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Le monde a besoin d'une ONU plus forte, pas d'un « Conseil de la paix » dirigé par Trump

La charte de ce Conseil ignore les questions de droits humains

Le président américain Donald Trump s’exprimait lors de la 80ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2025. © 2025 Laura Brett/Sipa USA via AP Photo

Le week-end dernier, les Nations Unies ont célébré le 80ème anniversaire de la première réunion de l'Assemblée générale de l’ONU. Cette commémoration a eu lieu alors que cette organisation internationale, créée pour empêcher des crimes contre l'humanité et des actes de génocide comme ceux commis lors de la Seconde Guerre mondiale, est confrontée à des attaques sans précédent.

Les États-Unis ont joué un rôle de premier plan dans la création de l'ONU. Mais aujourd'hui, le président américain Donald Trump agit pour affaiblir cette organisation, y compris en réduisant son financement.

Tout au long de l'année 2025, le gouvernement américain a assailli les programmes de l’ONU et sapé le travail de ses agences ; selon l'administration Trump, il s’agit d’une institution « anti-américaine », dont les programmes sont « hostiles » envers les États-Unis. Lors de négociations portant sur des résolutions ou déclarations de l'ONU, les responsables américains ont tenté de supprimer des mots tels que « genre », « climat » et « diversité ». Des diplomates ont indiqué à Human Rights Watch que les responsables américains s'opposent agressivement à la terminologie des droits humains, qu'ils considèrent comme « woke » (soit « politiquement correcte »).

Dans une tentative apparente de faire de l’ombre au Conseil de sécurité de l'ONU, Trump a proposé la création d'un « Conseil de la paix » (« Board of Peace ») qu'il présiderait personnellement. Trump a invité les dirigeants de divers pays à siéger à ce Conseil ; parmi eux figurent plusieurs dirigeants de gouvernements responsables d’abus, dont ceux du Bélarus, de la Chine, de la Hongrie, d'Israël, de la Russie et du Vietnam.

Ce Conseil de la paix a initialement été conçu pour superviser l'administration de Gaza, après plus de deux ans d'attaques destructrices menées par les forces israéliennes, avec la complicité des États-Unis. Toutefois, la charte du Conseil ne mentionne même pas Gaza, ce qui suggère que les ambitions de Trump pour cet organisme se sont considérablement accrues depuis sa conception initiale.

La charte proposée pour le Conseil ne mentionne pas non plus les droits humains. L’article 9 confère au président du Conseil, Donald Trump, le pouvoir d’« adopter des résolutions ou d'autres directives […] afin de mettre en œuvre la mission du Conseil de la paix ».

Un siège au Conseil de la paix n'est pas bon marché : les frais d'adhésion s'élèvent à 1 milliard de dollars. Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, ont déjà refusé l'offre d'y adhérer. Trump a répondu en menaçant d'augmenter considérablement les droits de douane sur le vin et le champagne français.

Le système des Nations Unies n’est certes pas exempt de problèmes, mais demeure toutefois préférable à une espèce de Politburo mondial. Plutôt que de payer des milliards pour rejoindre le Conseil de Trump, les gouvernements devraient se concentrer sur le renforcement de la capacité de l'ONU à défendre les droits humains.

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