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Israël et Palestine

Événements de 2024

Des Palestiniens se pressent sur un site où une organisation caritative distribue de la nourriture chaude, alors que persiste une grave pénurie alimentaire, à Beit Lahia, dans la bande de Gaza, le 28 octobre 2025. 

© 2025 Abdalhkem Abu Riash/Anadolu via Getty Images

En 2025, les forces israéliennes ont intensifié leurs atrocités, commettant des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des actes de génocide et de nettoyage ethnique, à l’encontre des habitants de la bande de Gaza, tuant, blessant gravement, affamant et déplaçant de force des Palestiniens et détruisant leurs maisons, leurs écoles et leurs infrastructures civiles à une échelle sans précédent dans l’histoire récente d’Israël et de la Palestine. Dans un rapport rendu public en septembre, la Commission d’enquête de l’ONU affirme qu’Israël a commis un génocide à Gaza, illustrant un consensus de plus en plus général parmi les experts et les organisations de défense des droits humains concernant les atrocités commises lors de la campagne génocidaire d’Israël à Gaza, qui a causé la mort de plus de 69 000 Palestiniens, dont plus de 19 000 enfants, et des blessures à plus de 170 000 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza. 

Le 18 mars, les autorités israéliennes ont rompu un cessez-le-feu qui était en place depuis environ deux mois. Elles ont mené des attaques quotidiennes pendant près de sept mois à partir de cette date, jusqu’à ce qu’Israël et le Hamas acceptent, le 10 octobre 2025, un cessez-le-feu négocié par les États-Unis. Cet accord de trêve incluait la libération des derniers otages israéliens encore vivants détenus à Gaza, qui étaient aux mains du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens depuis plus de deux ans, et de centaines de Palestiniens détenus en Israël, pour la plupart sans procès ni inculpation. Tout au long de l’année, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité d’Israël, notamment d’apartheid et de persécution, contre les Palestiniens, se sont poursuivis.

La Cour pénale internationale (CPI) a continué d’enquêter sur les crimes pour lesquels elle est compétente commis depuis 2014. En février 2025, les juges de la CPI ont mis fin aux procédures engagées contre Mohammed Deif, commandant-en-chef de la branche militaire du Hamas, pour les événements du 7 octobre 2023, des attaques qui constituaient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, après avoir eu confirmation de sa mort. En juillet, les juges de la CPI ont rejeté la demande d’Israël d’annuler les mandats d’arrêt émis en 2024 à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza. Bien que ces mêmes juges n’aient pas statué sur la contestation par Israël de la compétence de la Cour, ils ont confirmé que ces mandats d’arrêt contre les responsables israéliens demeurent valides.

Gaza

Les forces israéliennes ont tué plus de 400 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, le 18 mars quand elles ont repris leurs attaques contre Gaza, et plus de 13 500 au total entre le 18 mars et le 10 octobre, selon le ministère de la Santé de Gaza. Ce ministère a également dénombré plus de 350 Palestiniens tués lors des deux premiers mois du cessez-le-feu. Les chiffres du ministère pour Gaza sous-estiment probablement le nombre de personnes tuées directement du fait des hostilités, comme le montrent des modèles établis par des médecins et des épidémiologistes, et n’incluent pas non plus les milliers de personnes susceptibles d’avoir succombé à la déshydratation, à la malnutrition et aux maladies, ou qui sont enterrées sous les décombres. 

Pendant plus de 11 semaines, entre début mars et mi-mai, les autorités israéliennes ont imposé un blocus total à Gaza – afin, ont-elles dit, de faire pression sur le Hamas pour qu’il libère les otages – ne laissant entrer ni nourriture, ni médicaments, ni aucune autre forme d’aide sur le territoire. Depuis la mi-mai, des restrictions généralisées de l’aide internationale sont restées en place et un système défaillant et militarisé de distribution d’aide humanitaire, appuyé par les États-Unis et géré par des entrepreneurs privés sous les auspices de la Fondation humanitaire pour Gaza (Gaza Humanitarian Foundation, GHF) a commencé à se mettre en place, jusqu’au cessez-le-feu d’octobre.

En août, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (Integrated Phase Classification, IPC), organisation qui regroupe les meilleurs experts du monde sur cette question, a déclaré une famine dans la ville de Gaza et aux alentours et estimé que la totalité de la population de Gaza serait « confrontée - actuellement ou prochainement - à une insécurité alimentaire de niveau critique, voire pire, entre le 16 août et le 30 septembre 2025. » À la date du 11 octobre, 463 Palestiniens, dont 157 enfants, étaient morts de malnutrition, selon le ministère de la Santé de Gaza. Les forces israéliennes ont tué des centaines de Palestiniens cherchant à se procurer de la nourriture autour des points de distribution de l’aide internationale. Selon l’ONU, entre le 27 mai et le 19 août, 1 857 Palestiniens ont été tués dans ces circonstances, dont 1 021 sur les sites de la GHF ou à proximité.

