(New York) -- Human Rights Watch a demandé au Président du Burkina Faso de mettre en place une commission indépendante pour enquêter sur les accusations sérieuses selon lesquelles son pays aurait facilité un trafic d'armes illégal à destination des groupes rebelles sierra léonais et angolais.  

Un rapport des Nations Unies sur les violations des embargos en Angola, publié le 15 mars dernier, mentionne le Burkina Faso parmi les pays qui ont enfreint les sanctions imposées par le Conseil de Sécurité de l'ONU aux rebelles angolais de l'UNITA.  

"Divers témoignages suggèrent que le Burkina Faso n'a pas respecté les embargos internationaux visant les violateurs des droits humains en Angola et au Sierra Leone" explique Joost Hiltermann, Directeur exécutif de la Division de l'Armement à Human Rights Watch. "Le Président Blaise Campaoré doit faire face à ces sérieuses allégations".  

Les rebelles du RUF se sont rendus coupables d'innombrables atrocités et continuent, depuis l'accord de paix signé en juillet 1999, à commettre d'importantes violations des droits humains. Les rebelles de l'UNITA en Angola sont également responsables de graves abus et violent systématiquement le droit humanitaire international.  

"Le Burkina Faso ne doit pas permettre aux violateurs des droits humains de se procurer des armes supplémentaires avec lesquelles ils terroriseront les populations civiles." prévient Joost Hiltermann.