Des secouristes aident un homme à respirer à travers un masque à oxygène, suite à une attaque chimique présumée à Jesreen, dans la banlieue de Damas (Syrie), le 21 août 2013.

© 2013 Reuters

(New York, le 28 août 2013) – À la suite des attaques présumées aux armes chimiques perpétrées le 21 août 2013 dans la Ghouta orientale et la Ghouta occidentale en périphérie de Damas, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays évaluent les options en matière d’intervention militaire en Syrie.

Human Rights Watch ne prend pas position en faveur ou contre cette intervention, mais toute intervention armée devrait être jugée au regard de la protection qu’elle offrirait à tous les civils syriens contre de nouvelles atrocités.

« Les opérations militaires menées au nom du respect d’une norme humanitaire élémentaire – on ne gaze pas des enfants dans leur sommeil – seront mesurées à l’aune de leur efficacité pour protéger tous les civils syriens contre de nouvelles attaques illégales, chimiques ou conventionnelles », a souligné Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

Si intervention militaire il y a, toutes les parties belligérantes sont tenues d’adhérer strictement aux lois de la guerre. Ces lois interdisent les attaques délibérées contre les civils, les attaques qui ne font pas de distinction entre civils et combattants, et les attaques qui causent un préjudice disproportionné aux civils au regard du gain militaire escompté. Aucune arme interdite ne devrait être utilisée, telle que des armes à sous-munitions ou des mines terrestres antipersonnel.Les parties sont tenues de prendre toutes les précautions pratiquement possibles pour réduire au minimum les dommages causés à la population civile et veiller à ce que les civils ne fassent pas l’objet d’attaques, et éviter de déployer des forces dans des zones à forte densité de population. La fourniture d’armes et de matériel à des forces armées nationales ou des groupes armés non étatiques connus pour avoir commis des  exactions généralisées peut rendre une partie complice desdites exactions.

Les parties engagées dans des opérations militaires devraient prendre en compte les besoins humanitaires supplémentaires créés par ces opérations et elles devraient élaborer un plan détaillé pour répondre à ces besoins. Compte tenu de l’insuffisance de l’aide humanitaire fournie uniquement avec la permission du gouvernement syrien, les efforts visant à apporter une aide transfrontalière devraient être intensifiés de façon considérable, que la Syrie donne ou non son assentiment. Toutes les parties au conflit sont tenues de permettre aux secours humanitaires d’atteindre les populations civiles en danger.

Depuis plus de deux ans, le Conseil de sécurité des Nations Unies est paralysé sur la question syrienne et se montre incapable de contribuer à endiguer les atrocités en raison des vetos répétés de la Russie et de la Chine. Mise à part toute intervention militaire, le Conseil de sécurité devrait déférer la situation en Syrie à la Cour pénale internationale afin que les individus impliqués dans les violations graves du droit international puissent être poursuivis comme il convient, et il devrait mettre en œuvre des sanctions ciblées à l’encontre de ces individus.