Rassemblement de blogueurs et de défenseurs des droits humains à Hô-Chi-Minh-Ville, en juillet 2015, lors d'une grève de la faim d'une journée dans le cadre de leur appel à la libération de prisonniers politiques vietnamiens.

© 2015 Dan Lam Bao

(New York, le 3 novembre 2017) – Le gouvernement vietnamien devrait immédiatement remettre en liberté toutes les personnes détenues ou emprisonnées pour avoir exercé pacifiquement leurs droits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Un nouveau site Web documente les cas de 15 de ces individus, sur plus d’une centaine incarcérés pour des motifs politiques ou religieux.

Les dirigeants internationaux et partenaires commerciaux qui participent au sommet de l’Association de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), prévu le 10 novembre 2017 à Da Nang, devraient saisir cette opportunité pour demander aux autorités vietnamiennes de mettre fin à la persécution systématique des critiques pacifiques du gouvernement et à garantir le respect des droits fondamentaux à la liberté d’expression, d’association, d’assemblée et de religion de leurs citoyens.

« Les séances photos et les accords commerciaux conclus avec les dirigeants du Vietnam, un État à parti unique, ne devraient pas détourner les dignitaires étrangers de passage dans le pays pour le sommet de l’APEC du sort de plus de 100 prisonniers politiques placés derrière les barreaux par ces mêmes dirigeants », a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie de Human Rights Watch. « Au moment où le Vietnam fait preuve d’hospitalité vis-à-vis des délégations internationales, ses autorités intensifient leur répression contre tout individu ayant le courage de défendre les droits humains et la démocratie. »

Depuis sa création en 1976, l’État vietnamien moderne et unifié emprisonne des personnes pour avoir exercé leurs libertés fondamentales. Actuellement, au moins 105 critiques pacifiques (consulter la liste ci-dessous) sont détenus pour avoir exprimé des opinions contre le gouvernement, pris part à des manifestations pacifiques, rejoint des groupes religieux non approuvés par les autorités ou des organisations civiles ou politiques que le Parti communiste vietnamien au pouvoir considère comme une menace à son monopole.

Le 25 octobre, lors de la dernière affaire en date, le tribunal populaire de Thai Nguyen a condamné Phan Kim Khanh, un blogueur étudiant âgé de 24 ans, à six ans de prison pour « propagande contre l’État de la République socialiste du Vietnam ».  À l’expiration de sa peine, il sera remis en liberté conditionnelle et assigné à résidence pendant quatre ans. Le verdict devrait être annulé et Phan Kim Khanh immédiatement libéré, selon Human Rights Watch.

Au cours des 12 derniers mois, la police a procédé à l’arrestation d’au moins 28 individus pour atteintes à la « sécurité nationale », un chef d’inculpation invoqué pour museler la dissidence. L’arrestation la plus récente a eu lieu le 17 octobre dernier dans la province de Ha Tinh. Il s’agissait d’une militante écologiste, Tran Thi Xuan, accusée de sédition.

Les blogueurs et militants vietnamiens des droits humains font l’objet de harcèlements policiers, d’intimidations, de surveillance excessive, de détentions et d’interrogatoires quotidiens. Beaucoup sont dénoncés dans les médias publics et la télévision nationale, d’autres sont ouvertement critiqués dans leurs quartiers. La police interdit fréquemment à ces activistes de quitter le pays ou les assignent momentanément à résidence surveillée pour les empêcher de participer à une manifestation ou de s’entretenir avec des diplomates étrangers. Les passages à tabac se sont multipliés, de même que les agressions par des hommes en civil agissant sous la protection des autorités. Les activistes vietnamiens arrêtés sont souvent placés en détention prolongée par la police avant leur procès, privés d’accès à une assistance juridique ou de visites familiales.

« Ni un sommet médiatisé de l’APEC ni de nouveaux accords commerciaux ne peuvent occulter cette réalité repoussante que le Vietnam est toujours un État policier qui ne tolère aucune dissidence », a conclu Brad Adams. « Tout dirigeant démocratique qui se rend à l’APEC mais ne prend pas fait et cause pour les prisonniers politiques vietnamiens devrait avoir honte de rater l’opportunité de se montrer à la hauteur sur la scène mondiale. Les bailleurs de fonds internationaux et les partenaires commerciaux devraient faire pression sur le Vietnam pour qu’il évolue vers un système plus démocratique respectueux des droits humains et de l’état de droit. »

​-----------------------

Liste des prisonniers politiques vietnamiens

Human Rights Watch - Octobre 2017

Ce qui suit est une liste de personnes emprisonnées au Vietnam pour avoir exprimé des opinions critiques sur le gouvernement, participé à des manifestations pacifiques, ou adhéré à des organisations politiques ou religieuses non approuvées par les autorités du Parti communiste du Vietnam. Cette liste ne comprend que les personnes qui ont été condamnées et restent en prison, et n'inclut pas les nombreux détenus qui ont été arrêtés et dont le procès est en cours. Cette liste est presque certainement incomplète, car elle ne comprend que les condamnations que Human Rights Watch a pu documenter.

