Human Rights Watch a déclaré aujourd'hui que le gouvernement américain devrait demander au Président Olusegun Obasanjo de s'assurer de la mise en œuvre d'enquêtes approfondies et sérieuses et de poursuites en justice pour violations des droits humains par les forces armées nigérianes.

Le Président Obasanjo est en visite d'état à Washington, DC et rencontrera le Président George W. Bush et les responsables du gouvernement américain qui devraient rappeler la nécessité pour l'armée nigériane d'adhérer aux normes internationales en matière de droits humains.

L'armée américaine est impatiente de voir le Nigeria, le plus vaste pays d'Afrique de l'Ouest, assumer des responsabilités en matière de maintien de la paix, dans les pays de la région déchirés par la guerre, comme la Sierra Leone. Mais Human Rights Watch a recueilli des informations sur des crimes de guerre commis par les forces de maintien de la paix nigérianes, en Sierra Leone, en janvier 1999 ainsi que sur des atrocités au Nigeria même.

"L'armée nigériane est responsable de graves abus," a déclaré Peter Takirambudde, directeur exécutif de la Division Afrique de Human Rights Watch. "Si les Etats Unis veulent faire des Nigérians leurs partenaires dans les activités de maintien de la paix, ces derniers doivent faire preuve d'un engagement réel en faveur des droits humains."

L'armée nigériane a un passif de graves atteintes aux droits humains, notamment sous l'actuel gouvernement civil. En novembre 1999, l'armée a détruit la petite ville d'Odi, dans l'état de Bayelsa, au cœur de la région pétrolière du Delta du Niger, suite au meurtre de douze policiers par une bande de jeunes établie dans la ville. L'armée a tué des centaines de personnes - plus de 2 000 semble un chiffre possible - dont la grande majorité n'était pas armée.

L'absence de poursuites pour ce massacre se reflète dans les atteintes actuelles aux droits humains commises par les forces de sécurité, notamment les exécutions sommaires et les arrestations arbitraires de membres de groupes favorables à une plus grande autonomie des régions sud-ouest et sud-est du pays.

Le Président Obasanjo a récemment renvoyé les trois chefs des forces armées du Nigeria, apparemment pour des raisons liées à leur opposition à la formation, par les Etats Unis, des troupes nigérianes. Cette formation incluait une composante sur les droits humains.