(New York, le 10 juin 2008) – Le gouvernement afghan et les donateurs internationaux devraient placer les droits humains au centre des discussions lors de la conférence des donateurs du 12 juin à Paris, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre rendue publique aujourd’hui (https://www.hrw.org/english/docs/2008/06/10/afghan19086.htm).

Human Rights Watch a cité les droits des femmes, la liberté d’expression, l’impunité, la justice de transition, la réforme judiciaire et l’abolition de la peine de mort comme faisant partie des questions clés en Afghanistan qui exigent une attention et une réforme sérieuses.

« La conférence de Paris va se dérouler au moment où le gouvernement afghan est de plus en plus impopulaire à cause des abus, de la corruption et du manque de sécurité », a déclaré Brad Adams, directeur pour l’Asie à Human Rights Watch. « Si les donateurs se contentent d’offrir plus de la même chose et ignorent le besoin de réforme systémique, y compris un engagement à confronter les seigneurs de guerre et à s’attaquer à l’impunité, alors la situation en Afghanistan ne peut que se détériorer. »

Au cours des six dernières années, la coopération entre le gouvernement afghan et les donateurs internationaux, comme par exemple les Etats-Unis et l’Union européenne, a stimulé des progrès positifs, comme des augmentations importantes des taux de scolarisation dans l’enseignement primaire et la tenue d’élections parlementaires et présidentielles. Toutefois, pris dans la guerre civile actuelle, l’Afghanistan reste englué dans l’insécurité, la pauvreté, les atteintes constantes aux droits humains et l’impunité, puisque le gouvernement n’engage pas de poursuites contre les auteurs d’exactions qui bénéficient de la protection de membres du gouvernement, de parlementaires ou de seigneurs de guerre. Il faudra beaucoup plus de travail et d’investissement avant que la communauté internationale ne remplisse les multiples engagements qu’elle a pris d’aider l’Afghanistan à atteindre un développement durable, la sécurité régionale et locale, et le respect des droits humains.

Dans la préparation de la réunion de Paris, des groupes afghans et internationaux et des personnes concernées ont développé une série de recommandations réfléchies en matière de droits humains, qu’ils ont soumises au gouvernement afghan et aux donateurs. Human Rights Watch a exhorté les participants à la conférence de Paris à prendre ces recommandations très au sérieux au moment de développer des projets et des politiques.

« Il est crucial que la société civile afghane soit traitée comme un partenaire intégral et indispensable dans la reconstruction de l’Afghanistan », a insisté Adams. « Nous exhortons le gouvernement et les pays donateurs à garantir la participation réelle et complète de la société civile afghane, y compris la Commission afghane indépendante aux droits humains, aux réunions et délibérations de haut niveau sur les politiques. »