Le journaliste américain James Foley filmant les combats à Sirte, en Libye, le 29 septembre 2011, quatorze mois avant son enlèvement en Syrie.

© 2011 Getty Images

(New York, le 20 août 2014) - L'exécution en Syrie du journaliste indépendant James Foley constitue un crime de guerre, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Groupes détention journalistes doivent les libérer immédiatement et sans condition.

L'État islamique, précédemment connu sous le nom d'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), a mis en ligne une vidéo de l'exécution présumée de Foley. Le groupe a annoncé qu'il est détient également le journaliste américain Steven Sotloff, et que son sort dépend des futures décisions politiques des États-Unis à l’égard du groupe extrémiste. Le meurtre délibéré de civils et la prise d'otages lors d’un conflit armé constituent des crimes de guerre.

« James Foley s’est rendu en Syrie afin d’exposer les horreurs subies par la population civile depuis le début du soulèvement contre le gouvernement de ce pays », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. «  Tout comme les autres journalistes actuellement détenus en Syrie, il a courageusement risqué sa vie pour que le monde puisse connaître la vérité et agir en vue de soulager les souffrances du peuple syrien. »

Foley, un citoyen américain, avait été porté disparu en Syrie le 22 novembre 2012. Malgré les efforts menés sans relâche par sa famille, y compris une campagne mondiale pour obtenir la libération de Foley, très peu d’informations ont filtré au sujet de sa situation, de son lieu de détention, ou de l’identité de ses ravisseurs. Dans une vidéo montrant l’exécution du journaliste, un membre de l'État islamique a affirmé que cet assassinat était en guise de représailles à l'intervention militaire américaine contre le groupe armé en Irak.

Le Comité de protection des journalistes a identifié la Syrie comme le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. Selon cette organisation, au moins 69 autres journalistes ont été tués durant le conflit dans ce pays et plus de 80 ont été enlevés, dont environ 20 qui toujours portés disparus.

Communiqué intégral en anglais : www.hrw.org/node/128295