En période de conflit, comme lors des hostilités croissantes au Moyen-Orient, les gouvernements qui se disent respectueux du droit international devraient être prêts à le défendre et, en particulier, à protéger les normes humanitaires et les droits humains. Toutefois, au lieu de relever ce défi, les dirigeants européens ont choisi de minimiser le rôle du droit international.
Par exemple, réagissant aux frappes aériennes menées par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que « catégoriser ces événements dans le cadre du droit international aurait relativement peu d'effet », avec « peu de conséquences [concrètes] ». De même, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Tom Berendsen a suggéré que « le droit international n'est pas le seul cadre » valable pour discuter de ces frappes. La rapidité inopportune avec laquelle ces deux dirigeants ont écarté ou minimisé la pertinence du droit international devrait profondément troubler tous ceux qui comprennent que les droits humains sont mieux protégés lorsque l'état de droit – y compris le droit international – est solide et respecté, que ce soit en période de paix ou de conflit.
Pareillement, l’approche partiale de l'Union européenne dans sa déclaration sur les hostilités publiée le 1er mars, au lendemain du début des frappes aériennes, est troublante. Tout en appelant de manière générale à la « protection des civils », ainsi qu’au « plein respect du droit international, y compris […] du droit international humanitaire », l'UE n’a explicitement appelé que l'Iran à « s'abstenir de mener des frappes militaires aveugles », condamnant « les attaques [par l’Iran] et [ses] violations de la souveraineté d'un certain nombre de pays de la région ». L'absence d'appels directs aux États-Unis et à Israël afin que ces deux pays respectent aussi les lois internationales relatives à la conduite de la guerre est d'autant plus frappante que certains hauts responsables américains semblent se moquer ouvertement de ces lois.
Certains États membres de l'UE ont dénoncé de manière pertinente le bilan atroce de l'Iran en matière de droits humains, et ont alerté sur l'impact potentiel des frappes de représailles de Téhéran sur les civils ; mais cela ne justifie pas qu'ils ferment les yeux sur les actions de leurs alliés, et s’abstiennent d’exprimer ce qu’ils attendent d’eux.
En de telles périodes d'incertitude, les gouvernements qui s'engagent en faveur des droits humains et du droit international humanitaire devraient joindre le geste à la parole. Malheureusement, la réponse initiale de l'Europe a été caractérisée par une approche du genre « deux poids, deux mesures », et par une certaine hypocrisie. Les dirigeants européens devraient d’urgence se montrer à la hauteur de la situation ; ils devraient indiquer clairement aux États-Unis et à Israël qu'ils attendent que ces deux pays respectent les droits humains et le droit international humanitaire, et soient tenus responsables de la même manière que les autres parties au conflit.
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