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États-Unis : Recul du respect des droits humains en 2018

Le Congrès qui prendra ses fonctions en janvier devrait faire du rétablissement des droits une priorité

Une fillette faisant partie d’un groupe de demandeurs d'asile d'Amérique centrale, face à des agents de la police des frontières des États-Unis près de McAllen, ville du sud-est du Texas située près de la frontière avec le Mexique. Le groupe a ensuite été emmené dans un centre de rétention, le 12 juin 2018. © 2018 Getty Images

(Washington) – Lors de la deuxième année de la présidence de Donald Trump, l’engagement des États-Unis en faveur des droits humains a reculé, tant sur le sol américain qu’à l’étranger, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2019. Avec une branche législative contrôlée par les Républicains, l’administration Trump et le Congrès ont été en mesure d’adopter des lois, de publier des décrets, de mettre fin à des réglementations et d’appliquer des politiques qui portent atteinte aux droits fondamentaux.

« Pour la deuxième année consécutive, l’administration Trump s’en est prise aux droits humains aux États-Unis et à l’étranger en appliquant toute une série de mesures préjudiciables aux réfugiés, aux immigrants, aux femmes et à bien d’autres », a déclaré Nicole Austin-Hillery, Directrice exécutive du programme États-Unis chez Human Rights Watch. « La réalité des violations des droits par les États-Unis, c’est qu’elles ont souvent un impact qui dépasse de loin les frontières américaines. »

Dans la 29e édition de son Rapport mondial annuel (version intégrale en anglais 674 pages  – version abrégée en français 233 pages), Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de 100 pays au cours de l’année 2018. Kenneth Roth, le directeur exécutif, affirme dans son essai introductif que les populistes qui répandent la haine et l'intolérance dans de nombreux pays sont confrontés à une résistance croissante. De nouvelles alliances de gouvernements respectueux des droits, souvent inspirées et rejointes par des organisations de la société civile et par le public, sont en train d’accroître le prix à payer pour les abus commis par des dirigeants autocratiques. Les succès de leurs démarches illustrent la possibilité de défendre les droits humains - voire la responsabilité de le faire – y compris aux heures les plus sombres.

Fin 2018, Trump a apporté un soutien limité à la réforme de la justice pénale, dans un pays qui connaît l’un des taux d’incarcération les plus élevés au monde. Cependant, tout au long de l’année, son administration a annulé les initiatives visant à atténuer l’impact disproportionné des peines excessives et des services de police qui discriminent les personnes de couleur et les pauvres.

Trump a initié un ensemble de politiques migratoires qui prévoyaient de séparer les parents de leurs enfants après le passage de la frontière avec les États-Unis. Cette politique a déchiré des milliers de familles et des centaines de parents ont été refoulés dans leur pays d’origine sans leurs enfants.

Le sort de près de 800 000 jeunes migrants titulaires d’un permis de travail et bénéficiant d’une protection contre l’expulsion en vertu de l’Action différée pour les arrivées d’enfance (DACA) reste incertain, alors que les contestations judiciaires se poursuivent autour de la décision de l’administration de mettre fin au programme en 2017. La Cour suprême des États-Unis a confirmé le décret de Trump interdisant l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, une décision que Human Rights Watch et d’autres ont jugée discriminatoire.

L’administration Trump a également délibérément cherché à saper la Loi sur les soins abordables (Affordable Care Act), une loi importante qui facilite l’accès à une assurance maladie pour de nombreux Américains. Il a également adopté des politiques qui entravent, aux États-Unis et à l’étranger, l’accès des femmes aux soins de santé en matière de reproduction.

La politique étrangère de l’administration a soutenu des gouvernements abusifs sur les plans militaire, financier et diplomatique, en l’absence de composante significative relative aux droits humains. Trump a personnellement œuvré à la crédibilité de dirigeants autocratiques grâce à ses entrevues avec eux et aux déclarations qu’il a faites à leur sujet. En dépit du soutien de l’administration Trump à certaines politiques internationales visant à sanctionner les individus et les gouvernements coupables de violations majeures des droits humains, l’approche générale de l’administration en la matière est restée restrictive et intermittente. La politique étrangère américaine a pour l’essentiel visé à éloigner les États-Unis des institutions et initiatives multilatérales des droits humains, ainsi que des instances judiciaires internationales.

« L’administration Trump a fait revenir les États-Unis en arrière sur le plan des droits, mais les nombreux nouveaux membres élus au Congrès lors des élections de mi-mandat ont l’opportunité d’inverser le cours des choses lorsqu’ils prendront leurs fonctions en janvier », a déclaré Nicole Austin-Hillery. « Le Congrès devrait se saisir de cette occasion et faire progresser le respect des droits humains sur le sol américain comme à l’étranger. »

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Tweet / Mars 2019

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