(Dakar, le 3 février 2016) – Les plaidoiries dans le procès de l’ancien dictateur du Tchad Hissène Habré, qui se tient à Dakar, auront lieu du 8 au 12 février 2016.

Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 avant de s’exiler au Sénégal, est jugé depuis le 20 juillet 2015 devant les Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre.

Hissène Habré lors de la première phase de son procès à Dakar, en novembre 2015.
 

© 2015 Radiodiffusion Télévision Sénégalaise

Habré est accusé de dizaines de milliers d’assassinats politiques et de torture systématique sous son régime entre 1982 et 1990. Avec le procès de Hissène Habré, pour la première fois, les tribunaux d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des présumées violations des droits humains. Les auditions des témoins ont pris fin en décembre après 52 jours d’audience.

« Le procès Hissène Habré est le résultat de 25 années d’une détermination infatigable de la part des victimes, et il marque un tournant dans la lutte contre l’impunité des puissants pour les crimes les plus graves », a déclaré Reed Brody conseiller juridique à Human Rights Watch qui travaille avec les victimes du régime Habré depuis 1999. « Le procès a été marqué par le courage des survivants, qui ont livré des témoignages bouleversants sur la torture, les viols, l’esclavage sexuel, les massacres et la destruction de villages entiers. »

Habré était présent au tribunal, mais a refusé de participer au procès, et n’a répondu à aucune question qui lui était posée par les juges.  La Cour a nommé trois avocats commis d’office pour représenter ses intérêts.

Plus de 4 500 victimes se sont constituées parties civiles. Les avocats des parties civiles plaideront le 8 et le 9 février, puis ce sera au tour du Parquet général le 10 février. Les avocats de la défense plaideront le 11 et probablement le 12 février également.

Un verdict est attendu pour la fin du mois de mai.

Une équipe de Human Rights Watch sera présente à Dakar avec les principaux représentants des associations des victimes.

Si Habré est condamné, il pourra interjeter appel, comme pourra faire le parquet en cas d’acquittement. S’il y a condamnation, une deuxième session d’audience se tiendra sur les dommages et intérêts pour les parties civiles et autres victimes.