(Johannesburg) - Un réseau d'organisations internationales et d'organisations de la société civile africaine a appelé aujourd'hui les Etats de l'Union africaine (UA) à saisir l'occasion de la prochaine session de l'UA sur la Cour pénale internationale (CPI) pour promouvoir la capacité de la Cour à juger les crimes les plus graves de façon équitable et efficace.

La session de l'UA sur la CPI doit se tenir à Addis Abeba du 3 au 6 novembre. Lors de son sommet en juillet dernier, l'UA a décidé que sa Commission devrait convoquer une réunion sur la CPI, invitant ses membres qui sont des Etats parties à la Cour ainsi que ceux qui ne le sont pas L'objectif affiché de cette réunion est la préparation de la Conférence de révision sur la CPI, qui doit se tenir en mai 2010 à Kampala.

« L'on peut s'attendre à ce que les gouvernements qui s'opposent à la CPI tentent d'utiliser la réunion de l'UA pour réduire la capacité de la Cour à garantir la justice pour les victimes africaines et les autres », a déclaré Aloysius Toe de la Foundation for Human Rights and Democracy (Fondation pour les droits humains et la démocratie) au Libéria.

Lors du sommet qui s'est tenu au mois de juillet dernier, l'UA a décidé que ses Etats membres ne devaient pas coopérer avec la CPI dans l'arrestation du président soudanais Omar el-Béchir, contrairement aux obligations des Etats africains qui sont des Etats parties à la Cour. Au mois de mars, la CPI a émis un mandat d'arrêt à l'encontre d'el-Béchir, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis au Darfour.

« Les Etats africains qui sont des Etats parties à la CPI doivent demeurer fidèles aux principes fondamentaux d'équité, d'indépendance et d'impartialité de la Cour», a insisté Mohammed Ndifuna du Human Rights Network (Réseau des droits humains) en Ouganda.

Lors de la réunion du mois de novembre, des groupes de toute l'Afrique - notamment de l'Afrique du Sud, du Botswana, du Kenya, du Libéria, du Nigeria, de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo et de la Sierra Leone - ont exhorté leurs gouvernements à soutenir une CPI équitable et efficace.

« La CPI n'est pas sans défauts, mais elle demeure l'un des plus importants moyens de contrôler l'impunité effrénée sur le continent africain », a indiqué Georges Kapiamba de l'Association africaine de défense des droits de l'homme en République démocratique du Congo.

Les efforts de la société civile font suite à une déclaration signée par plus de 160 groupes issus de plus de trente pays africains appelant les nations qui sont parties à la CPI à réaffirmer leur engagement envers la Cour et leur obligation de coopérer avec elle, suite à la décision de l'UA selon laquelle les Etats ne devraient pas coopérer à l'arrestation d'el-Béchir.

« Les Etats africains devraient soutenir la CPI comme un tribunal de dernier recours indispensable », a affirmé Oby Nwankwo du Civil Resource Development and Documentation Centre (Centre de développement et de documentation des ressources civiles) du Nigeria.