Visite de Human Rights Watch en Arabie Saoudite - Mise au point
(New York, le 17 juillet 2009) - Un certain nombre de récents comptes-rendus de presse ont laissé entendre que Human Rights Watch avait compromis sa neutralité en rencontrant des donateurs potentiels lors de réceptions en Arabie Saoudite et autres endroits au Moyen Orient. Ces comptes-rendus sont basés sur des suppositions fallacieuses et des faits erronés.
Human Rights Watch n'accepte de donations d'aucun gouvernement. La totalité de notre budget annuel, qui s'élève à 44 millions de dollars américains, provient de personnes et de fondations privées. De ce total, près de 75 pour cent vient d'Amérique du Nord et environ 25 pour cent d'Europe de l'ouest, et moins d'1 pour cent de toutes les autres régions du monde confondues. En tant qu'organisation ayant un mandat mondial, nous nous efforçons naturellement de diversifier notre base financière et nous avons commencé à explorer activement les financements dans des régions aussi diverses que l'Afrique, l'Asie et le Moyen Orient.
En conséquence, des membres de Human Rights Watch ont fait des présentations sur notre travail lors de deux réunions privées en Arabie Saoudite en mai 2009 (ainsi qu'à Amman et Beyrouth). Il s'agissait de réceptions organisées dans des domiciles privés, par des personnes s'intéressant à Human Rights Watch et qui avaient invité d'autres personnes pour en apprendre davantage sur nous. Parmi les invités, lors d'une de ces réceptions, figuraient le vice-président de la Commission des droits de l'homme d'Arabie Saoudite et un membre du Conseil de la Shura, un organisme consultatif attitré du gouvernement. Aucune de ces personnes n'a été sollicitée pour des fonds, pas plus que Human Rights Watch n'accepterait de fonds de telles personnalités officielles, dans aucun pays. Les représentants du gouvernement sont, bien sûr, des interlocuteurs importants pour notre plaidoyer en faveur d'une politique saoudienne sur les droits humains.
Nous cherchons à appliquer notre méthodologie rigoureuse avec impartialité aux graves violations des droits humains, quel que soit le lieu où elles se produisent. Un des piliers de notre crédibilité lorsque nous nous adressons à des gouvernements est que nous ne les choisissons pas pour les critiquer, mais que nous observons plutôt des problèmes similaires dans plus de 80 pays.
Lors des réceptions qui ont eu lieu en Arabie Saoudite, nous avons abordé et débattu de questions portant sur notre travail dans ce pays, documentant les droits des femmes, la peine de mort pour les mineurs, les employés domestiques, et la discrimination contre les minorités religieuses. Aucun autre groupe de défense des droits humains n'a produit un ensemble de travaux plus complet, détaillé et approfondi sur les questions des droits humains en Arabie Saoudite que Human Rights Watch au cours des dernières années.
Les personnes présentes ont aussi écouté une présentation sur la situation à Gaza, qui a fait les gros titres dans le monde entier au début de cette année et qui est naturellement un sujet de préoccupation pour toutes les personnes de la région qui portent un intérêt aux droits humains. Nous estimons que Human Rights Watch s'est distingué par son travail précis, modéré et impartial sur le conflit de Gaza début 2009, notamment le traitement des informations sur l'utilisation par Israël de phosphore blanc, ainsi que les violences politiques palestiniennes durant le conflit. Nous avons aussi abordé la question des critiques faites à Human Rights Watch, en particulier par des commentateurs et des groupes basés aux Etats-Unis, selon lesquelles nous serions partiaux à l'encontre d'Israël. Nous avons essayé de comparer ces critiques aux accusations portées contre nous dans la plus grande partie du Moyen Orient (et par certains critiques occidentaux), selon lesquelles notre base de donateurs américains nous rendrait « tendres » vis-à-vis des violations israéliennes des droits humains.
Nous rejetons l'idée selon laquelle une nationalité, un groupe ethnique, ou une religion en particulier peut être pris comme intermédiaire pour ses croyances politiques ou idéologiques, ou que les origines des personnes qui nous soutiennent peuvent influencer nos travaux.
De la même façon, on ne devrait jamais supposer que le soutien d'un citoyen saoudien pour les droits humains reflète ou dépend de la politique du gouvernement saoudien. Human Rights Watch souhaite et se réjouit de trouver des personnes qui soutiennent l'idéal des droits humains - financièrement ou de toute autre façon - dans tous les pays du monde. Réunir ces communautés en un réseau actif international est une partie importante de notre mission et ne compromet pas notre neutralité politique. Cela ne peut menacer que les auteurs de violations des droits humains que nous cherchons à dénoncer.