From left, European Commission President Jean-Claude Juncker, Chinese President Xi Jinping and European Council President Donald Tusk pose for photos before a meeting held at the Diaoyutai State Guesthouse in Beijing, China, on Tuesday, July 12, 2016

© 2016 Reuters

Bruxelles, le 29 mai 2017) – Les dirigeants de l’Union européenne devraient faire pression – en public comme en privé – sur le gouvernement chinois afin qu’il mette fin à diverses violations des droits humains et libère immédiatement tous les activistes détenus, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans une lettre conjointe cosignée avec plusieurs autres organisations non gouvernementales. Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le Président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Haute-représentante de l’UE aux Affaires étrangères, Federica Mogherini, participeront au Sommet UE-Chine à Bruxelles aux côtés de hauts représentants chinois, les 1er et 2 juin 2017. 

« L’UE s’est engagée à ‘peser de tout son poids en faveur des défenseurs de la liberté, de la démocratie et des droits humains’ et à le faire au ‘plus haut niveau’ », a déclaré Lotte Leicht, directrice pour l’UE à Human Rights Watch. “Les dirigeants de l’UE doivent honorer leurs engagements, et faire des droits humains et de la libération des activistes pacifiques une haute priorité stratégique dans le cadre des relations de l’UE avec la Chine. »

Les organisations ont souligné qu’en diverses occasions, l’UE a publiquement dénoncé la détérioration de la situation des droits humains en Chine, qu’elle a exprimé son soutien à la société civile indépendantes et qu’elle a demandé expressément la libération d’activistes emprisonnés. Cependant l’UE et ses Etats membres ont en général omis d’aller au-delà d’approches rhétoriques, et d’utiliser leur force de pression collective pour contraindre la Chine – partenaire stratégique de l’UE et son second partenaire commercial – à metre fin à sa répression de plus en plus brutale envers les personnes qui protestent pacifiquement contre les politiques gouvernementales, les journalistes qui écrivent sur des sujets sensibles et les avocats qui défendent les activistes au tribunal.

Les organisations ont exhorté les dirigeants de l’UE à adopter plusieurs mesures, notamment la suspension du dialogue bilatéral relatif aux droits humains jusqu’à ce qu’un échange significatif avec le gouvernement chinois puisse être établi, garantissant que les préoccupations portant sur les droits humains soient abordées dans toutes les autres rencontres UE-Chine, et expliquant les mesures que l’UE et ses Etats membres prendront si la Chine ne fait rien pour mettre un terme aux abus et libérer les activistes emprisonnés.

Le Sommet UE-Chine va se tenir trois jours avant le 28ème anniversaire du massacre de la place Tiananmen à Pékin. L’UE maintient un embargo sur les armes contre la Chine en raison de ce massacre, et les dirigeants européens devraient insister sur la nécessité aujourd’hui encore d’une enquête approfondie et transparente, sur l’obligation de rendre des comptes, et sur la nécessité d’indemniser de manière appropriée les victimes survivantes ainsi que les familles des victimes tuées.

En plus de Human Rights Watch, la lettre a été signée par Amnesty International, China Labour Bulletin, DEMAS, la FIDH, Freedom House, Human Rights in China, Human Rights Without Frontiers, Initiatives for China, International Campaign for Tibet, International Service for Human Rights, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Reporters sans frontiers (RSF), Society for Threatened Peoples, Unrepresented Nations and Peoples Organization, et World Uyghur Congress.

« L’Union européenne a reconnu que l’amélioration de la situation des droits humains en Chine est essentielle pour les relations globales entre l’UE et la Chine », a conclu Lotte Leicht. « Il reste à prouver que les dirigeants de l’UE ont la prévoyance et le courage d’insister auprès des dirigeants chinois en faveur d’un réel changement. Sinon, cela suggèrerait que les engagements de l’UE en faveur des droits humains ne sont qu’une façade pour que les Européens soient contents d’eux-mêmes, plutôt qu’une politique cohérente et s’appuyant sur des principes. » 

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