Nom / Année de naissance

1. Phan Kim Khánh, 1993

2. Nguyễn Văn Oai, 1981

3. Trần Thị Nga, 1977

4. Nguyễn Ngọc Như Quỳnh (Mẹ Nấm), 1979

5. Rơ Ma Đaih (Ama Pôn), 1989

6. Puih Bop (Ama Phun), 1959

7. Ksor Kam (Ama H'Trưm), 1965

8. Rơ Lan Kly (Ama Blan), 1962

9. hinh Nông (Bă Pol), 1965

10. Trần Anh Kim, 1949

11. Lê Thanh Tùng, 1968

12. Cấn Thị Thêu, 1962

13. Ksor Phit, 1970

14. Siu Đik, 1970

15. Nguyễn Hữu Quốc Duy, 1985

16. Ksor Púp (Ama Hyung)

17. Siu Đoang, 1983

18. A Jen, 1994

19. Un Tik, 1952

20. Đinh Kữ, 1972

21. Thin, 1979

22. Gyưn, 1980

23. Nguyễn Đình Ngọc (Nguyễn Ngọc Già, 1966

24. Ngô Thị Minh Ước, 1959

25. Nguyễn Hữu Vinh (Ba Sàm), 1956

26. Nguyễn Tiến Thịnh

27. Hoàng Văn Thu

28. Nguyễn Lê Châu Bình

29. Nguyễn Văn Thông, 1969

30. Kpuih Khuông

31. Rmah Khil

32. Rmah Bloanh

33. A Kuin (Bă Chăn), 1974

34. Ngư (a.k.a Bă Săn, 1972

35. Điểu B'ré (Bạp Bum), 1969

36. Điểu By Ơ, 1967

37. Đinh Yum,1963

38. Rơ Mah Plă (Rmah Blă / Ama Em), 1968

39. Siu Tinh (Ama Khâm), 1978

40. Rưn

41. Chi

42. Đinh Lý

43. Đinh Ngo

44. Thạch Thươl, 1985

45. Ngô Hào, 1948

46. ​​Un Tách (Bă Hlôl), 1959

47. Rung, 1979

48. Jơnh (Chình), 1952

49. Un Hyum (Bă Kôl), 1940

50. Byưk, 1945

51. Đinh Lứ, 1976

52. Đinh Hrôn, 1981

53. Đinh Nguyên Kha, 1988

54. Phan Văn Thu, 1948

55. Lê Duy Lộc, 1956

56. Vương Tấn Sơn, 1953

57. Đoàn Đình Nam, 1951

58. Nguyễn Kỳ Lạc, 1951

59. Tạ Khu, 1947

60. Từ Thiện Lương, 1950

61. Võ Ngọc Cư, 1951

62. Võ Thành Lê, 1955

63. Võ Tiết, 1952

64. Lê Phúc, 1951

65. Đoàn Văn Cư, 1962

66. Nguyễn Dinh, 1968

67. Phan Thanh Ý, 1948

68. Đỗ Thị Hồng, 1957

69. Trần Phi Dũng, 1966

70. Lê Đức Động, 1983

71. Lê Trọng Cư, 1966

72. Lương Nhật Quang, 1987

73. Nguyễn Thái Bình, 1986

74. Trần Quân, 1984

75. Phan Thanh Tường, 1987

76. Hồ Đức Hòa, 1974

77. Nguyễn Đặng Minh Mẫn, 1985

78. Tráng A Chớ, 1985

79. Kpuil Mel

80. Kpuil Lễ

81. Siu Thái (Ama Thương), 1978

82. Phạm Thị Phượng, 1945

83. Trần Thị Thúy, 1971

84. Siu Hlom, 1967

85. Siu Nheo, 1955

86. Siu Brơm, 1967

87. Rah Lan Mlih, 1966

88. Rơ Mah Pró, 1964

89. Rah Lan Blom, 1976

90. Kpă Sinh, 1959

91. Rơ Mah Klít, 1946

92. Nguyễn Hoàng Quốc Hùng, 1981

93. Trần Huỳnh Duy Thức, 1966

94. Rmah Hlach (Ama Blut), 1968

95. Siu Kơch (Ama Liên), 1985

96. Nhi (Bă Tiêm), 1958

97. Siu Ben (Ama Yôn)

98. Rơ Lan Jú (Ama Suit)

99. Nơh, 1959

100. Rôh, 1962

101. Pinh, 1967

102. Siu Wiu

103. Brong, 1964

104. Y Kur BĐáp

105. Y Jim Êban