(Toronto, le 31 janvier 2017) – L’attaque brutale dirigée contre des fidèles au Centre culturel islamique de Québec le 29 janvier met en évidence les inquiétudes croissantes vis-à-vis de la violente intolérance à l’égard des musulmans, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. L’attentat a eu lieu lors des prières du soir dans la mosquée située dans ce centre tuant six hommes et blessant 19 autres.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau participe à une minute de silence observée le 30 janvier 2017 dans la Chambre des communes du Parlement à Ottawa, en hommage aux victimes de l’attentat meurtrier commis la veille dans une mosquée de Québec.

© 2017 Reuters


« Nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et à l’ensemble de la communauté musulmane du Québec chez qui cette tuerie a suscité la peur et l’inquiétude », a déclaré Farida Deif, directrice de Human Rights Watch au Canada.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné la fusillade et a déclaré que les victimes étaient « un groupe d’innocents visés pour avoir pratiqué leur foi ». Une série d’autres attaques contre des mosquées ont été signalées dans la province ces dernières années ; elles impliquent des cas de vandalisme, de graffitis haineux et l’utilisation de sang animal pour souiller la façade d’un bâtiment. En juin 2016, une tête de porc emballée avec les mots « bon appétit » a été déposée sur le seuil du même centre culturel islamique où s’est produite la fusillade d’hier. Ces incidents ont fait l’objet d’enquête par les services de police municipaux et provinciaux.

La fusillade mortelle de dimanche soulève la menace potentielle posée par l’extrémisme violent au Québec et dans l’ensemble du Canada. Les médias ont signalé que le suspect était un étudiant d’université aux penchants politiques tournés vers l’extrême droite. Une étude de 2016 sur la montée de l’extrémisme de droite au Canada a révélé que sur les 100 groupes répertoriés comme tels dans l’ensemble du Canada, 20 à 25 se trouvent au Québec, soit le plus grand ratio toutes provinces confondues. D’après les chiffres du gouvernement, le nombre de crimes de haine contre des musulmans signalés par la police au Canada a plus que doublé entre 2012 et 2014.

« Cet attentat mortel sur le lieu de culte d’une minorité religieuse montre que, malgré la prise de position publique ferme du gouvernement canadien contre la xénophobie, il existe toujours un réel besoin de lutter contre les préjugés et contre la menace accrue de la violence qui les accompagne », a affirmé Farida Deif.