(Beyrouth, le 1er juin 2018) - Les Émirats arabes unis devraient immédiatement libérer l’éminent défenseur des droits humains Ahmed Mansoor, et annuler la peine de prison de 10 ans prononcée contre lui à l’issue d’une procédure qui a manifestement constitué une violation de son droit à la liberté d'expression, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Le défenseur émirati des droits humains Ahmed Mansoor photographié à Dubai, le 30 novembre 2011.

© 2011 Reuters

Les autorités ont arrêté Ahmed Mansoor – lauréat du prestigieux prix Martin Ennals 2015 et membre du comité consultatif de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch – le 20 mars 2017. Il a été détenu pendant plus d'un an dans un lieu dont l’adresse a longtemps été tenue secrète, sans accès à un avocat et avec un nombre très restreint de visites par des membres de sa famille, avant d’être officiellement condamné le 29 mai 2018.

« Les Émirats arabes unis ont fait preuve d’une volonté de se livrer à une répression brutale en envoyant des défenseurs des droits humains en prison, plutôt que d’entamer de vraies réformes », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice du Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Tant que Mansoor restera en prison, aucune somme d'argent consacrée aux relations publiques ne suffira pour effacer cette tache de la réputation des Émirats. »

Avant son arrestation en 2017, Mansoor était l'un des derniers défenseurs des droits humains aux Émirats arabes unis qui critiquait encore ouvertement les autorités. Le 28 mars 2017, un groupe d’experts des Nations Unies ont appelé à la libération de Mansoor, qualifiant son arrestation d’ « attaque directe contre le travail légitime des défenseurs des droits de l'homme aux EAU ». 

Selon un article paru dans le journal émirati The National le 30 mai, un tribunal à Abu Dhabi a condamné Ahmed Mansoor à une peine de dix ans de prison, assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant trois ans après la fin de sa peine, ainsi qu’à une amende de 1 000 000 dirhams (272 000 dollars US) et à la confiscation de son appareils électroniques. Le tribunal a condamné Mansoor pour avoir terni « le statut et le prestige » des EAU et les symboles du pays, ainsi que ses dirigeants, et pour avoir tenté de nuire aux relations des EAU avec ses voisins en publiant de « fausses informations » sur les médias sociaux.

Les activistes émiratis qui dénoncent les violations des droits humains sont exposés au risque de détention arbitraire, d'emprisonnement et de torture, et nombre d'entre eux purgent de longues peines de prison ou se sentent obligés de quitter le pays.

Dans les semaines ayant précédé son arrestation en 2017, Mansoor avait critiqué les poursuites engagées par les autorités émiraties pour des délits liés à la liberté d’expression. Mansoor avait également utilisé son compte Twitter pour attirer l'attention sur les violations des droits humains dans d’autres pays de la région, y compris l’Égypte et le Yémen.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2018/06/01/uae-award-winning-activist-jailed-10-years

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