Des secouristes transportent les corps de victimes de frappes aériennes menées par les forces gouvernementales syriennes contre un marché à Douma, à l’est de Damas, le 16 août 2015.

© 2015 Getty Images

(New York, le 20 août 2015) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait imposer un embargo sur la livraison d’armes au gouvernement syrien suite à la série de raids aériens menés le 16 août contre des marchés et des quartiers résidentiels de la ville de Douma, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques ont tué au moins 112 personnes, en grande majorité des civils selon des témoins et secouristes.

L'armée de l'air syrienne a mené quatre frappes aériennes, à quelques minutes d’intervalle, contre plusieurs marchés de rue à Douma, la principale ville de la Ghouta orientale, une zone assiégée sous le contrôle de groupes d'opposition armés. Selon quatre témoins interrogés par Human Rights Watch, il n'y avait aucun objectif militaire à proximité, la base rebelle ou la ligne de front la plus proche étant située à une distance d’au moins deux kilomètres de là. Les autorités syriennes n’ont émis aucune déclaration directe sur ces frappes, mais ont critiqué l'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, qui avait jugé ces frappes « dévastatrices » et « inacceptables ».

« Le bombardement en plein jour de marchés de rue fréquentés par une foule de gens et de vendeurs démontre le mépris flagrant du gouvernement syrien à l’égard de la population civile », a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Ce dernier carnage vient rappeler une fois de plus, si besoin était, l’urgente nécessité urgente pour le Conseil de sécurité de l’ONU d’appliquer enfin ses propres résolutions et de faire cesser ces attaques indiscriminées. »

Selon les témoins et secouristes interrogés par Human Rights Watch, les quatre frappes aériennes menées vers midi le 16 août à Douma ont touché trois marchés bondés – les marchés d'al-Hal, d’al-Houboub, et d’al-Ghanam – séparés par une distance de moins de 500 mètres. Deux secouristes ont indiqué avoir vu environ 70 corps de victimes et de très nombreux blessés peu après leur arrivée sur les lieux, dans des conditions chaotiques, Environ cinq minutes après ces frappes, les forces gouvernementales ont tiré des mortiers et des roquettes contre le quartier, tuant six autres personnes, selon des témoins.

Quelques heures plus tard, des frappes aériennes ont été menées contre le quartier de Masaken, une zone résidentielle de Douma également connue sous le nom d’Abed al-Raouf. Selon un résident interrogé par Human Rights Watch, ces frappes ont tué au moins 30 personnes et les forces gouvernementales ont par la suite ouvert le feu sur des personnes qui tentaient d'enterrer leurs proches dans le cimetière du quartier.

Selon le Conseil local de Douma, les attaques du 16 août ont tué 112 personnes et blessé 550 civils, dont de nombreux enfants (40 pour cent). Selon le Centre de documentation des violations en Syrie, un organisme local, les attaques aériennes et autres bombardements menés par les forces gouvernementales ont tué au moins 462 civils et 16 combattants en Ghouta orientale durant les six premiers mois de cette année.

La Résolution 2139 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 22 février 2014, exige que « toutes les parties mettent immédiatement fin à toutes attaques contre les civils, ainsi qu’à l’emploi sans discrimination d’armes dans des zones peuplées, tels que les tirs d’obus et les bombardements aériens ».

 

Communiqué intégral en anglais :

https://www.hrw.org/news/2015/08/20/syria-impose-arms-embargo-following-deadly-airstrikes

 

Articles :

HuffingtonPost 18.08.15

Libération/AFP 20.08.15  

Tribune de Peter Bouckaert 20.08.15 (en anglais)