Après les prises de position du Secrétaire Général des Nation Unies, Kofi Annan et de Louise Arbour, la Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, c’est maintenant au tour d’Alpha Oumar Konaré, Président de l’Union Africaine d’appeler à l’extradition de Hissène Habré.

La RADDHO se réjouit qu’un mois après l’annonce du mandat international lancé par la Belgique à l’encontre de Hissène Habré, ancien Président du Tchad et suite à la demande d’extradition adressée au Sénégal par le Gouvernement Belge, le soutien international et africain ne cesse de se confirmer. A ce jour, le Sénégal n’a toujours pas procédé à l’arrestation de Hissène Habré contrairement aux exigences de la loi sénégalaise.

Cette semaine, le Président de la Commission de l’Union Africaine, Alpha Oumar Konaré a joint sa voix à celle du Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan et celle de la Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Louise Arbour pour appuyer l’extradition de Habré vers la Belgique.

Alpha Oumar Konaré a en effet estimé que : « Concernant Hissène Habré, le gouvernement sénégalais avait dit que si un pays veut le juger, il s`engage à le livrer. D’après toutes les informations que nous avons, le dossier est au niveau de la justice sénégalaise pour qu`une telle procédure soit engagée et nous ne pouvons que l’approuver » lors d`une rencontre avec les journalistes au cours de sa visite officielle en France cette semaine.

Le 5 octobre dernier, le Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan avait déjà assuré : « Je pense que l’inculpation de Hissène Habré devrait être respectée et que les pays du monde entier devrait coopérer ».

La Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Louise Arbour avait, quant à elle déclaré « espérer que le processus suive son cours pour que la justice soit rendue. Il faudrait que le Président Hissène Habré puisse répondre devant une juridiction appropriée».

Ces déclarations viennent renforcer les positions de la société civile et celles prises par des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International et la FIDH.

La RADDHO exprime sa profonde préoccupation car un mois après l’annonce officielle du mandat d'arrêt international lancé par la Belgique, Hissène Habré n’a pas encore été arrêté et en violation des dispositions des articles 10, 11, 12, 13 et 14 de la loi sur l’extradition et l’exécution des peines.

« La Communauté internationale et Africaine recommandent que le Sénégal procède à l’extradition de Habré du Sénégal vers la Belgique, ce qui va constituer à coup sur un événement considérable et une avancée décisive dans la lutte pour que les responsables d’atrocités commises en Afrique ou ailleurs dans le monde répondent de leurs actes devant la justice » a déclaré Alioune Tine, secrétaire général de la RADDHO. «Les autorités sénégalaises doivent procéder sans délai à l'arrestation de Hissène Habré en vue de son extradition en Belgique pour qu’il y ait un procès juste et équitable ».

La RADDHO a également constaté avec une grande satisfaction que l’opinion publique sénégalaise, sensibilisée par les témoignages des victimes tchadiennes et sénégalaises de Hissène Habré, semble maintenant tout à fait favorable à l’extradition de l’ancien dictateur.

Le 29 septembre 2005, la Ministre Belge de la Justice Laurette Onkelinx avait annoncé que le 19 septembre dernier, Monsieur Daniel Fransen, juge d'instruction près le tribunal de première instance de Bruxelles, avait délivré un mandat d'arrêt international à l'encontre de Hissène Habré et que la Belgique avait demandé officiellement au Sénégal l’extradition de l'ancien dictateur.

Fait à Dakar, le 29 octobre 2005
Le Secrétariat Général