Le groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés devrait insister pour que le Tchad prenne des mesures tangibles et concrètes visant à démobiliser les enfants de ses forces armées et à mettre un terme aux recrutements continus, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre datée d’aujourd’hui.

Le 5 septembre 2008, le groupe de travail discutera des violations des droits de l’enfant au Tchad. Il y a un an, en septembre 2007, il avait demandé au Tchad de prendre des mesures visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants soldats mais les efforts du gouvernement en ce sens se sont révélés pour la plupart inefficaces.

«L’amélioration de la protection des enfants au Tchad est tributaire des actions concrètes menées sur le terrain, à commencer par la mise en œuvre, par le gouvernement, des recommandations émises par le Conseil de sécurité », a déclaré Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. « Le Conseil de sécurité devrait exiger que le gouvernement tchadien mette un terme au recrutement d’enfants et libère les enfants qui se trouvent dans les rangs des forces armées.»

Loin de démobiliser les enfants, le gouvernement continue de les recruter. En juin 2008, une mission d’enquête de Human Rights Watch a constaté que le recrutement d’enfants au sein de l’Armée Nationale Tchadienne (ANT) était une pratique courante dans les camps de personnes déplacées situés dans l’est du Tchad, relevant des cas de recrutement forcé dans le camp de Gouroukoun à la suite d’une invasion menée par les rebelles tchadiens en février 2008. Dans les camps de réfugiés soudanais situés dans l’est du Tchad, les enfants font également l’objet d’un recrutement, essentiellement dans les rangs du Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), un groupe rebelle soudanais qui bénéficie du soutien du gouvernement tchadien.

«Nous nous attendons à assister à une reprise des combats plus tard dans l’année et les enfants se retrouveront à coup sûr en première ligne », a déploré Georgette Gagnon. « Ce qui est beaucoup moins clair, c’est combien d’enfants soldats mourront au combat avant que la paix soit conclue au Tchad et combien ont déjà perdu la vie.»

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