Ilham Tohti, lauréat du prix Sakharov 2019.

© 2014 AP Photo/Andy Wong

(Bruxelles, le 28 octobre 2019) – L’attribution par le Parlement européen du Prix Sakharov 2019 à l’économiste ouïghour Ilham Tohti est l’occasion de presser la Chine de libérer cet homme qui est injustement détenu, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui dans un courrier adressé au président et à la vice-présidente de l’institution européenne. La Chine détient de manière arbitraire environ un million d'Ouïghours et d'autres musulmans turciques dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays.

Le Parlement européen, d’autres institutions de l'Union européenne, les gouvernements de l’UE et les parlements nationaux devraient agir ensemble pour demander aux autorités chinoises d’autoriser une mission d’enquête des Nations Unies au Xinjiang afin d’établir un rapport sur les allégations de graves violations des droits humains, selon Human Rights Watch.

« Tout en étant une source de réconfort et d’espoir pour la famille du professeur Tohti, ce Prix Sakharov sert aussi de puissant rappel des graves abus commis par la Chine au Xinjiang », a déclaré Lotte Leicht, directrice pour l’UE auprès de Human Rights Watch. « Les pays membres de l'UE devraient condamner la répression impitoyable de toute forme de dissidence en Chine, et à demander la libération des personnes détenues à tort. »

Le 24 octobre, le Parlement européen a décerné son Prix Sakharov 2019 pour la liberté de l’esprit à Ilham Tohti, en guise de  reconnaissance de son travail inlassable « pour les droits de la minorité ouïghoure » en Chine. En septembre 2014, suite à des accusations infondées de « séparatisme » et une parodie de procès, il a été condamné à une peine de prison à vie.

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