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(New York, le 27 avril 2011) - Les pays arabes devraient soutenir les efforts internationaux visant l'ouverture d'une enquête internationale indépendante sur le recours par le gouvernement syrien à la force meurtrière contre des manifestants pacifiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. L'Égypte et la Tunisie, en particulier, devraient prendre l'initiative et préconiser des sanctions contre les dirigeants syriens responsables de l'effusion de sang, les nombreuses arrestations arbitraires ainsi que les actes de torture subis par les détenus.

Depuis le 16 mars, l'armée syrienne et les forces de sécurité de ce pays ont tué plus de 300 manifestants. Ces derniers jours, le gouvernement du président Bachar al-Assad couper l'accès et les communications avec plusieurs villes, en envoyant des tanks et des troupes dans un effort pour écraser la dissidence généralisée du public. Le 25 avril, la Ligue arabe a publié une déclaration condamnant l'usage de la force contre les manifestants pro-démocratie dans plusieurs pays arabes, affirmant que les protestataires « méritent d'être soutenus et non d'être les victimes de balles » ; toutefois cette déclaration a omis de citer expressément la Syrie ou de proposer des mesures concrètes mettre fin aux abus.

« La Ligue arabe n'est plus un cercle fermé réservé à des autocrates ou à des chefs d'État responsables d'exactions, et devrait donc s'exprimer clairement et prendre des mesures concrètes contre certains membres comme la Syrie qui violent systématiquement les droits humains », a commenté Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « L'Égypte et la Tunisie, qui se trouvent sur la voie de la réforme démocratique, devraient en particulier soutenir les interdictions de voyage et les gels d'actifs visant tout représentant de l'État syrien qui serait responsable des pires abus. »

Human Rights Watch a également appelé l'Égypte et la Tunisie à s'opposer à l'élection de la Syrie au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, et a exprimé son espoir que le Liban - qui est actuellement le seul pays arabe à siéger au Conseil de sécurité de l'ONU - soutiendra de telles prises de position malgré la forte pression exercée par la Syrie sur ce pays.

Human Rights Watch a en outre appelé Amr Moussa, le Secrétaire général de la Ligue arabe et futur candidat à la prochaine élection présidentielle en Égypte, à se prononcer clairement contre les violations des droits de la Syrie.

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