People sit and block the Lincoln Tunnel in New York City as they protest the grand jury decision not to indict the police officer under investigation in the death of Eric Garner on December 3, 2014.

© 2014 Reuters

(Washington) – Les représentants étatiques et locaux des États-Unis devraient s’attaquer à la discrimination raciale et aux abus des forces de police commis dans le système judiciaire pénal, à l’origine des manifestations massives de l’année dernière, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2015.

« Les manifestations tenues à travers les États-Unis en 2014 ont refleté une indignation justifiée contre des années de discrimination raciale au sein du système judiciaire, et de violences policières », a indiqué Maria McFarland Sanchez-Moreno, codirectrice du programme des États-Unis chez Human Rights Watch. « Les gouvernements fédéral , étatiques et locaux devraient collaborer avec les communautés marginalisées pour réparer le système. »

Cette 25e édition annuelle du Rapport mondial de Human Rights Watch, dont la version anglaise comprend 656 pages (et la version abrégée en français 186 pages), examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de 90 pays. Dans son introduction, le directeur exécutif Kenneth Roth invite les gouvernements du monde à reconnaître que les droits humains constituent un repère moral efficace lors de périodes agitées, et que les violations de ces droits risquent de déclencher ou d’aggraver de graves problèmes sécuritaires. Les avantages à court terme obtenus en portant atteinte aux valeurs fondamentales que sont la liberté et la non-discrimination compensent rarement le coût à long terme de telles violations.

Le gouvernement américain a réalisé des améliorations notables en matière de droits, a précisé Human Rights Watch. La décision du Président Barack Obama de suspendre l’expulsion de certains migrants non autorisés va éviter la séparation de nombreuses familles dont les enfants possèdent le statut de résident permanent ou de citoyen américain. Néanmoins, ce plan ne tient pas compte des autres pratiques abusives perpétrées contre les migrants, comme la détention de familles et les expulsions sommaires. Le Congrès doit encore agir afin de réformer un système qui laisse de nombreux migrants à la merci d’abus.

La Commission du renseignement du Sénat des États-Unis a rendu publique la version abrégée en 499 pages du rapport sur le programme de détention et d’interrogatoire de l'Agence centrale de renseignement (Central Intelligence Agency, CIA). Toutefois, les États-Unis n’ont poursuivi aucun des représentants américains responsables de l’autorisation et de la perpétration d’abus, notamment d’actes de torture, dans le cadre de ce programme.

Parallèlement, le gouvernement a échoué dans la réforme des pratiques de surveillance de masse qui violent les droits de respect de la vie privée de millions de personnes dans le monde entier et empêchent les journalistes et les avocats de faire leur travail dans un large éventail de sujets. En dépit du transfert de plusieurs prisonniers de la base de Guantanamo vers d’autres pays, les États-Unis y détiennent encore, pour un temps indéfini, 122 hommes sans inculpation ni procès.