Des habitants d’Alep, dans le nord de la Syrie, examinent les décombres d’un immeuble touché selon des militants par des bombes-barils larguées par des forces loyales au président Bachar al-Assad, le 26 mars 2014.

© 2014 Reuters

(New York, le 29 avril 2014) - Le gouvernement syrien continue de recourir à des « bombes-barils » non guidées et hautement explosives pour mener des attaques aveugles contre des populations et des infrastructures civiles à Alep, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques se poursuivent en dépit d'une résolution adoptée à l’unanimité le 22 février 2014 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, exigeant que toutes les parties en Syrie mettent fin à l’usage sans discernement de bombes-barils et d'autres armes dans les zones peuplées. Une réunion à l'ONU est prévue le 30 avril, pour discuter d’un nouveau rapport concernant le respect ou non de la résolution du 22 février.

Depuis l'adoption de cette résolution, Human Rights Watch a rassemblé des informations sur au moins 85 sites qui ont été frappés dans des quartiers d'Alep contrôlés par des groupes armés d’opposition, y compris deux attaques par des forces  gouvernementales ayant largué des bombes-baril sur des hôpitaux clairement identifiables. Deux médecins et des responsables de ces hôpitaux ont déclaré à Human Rights Watch qu'il n'y avait aucun objectif militaire à proximité, d’où leur conviction que le gouvernement les a intentionnellement pris pour cible.

« Le président Assad parle d’une campagne électorale, mais les habitants d’Alep ne sont confrontés qu’à une campagne militaire menée sans discernement avec des bombes-barils et d’autres armes », a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Il est temps pour la Russie et la Chine d'arrêter de bloquer toute action que devrait entreprendre le Conseil de sécurité de l’ONU, notamment l’imposition d’un embargo sur les armes livrées au gouvernement syrien ainsi qu’aux groupes d’opposition qui commettent aussi des exactions. »

Les « bombes-barils » sont des bombes non guidées hautement explosives, fabriquées localement, à peu de frais et constituées généralement de gros barils d’huile, de cylindres à gaz ou de réservoirs d’eau qui ont été vidés de leurs contenus et remplis de puissants explosifs ainsi que de ferraille afin de renforcer l’effet de fragmentation, avant d’être larguées par des hélicoptères.

Une organisation locale, le Centre de documentation des violations (Violations Documentation Center), a indiqué que des frappes aériennes ont tué 651 civils dans le gouvernorat d’Alep entre le 22 février et 22 avril . Le Réseau syrien pour les droits de l'homme (Syrian Network for Human Rights) a de son côté signalé qu’entre le 22 février et 16 avril, des frappes aériennes lors desquelles des bombes-barils ont été larguées ont tué au moins 920 civils en Syrie , dont plus de la moitié dns le gouvernorat d’Alep.

Dans sa résolution du 22 février exigeant que toutes les parties « mettent immédiatement fin à toutes attaques contre les civils »,, le Conseil de sécurité de l’ONU a explicitement exprimé son intention de « prendre des mesures supplémentaires en cas de non-respect de cette résolution ».

Pour lire l’intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez cliquer ici.

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Deux paires d'images satellite montrant les sites frappés à Alep, avant et après les attaques