Une femme irakienne sous le choc, sur les lieux de l’attentat meurtrier à la voiture piégée commis contre un marché du plein air du quartier de Sadr City à Bagdad, le 11 mai 2016.

© 2016 Reuters
(Beyrouth, le 11 mai 2016) – L’attentat meurtrier à la voiture piégée qui a tué au moins 63 personnes à Bagdad le 11 mai, et qui a été revendiqué par l'Etat islamique (EI), est le dernier en date d’une série de crimes contre l'humanité commis par ce groupe armé, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Selon les médias, l'attaque perpétrée par l’État islamique contre un marché de plein air à Sadr City, un quartier bondé et majoritairement chiite de Bagdad, a tué au moins 63 personnes et en a blessé beaucoup d'autres. Des témoins ont rapporté qu’un camion a explosé à proximité d'un salon de beauté. Parmi les victimes se trouvaient plusieurs femmes qui se préparaient à leurs mariages. L’État islamique a revendiqué dans une déclaration cet attentat, commis par un kamikaze et qui selon l’EI visait en priorité des miliciens chiites.

« L’État islamique a une fois de plus perpétré contre des Irakiens ordinaires une attaque dévastatrice conçue pour tuer le plus grand nombre de personnes et infliger un maximum de souffrances », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « La présence de quelques miliciens, même si elle est avérée, ne peut nullement justifier cette dernière atrocité commise par l’EI. »

Selon les médias et un communiqué des Nations Unies, une deuxième explosion commise un peu plus tard dans la capitale à l’entrée du quartier principalement chiite de Kadhimiya a tué 15 personnes et blessé 33 autres habitants. Un troisième attentat commis sur une route dans une zone majoritairement sunnite de l'ouest de Bagdad a tué sept personnes et blessé 20 autres personnes. Dans un premier temps, la responsabilité de ces deux attaques n’a pas encore été clairement revendiquée.

Les meurtres commis dans le cadre d’une « attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile » constituent un crime contre l’humanité, que ce soit dans un contexte de conflit armé, d'instabilité politique ou de paix, en vertu du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale.

Communiqué intégral en anglais :

www.hrw.org/news/2016/05/11/iraq-isis-car-bombings-are-crimes-against-humanity
 

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