La scène était apocalyptique – des hommes blessés, en sang et hébétés, erraient entre les corps qui gisaient de toutes parts », a relaté un homme. « J’ai trouvé le corps de mon petit frère criblé de balles. »

Cette attaque élève à plus de 500 victimes le lourd bilan des civils tués par des islamistes armés au Sahel depuis le début de l’année 2021, d’après les recherches de Human Rights Watch. L’épicentre de la montée des violences est la zone poreuse des trois frontières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Des villageois ont été tués alors qu’ils s’occupaient de leur bétail, prenaient part à des cérémonies religieuses, buvaient le thé ou dormaient chez eux.

Au Niger, des groupes armés islamistes ont tué plus de 300 villageois lors de trois attaques atroces dans les régions de Tillabéri et de Tahoua. Les attaques en mai dans la province d’Oudalan au Burkina Faso ont fait plus de 30 morts parmi les villageois, dont certains qui assistaient à un baptême. « Le commandant a ordonné aux hommes de s’allonger face contre terre, puis a hurlé à ses combattants de procéder aux exécutions », a raconté un témoin.

Dans la plupart des cas, les groupes armés islamistes semblent avoir ciblé des villages qui avaient organisé des groupes de défense locaux, ou prévu de le faire. Cependant, les attaques menées contre des villages sans faire de distinction entre les civils et les combattants sont des crimes de guerre.

Les groupes armés islamistes devraient mettre un terme à leurs attaques illégales. En même temps, les forces de sécurité gouvernementales au Sahel, qui ont elles-mêmes commis de nombreux abus contre des suspects en détention et contre des communautés considérées comme soutenant les groupes islamistes, devraient reconnaître que les atrocités perpétrées par leurs adversaires ne justifient jamais leurs propres crimes. Avec le soutien des forces internationales, elles devraient faire plus pour protéger les communautés vulnérables du Sahel.

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