Les autorités israéliennes ont continué de priver la population de Gaza d’électricité et d’un accès adéquat à l’eau en quantité suffisante pour sa survie, notamment en limitant l’approvisionnement en eau courante et en mettant hors service les pompes à eau et des usines de désalinisation, de traitement des eaux usées et des égouts, en bloquant les livraisons de carburant nécessaire aux générateurs d’électricité, en attaquant des ouvriers et des dépôts d’eau et des installations sanitaires, en empêchant leurs réparations et en bloquant l’entrée sur le territoire d’équipements et de pièces détachées. Selon une estimation des organisations humanitaires effectuée entre le 17 août et le 5 septembre, 49 % de la population n’avait accès qu’à moins de 6 litres d’eau potable par personne et par jour, soit moins que le minimum requis pour survivre. Le manque d’eau et d’installations sanitaires a contribué à un désastre en matière de santé publique, une majorité des ménages étant affectée de poux, d’acariens et de problèmes cutanés tels que des éruptions cutanées et la gale à cause de la mauvaise hygiène et du surpeuplement. La privation d’eau imposée par Israël à la population palestinienne de Gaza équivaut au crime contre l’humanité d'extermination et d’actes de génocide consistant à infliger des conditions de vie calculées pour entraîner la destruction d’un groupe en partie ou en totalité. Son recours continu à la privation de nourriture d’une population civile comme arme de guerre constitue un crime de guerre et la privation de services de base viole également des mesures provisoires contraignantes émises par la Cour internationale de justice (CIJ) dans le cadre du procès en génocide intenté à Israël par l’Afrique du Sud, qui est toujours en cours. 

En septembre, à la suite de menaces du ministre de la Défense d’Israël de détruire la ville de Gaza si le Hamas ne libérait pas les otages et ne déposait pas les armes, répliquant la destruction de Rafah, et conformément à un plan visant à démolir ce qu’il restait de l’infrastructure civile de Gaza et à concentrer encore davantage la population palestinienne, les forces israéliennes ont ordonné le déplacement des habitants de la ville et des alentours et ont lancé leur attaque, rasant des immeubles à étages et des maisons. Au total, dès le mois d’octobre plus de 1,2 million de personnes avaient été déplacées depuis le 18 mars et, à la date du 17 septembre, 82 % du territoire de Gaza se trouvait soit dans une zone militarisée par Israël, soit sous le coup d’un ordre de déplacement, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Les forces israéliennes ont, depuis octobre 2023, déplacé de force presque toute la population de Gaza, souvent à plusieurs reprises, actes que Human Rights Watch a qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. 

Les forces israéliennes ont effectué des frappes aériennes dans des secteurs situés à l’extérieur de la zone militarisée ou sous ordre d’évacuation, notamment une frappe le 30 juin sur le café de bord de mer al-Baqa, qui aurait tué entre 24 et 36 personnes. 

Jusqu’au 8 juillet, les attaques israéliennes et les démolitions par des ingénieurs et des bulldozers militaires avaient endommagé 78 % des immeubles de Gaza, rendant la plupart du territoire inhabitable et constituant clairement une opération de nettoyage ethnique dans une vaste partie de Gaza. 

Pratiquement toutes les écoles de Gaza — 97 % — ont été endommagées ou détruites, la grande majorité (76 %) étant frappées directement, et 92 % nécessitant « une reconstruction totale ou de gros travaux de réparation pour redevenir fonctionnelles. » Jusqu’au 18 juillet, les forces israéliennes ont frappé à plusieurs reprises des écoles qui avaient été transformées en abris, notamment dans des attaques illégales car indiscriminées, tuant au moins 836 personnes qui s'y abritaient, selon l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA)

Les autorités israéliennes ont aussi effectué 793 attaques contre des établissements de santé à Gaza, lesquelles avaient, jusqu’au 11 septembre, tué 983 personnes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des frappes consécutives sur l’hôpital Nasser le 25 août ont tué au moins 22 personnes, dont des professionnels de santé, des équipes de secours d’urgence et cinq journalistes. Au 12 octobre, seuls 14 hôpitaux sur 36, 10 hôpitaux de campagne sur 16, 64 centres de premiers soins sur 181 et 109 dispensaires sur 359 demeuraient partiellement fonctionnels. L’effondrement du système de santé a privé les quelque 50 000 femmes et filles enceintes de Gaza d’accès à des soins appropriés, et a accru le risque de graves complications lors de la grossesse, de l’accouchement et de la période post-partum. Il a également sévèrement limité l'accès aux services de santé reproductive. Human Rights Watch a documenté des attaques apparemment illégales contre des hôpitaux et des ambulances, des arrestations arbitraires et des tortures de professionnels de santé, des restrictions imposées aux évacuations médicales, ainsi que des crimes de guerre commis lorsque les forces israéliennes occupaient des hôpitaux. Un médecin renommé, le dr. Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, a été arrêté par les forces israéliennes en décembre 2024 et aurait subi de mauvais traitements pendant sa détention.

