Manal Alsaafin, une Palestinienne vivant en Cisjordanie, exhibe une photo de son mari, que les autorités ont empêché de retourner chez lui depuis 2009, selon le motif qu’il est officiellement « enregistré » comme un résident de la bande de Gaza, et non de la Cisjordanie.

© 2012 Bill Van Esveld/Human Rights Watch

(Jérusalem, le 5 février 2012) - La politique israélienne relative aux conditions de résidence de la population palestinienne prive arbitrairement des milliers de Palestiniens vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza du droit de circuler librement à l’intérieur et à l’extérieur de ces territoires, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Israël devrait cesser de refuser le droit de résidence à des Palestiniens vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ainsi que le droit de visite aux membres de leurs famille vivant à l’extérieur de ces territoires ; le gouvernement devrait aussi mettre fin à toute  interdiction globale s’appliquant à des demandes du permis de résidence.

Le rapport de 90 pages, intitulé « Forget about Him, He’s Not Here : Israel’s Control of Palestinian Residency in the West Bank and Gaza » (« Oubliez-le, il n'est pas ici : Le contrôle par Israël du droit de résidence des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza »), décrit l'exclusion arbitraire par l'armée israélienne de centaines de milliers de Palestiniens depuis 1967, ainsi que les conséquences subies encore aujourd’hui par de nombreuses personnes et familles. Le contrôle exercé par l’armée israélienne sur le registre de la population palestinienne – c’est-à-dire, la liste des Palestiniens considérés comme des résidents légaux de la Cisjordanie et de la bande de Gaza – signifie que certaines personnes ne sont pas autorisées à quitter ces territoires, tandis que d’autres n’ont pas le droit d’y accéder ; ces conditions ont mené à la séparation forcée d’un grand nombre de familles et occasionné pour la population palestinienne des pertes d’emplois ainsi qu’une entrave à l’accès à l’éducation, ainsi que l’a constaté Human Rights Watch. En outre, la politique mise en place par l'Égypte concernant l’accès des Palestiniens à la bande de Gaza pose le même type de problème dans la mesure où elle est basée sur le registre de la population contrôlé par l’armée israélienne.

« Israël n'a toujours pas avancé d’arguments sécuritaires concrets justifiant les vastes politiques qui transforment en cauchemar la vie des Palestiniens qualifiés de résidents illégaux dans leurs propres domiciles », a commenté Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Selon une enquête menée en 2005 par l’association israélienne de défense des droits humains B'Tselem, plus de 640 000 Palestiniens figurant sur le registre de la population en Cisjordanie et à Gaza – soit environ 17 % du total – ont indiqué avoir un membre de leur famille qui n'était pas officiellement enregistré.

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