(New York, le 9 mars 2011) - Le gouvernement angolais a mené une campagne d'intimidation afin d'empêcher la tenue d'une manifestation anti-gouvernementale dont l'organisation avait été inspirée par les événements en Égypte et en Tunisie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

À maintes reprises au cours des dernières semaines, le gouvernement a averti que toute personne qui participerait à la manifestation, prévue le 7 mars, serait punie pour incitation à la violence et pour tentative de faire replonger le pays dans la guerre civile. Dans la nuit du 6 mars, la police a arrêté plusieurs personnes qui avaient annoncé leur participation ainsi que des journalistes qui comptaient couvrir l'événement. La manifestation a fini par être annulée. Les personnes détenues ont été libérées le lendemain, sans inculpation.

Human Rights Watch a exprimé sa préoccupation quant aux menaces de mort proférées contre des opposants politiques et des avocats défenseurs des droits humains, aux arrestations arbitraires de journalistes et de militants, et à l'utilisation abusive des médias d'État à des fins politiques partisanes. Le gouvernement et les responsables du parti au pouvoir se sont servis du prétexte infondé d'un risque de violence pouvant même mener à une nouvelle guerre civile, pour dissuader les gens de prendre part à la manifestation, a ajouté Human Rights Watch.

Le samedi 5 mars, le parti au pouvoir a organisé dans la capitale, Luanda, et dans plusieurs villes de province des « marches pour la paix » censées exprimer le soutien apporté par les citoyens angolais au président José Eduardo Dos Santos et à son gouvernement. Toutefois Human Rights Watch a recueilli plusieurs témoignages crédibles indiquant que des représentants du gouvernement ont obligé des enseignants et des fonctionnaires à participer à cette marche à Luanda et dans d'autres villes. Les enseignants ont été menacés de perte d'emploi ou de baisses de salaire, et obligés de faire pression sur leurs élèves afin qu'ils participent aussi à ces marches, faute de quoi ils risquaient d'avoir des «problèmes».

« Le parti au pouvoir en Angola devrait permettre aux citoyens d'exprimer librement et pacifiquement leurs points de vue », a commenté Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Le non-respect des libertés politiques fondamentales du peuple angolais n'augure rien de bon pour les prochaines élections générales prévues en 2012. »

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