Manifestation à Bahreïn, suite au décès, le 25 mars 2017, d'un jeune homme qui avait été grièvement blessé plusieurs semaines auparavant, quand des hommes armés ont ouvert le feu sur un rassemblement de personnes devant la maison du dirigeant de la communauté chiite du pays.

© 2017 Sayed Baqer AlKamel/NurPhoto via Getty Images

Le président français Emmanuel Macron ne devrait pas s’abstenir de critiquer le terrible bilan de Bahreïn en matière de droits lors de la visite du roi Hamad al-Khalifa à Paris, le 30 avril.

Bahreïn est pratiquement entièrement fermé à la liberté d'expression, les autorités ayant dissous, mis hors la loi tous les partis d'opposition et fermé les médias indépendants. Des dissidents pacifiques, y compris des opposants politiques et des défenseurs des droits humains, sont harcelés, arrêtés et poursuivis pour de fausses accusations. De nombreuses personnes détenues rapportent avoir subi de graves sévices et des actes de torture en détention.

En juin dernier, dans un rare geste qui a déclenché une crise diplomatique entre la France et Bahreïn, l'ambassadrice de France à Manama, Cécile Longé a, dans un tweet, eu l’audace de dénoncer Bahreïn pour ses abus. Elle a exprimé sa préoccupation quant au « traitement des défenseurs des droits humains et des opposants politiques dans le pays » et critiqué en particulier le maintien de la peine de cinq ans de prison de Nabeel Rajab par la Cour d'appel de Manama. La Cour de cassation - le tribunal de dernier ressort de Bahreïn - a confirmé sa condamnation en décembre.

Nabeel Rajab fait partie des dizaines de défenseurs des droits humains injustement emprisonnés pour avoir refusé de se taire sur les violations des droits humains commises par son gouvernement. Sa peine de cinq ans a été prononcée à la suite de tweets dénonçant des actes de torture dans une prison de Bahreïn - que Human Rights Watch a documentés - et critiquant la campagne militaire menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, à laquelle Bahreïn participe en tant que membre de la coalition qu’elle dirige. Le printemps dernier, le Conseil de Paris a décerné le statut de citoyen d'honneur à Rajab pour son combat courageux en faveur des droits humains.

Le roi Hamad al-Khalifa peut, d'un trait de plume, annuler les charges retenues contre Nabeel Rajab et les autres prisonniers politiques et ordonner leur libération immédiate. Plus tôt ce mois-ci, le roi a rendu une ordonnance rétablissant la citoyenneté de 551 personnes injustement déchues de leur nationalité à la suite d’ordonnances judiciaires.

Macron devrait tenir la ligne sur les abus de Bahreïn et demander au roi d'user de nouveau de ses pouvoirs pour corriger ces injustices et libérer Nabeel Rajab.

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