Le journaliste philippin Ernan Baldomero attend toujours que justice soit faite suite à l'assassinat de son père, l'ancien conseiller municipal Fernando "Nanding" Baldomero. Le 5 juillet 2010, un homme armé a abattu Baldomero devant sa maison à Kalibo, dans la province d'Aklan, alors qu'il s'apprêtait à conduire son autre fils, âgé de 12 ans, à l'école.

© 2011 Veejay Villafranca pour Human Rights Watch

(Manille, le 19 juillet 2011) - L'attitude du  gouvernement philippin qui s'abstient d'enquêter de manière crédible sur les exécutions extrajudiciaires ou de poursuivre en justice les individus responsables ne fait qu'encourager d'autres exactions commises par les autorités militaires, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch publié aujourd'hui. Le gouvernement devrait s'assurer que ses représentants mènent des enquêtes rigoureuses sur les graves violations des droits humains ou subissent des sanctions disciplinaires, a ajouté Human Rights Watch.

Le rapport de 98 pages, intitulé No Justice Just Adds to the Pain : Killings, Disappearances, and Impunity in the Philippines (« L'absence de justice ne fait qu'aggraver la douleur »: Assassinats, disparitions, et impunité aux Philippines ») apporte des éléments de preuve substantiels sur l'implication de l'armée dans sept meurtres et trois disparitions forcées de militants de gauche depuis que l'entrée en fonction du président Benigno Aquino III le 30 juin 2010.

« Des activistes sont abattus dans la rue, tandis que les soldats impliqués dans ces meurtres continuent de se promener librement », a déclaré Elaine Pearson, directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « Le gouvernement philippin ne pourra mettre un terme à ces crimes abjects que s'il indique clairement que quiconque les ordonne ou les commet sera emprisonné et que sa carrière militaire sera terminée une fois pour toutes. »

Le rapport de Human Rights Watch est basé sur plus de 80 entretiens menés dans 11 provinces avec des victimes d'exactions, des membres des familles de victimes, des témoins, des fonctionnaires de la police ainsi que des responsables militaires. Un ancien soldat a témoigné que des commandants militaires lui avaient ordonné de tuer des militants de gauche et d'intimider des témoins.

Le gouvernement philippin fait face à de multiples insurrections menées par la Nouvelle Armée du Peuple (New People's Army, NPA, le bras armé du parti communiste interdit) et d'autres groupes armés qui ont été responsables de nombreuses exactions graves. Face à ces mouvements rebelles, le gouvernement doit toutefois respecter ses propres obligations juridiques en vertu des conventions internationales relatives aux droits humains ainsi que du droit international humanitaire, a précisé Human Rights Watch.

Pour lire l'intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez cliquer ici.