(Beyrouth, le 21 avril 2016) - Les autorités iraniennes devraient immédiatement permettre à Omid Kokabee, un physicien iranien emprisonné après avoir été accusé de compromettre la sécurité nationale, à bénéficier de soins médicaux adéquats pour traiter un cancer qui met sa vie en danger, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Kokabee a été condamné à dix ans de prison en 2012, une sentence qui a été confirmée même après un jugement de la Cour suprême iranienne qui a qualifié les chefs d’accusations d’ « erronés ».

Omid Kokabee

© FreeOmid.org

Le 16 avril, Saeed Khalili, l'avocat de Kokabee, a sigalé à l’agence de presse Ilna que les résultats de tests médicaux ont révélé que Kokabee souffre d'un carcinome métastatique des cellules rénales, une forme de cancer [...]du rein. Le 20 avril, le site BBC Persian a indiqué que Kokabee a subi lors d’une opération chirurgicale l’ablation de son rein droit, touché par le cancer. Il est incertain que Kokabee puisse bénéficier de soins médicaux par la suite.

« Refuser à un prisonnier les soins médicaux requis serait est à la fois cruel et illégal », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les autorités iraniennes devraient garantir à Omid Kokabee l’accès à des soins médicaux adéquats, qui dans son cas devront probablement être fournis en dehors de la prison. »

Selon l’organisation Campagne internationale pour les droits humains (International Campaign for Human Rights), les autorités iraniennes ont précédemment imposé des retards injustifiés à l’accès de Kokabee à des soins medicaux.  

Kokabee a été arrêté le 30 janvier 2011 à l'aéroport international Imam Khomeini au sud de Téhéran, alors qu'il s’apprêtait à retourner aux Etats-Unis après avoir visité sa famille. Il comptait poursuivre ses études post-doctorales en physique à l'Université du Texas à Austin. Le 14 mai 2012, un tribunal révolutionnaire de Téhéran l'a condamné à dix ans de prison sur la base d’accusations de « contacts avec un gouvernement hostile [le gouvernement américain] ». En octobre 2014, la Direction générale 36 de la Cour suprême de l'Iran a rejeté la base juridique de l’incarcération d’Omid Kokabee, et a ordonné un réexamen de son affaire. Toutefois la Direction générale 54 de la Cour d'appel révolutionnaire de Téhéran a par la suite confirmé le verdict. Les autorités n’ont divulgué aucune information précise sur les éléments de preuve retenus contre Kokabee et ayant  mené à sa condamnation.

Communiqué intégral en anglais :

www.hrw.org/news/2016/04/21/iran-imprisoned-physicists-cancer-care-jeopardy