Les forces israéliennes ont aussi délibérément tué des journalistes palestiniens de manière répétée, notamment par une frappe le 10 août dans laquelle ont été tués deux correspondants d’Al Jazeera, Anas al-Sharif et Mohammad Qreiqeh, et quatre autres employés des médias. Les forces israéliennes ont tué 220 journalistes à Gaza en moins de deux ans, selon Reporters sans frontières.

Le 23 mars, les forces israéliennes ont tuéapparemment délibérément, 15 auxiliaires médicaux et secouristes palestiniens à Rafah, dont les corps ont été retrouvés dans une fosse commune. Elles ont ciblé à plusieurs reprises des forces de police, des dispositifs de sécurité pour les convois d’aide internationale, des responsables en charge de la gestion des affaires civiles courantes à Gaza et ont renforcé des milices palestiniennes sous leur contrôle, contribuant ainsi à un effondrement de l’ordre public. Elles ont également ciblé régulièrement des locaux connus de travailleurs humanitaires et ont imposé de nouvelles exigences en matière d’accréditation, rendant plus difficile de travailler à Gaza pour les organisations internationales. 

Les forces israéliennes ont aussi maintenu leur contrôle sur de vastes parties de la bande de Gaza et ont continué de démolir des infrastructures civiles et de mener des attaques meurtrières contre les Palestiniens après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Le Hamas et les autres groupes armés palestiniens

Les groupes armés à Gaza ont retenu en otages pendant la majeure partie de l’année 48 personnes de nationalité israélienne ou étrangère, qui faisaient toutes partie des plus de 250 otages détenus depuis le 7 octobre 2023, actes que Human Rights Watch a caractérisés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En août, les groupes armés palestiniens ont rendu publiques des vidéos d’otages montrant des hommes émaciés présentant des signes de famine. Le 13 octobre, ces groupes ont libéré les 20 otages qui étaient encore en vie et, pendant les jours suivants, ont rendu les corps de tous ceux qui avaient été tués, à une seule exception.

Immédiatement après le cessez-le-feu, le bras armé du Hamas a procédé aux exécutions apparemment sommaires de personnes qu’il accusait de collaborer avec l’armée israélienne. 

Cisjordanie

Les forces israéliennes ont lancé en janvier des opérations qui ont mené à l’évacuation de trois camps de réfugiés dans le nord de la Cisjordanie — Jénine, Tulkarem et Nur Shams — déplaçant environ 32 000 personnes, soit le plus grand déplacement de population dans cette région depuis 1967, et les empêchant de revenir à quelques exceptions près, actes qui équivalent à des crimes de guerre, à du nettoyage ethnique et à des crimes contre l’humanité. 

Dans toute la Cisjordanie, les forces israéliennes ont tué 182 Palestiniens du début de 2025 au 7 octobre, soit un total de 969 depuis le 7 octobre 2023, selon l’OCHA. Du début de l’année 2025 au 8 septembre, des Palestiniens ont tué 11 civils et 6 militaires israéliens en Cisjordanie.

Les violences perpétrées par les colons israéliens ont atteint en 2025 un niveau sans précédent depuis plus de 18 ans, avec davantage d’incidents causant des victimes ou des destructions de biens (2 660) lors des neuf premiers mois que lors des années précédentes depuis au moins 2006, toujours selon l’OCHA. Des colons israéliens ont tué 7 Palestiniens au total lors de cette période, notamment en juillet Odeh Hathalin, qui travaillait sur le film documentaire « No Other Land », récompensé aux Oscars.

Les autorités israéliennes ont continué à ne poursuivre que rarement en justice les personnes responsables de violences envers des Palestiniens.

Elles ont fourni sécurité, infrastructures et autres services à plus de 730 000 colons en Cisjordanie occupée, qui inclut Jérusalem-Est.

En 2025, jusqu’à la mi-septembre, les autorités israéliennes avaient déjà fait avancer des travaux de construction de 25 000 logements dans des colonies de peuplement en Cisjordanie, un nombre sans précédent, selon l’organisation israélienne Peace Now. En août, les autorités israéliennes ont donné leur accord définitif à la construction de 3 400 logements en plein centre de la Cisjordanie, ce qui menace d’éparpiller encore davantage les Palestiniens. À la mi-octobre, 58 « postes avancés » de peuplement étaient établis, qui ne sont pas autorisés mais reçoivent un soutien gouvernemental et militaire pour prendre possession de terrains en Cisjordanie. Le transfert de civils dans un territoire occupé est un crime de guerre.

