Human Rights Watch a déclaré aujourd'hui que l'enquête promise par le président algérien Abdelaziz Bouteflika sur les émeutes meurtrières survenues en Kabylie doit être véritablement indépendante pour bénéficier d'une quelconque crédibilité.

Le 30 avril, le président Bouteflika a déclaré que le gouvernement algérien entreprendrait une enquête indépendante sur les émeutes qui ont fait au moins quarante-deux morts et des centaines de blessés depuis le 18 avril. Or, les précédentes enquêtes commanditées par le gouvernement n'ont guère brillé par leur indépendance.
"Cette enquête doit être véritablement indépendante pour que l'on puisse prêter foi à ses conclusions," a souligné Hanny Megally, directeur exécutive de la division Moyen-Orient et Maghreb de Human Rights Watch. "La crédibilité du président Bouteflika en dépend largement."

De nombreux rapports font état d'un usage excessif de la force, y compris de passages à tabac et de tirs injustifiés à balles réelles de la part des forces de sécurité. Dans certains cas, les manifestants ont attaqué les bâtiments de l'administration et des forces de sécurité avec des cocktails Molotov et autres armes artisanales. Les rapports de la presse algérienne établissent un bilan des affrontements ayant jusqu'à quatre-vingts morts.

Pièce jointe : copie de la lettre adressée au président Bouteflika.