Les autorités israéliennes appliquent le droit civil israélien aux colons mais elles gouvernent les Palestiniens de Cisjordanie selon la loi militaire, les privant ainsi de la garantie de procédures régulières, et les faisant juger par des tribunaux militaires.

La difficulté d’obtenir des permis de construire israéliens à Jérusalem-Est et dans les 60 % de la Cisjordanie qui sont sous le contrôle exclusif d’Israël (Zone C) a poussé les Palestiniens à effectuer des constructions qui risquent d’être ultérieurement démolies car elles n’ont pas été autorisées.

Selon l’OCHA, en 2024 et lors des neuf premiers mois de 2025, les autorités israéliennes ont démoli 2 577 maisons et autres structures palestiniennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, pour absence de permis de construire, alors que les autorités rendent presque impossible pour les Palestiniens d’obtenir de tels permis dans les zones sous contrôle exclusif d’Israël. Lors de la même période, les démolitions ou les violences de colons soutenus par l’État ont abouti au déplacement de près de 8 000 personnes, en plus de près de 32 000 autres personnes déplacées lors des raids de 2025 dans le nord de la Cisjordanie. 

Liberté de déplacement

Les autorités israéliennes ont durci les restrictions de déplacement à l’encontre des Palestiniens en 2025. Une étude effectuée en début d’année par l’OCHA a permis de documenter 849 obstacles aux déplacements à travers la Cisjordanie qui ont entravé les mouvements des Palestiniens, de manière permanente ou intermittente. Les autorités israéliennes ont continué d’exiger des détenteurs d’une pièce d’identité palestinienne qu’ils possèdent des permis à durée limitée et difficiles à obtenir pour entrer en Israël et dans de vastes parties de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. Israël a poursuivi la construction de la barrière de séparation, dont 85 % se trouvent en Cisjordanie, et qui va isoler 9 % de la région lorsqu’elle sera achevée.

Abus commis par l’Autorité palestinienne

En 2025, l’Autorité palestinienne (AP) a accentué sa répression de la dissidence, arrêtant arbitrairement et torturant des détracteurs et des opposants en toute impunité. Lors des huit premiers mois de 2025, la Commission indépendante des droits de l’homme, entité statutaire pour la Palestine, a reçu 356 plaintes pour arrestations arbitraires, y compris détention sans procès ni inculpation, et 79 plaintes pour torture et mauvais traitements lors de détentions par l’AP.

Lors des trois premières semaines de janvier, l’AP a poursuivi des opérations de sécurité dans le camp de réfugiés de Jénine qui avaient commencé le 5 décembre, tuant et mettant en danger des habitants du camp, limitant leur accès à la nourriture, à l’eau et à l’électricité, endommageant des maisons et menant à de nombreuses arrestations et à d’autres abus. En janvier, l’AP a suspendu les diffusions d’Al Jazeera dans le territoire occupé et un tribunal palestinien a restreint l’accès à plusieurs sites internet d’Al Jazeera. En janvier également, les autorités israéliennes ont prorogé leur ordre de fermeture d’Al Jazeera en Cisjordanie.

Il n’y a eu aucun changement dans les lois sur le statut personnel pour les musulmans et les chrétiens qui contiennent des discriminations à l’égard des femmes.

Israël

Des lois adoptées par la Knesset (parlement israélien) pour empêcher l’UNRWA d’opérer en Israël et dans le territoire occupé sont entrées en vigueur au début de 2025. Depuis lors, les autorités israéliennes ont empêché le personnel international de l’UNRWA d’entrer à Gaza, ont empêché cette agence, qui était jusqu’alors le principal fournisseur d’aide humanitaire, de distribuer de l’aide à Gaza et ont ordonné la fermeture des écoles opérées par l’UNRWA à Jérusalem-Est, les empêchant d’ouvrir en septembre 2025 et affectant ainsi près de 800 enfants, dont certains n’ont pas pu s’inscrire dans d’autres établissements scolaires. Un avis consultatif émis le 22 octobre par la Cour internationale de justice (CIJ), à la suite d’audiences publiques en avril et en mai auxquelles quarante États et organisations internationales ont participé, déclare que l’affirmation par Israël que l’UNRWA n’est pas impartiale est infondée et que son obstruction du travail critique de cette agence est en contradiction avec le droit international.

Détentions, tortures et mauvais traitements de Palestiniens

Jusqu’au 1er octobre, les autorités israéliennes ont placé en détention plus de 11 000 Palestiniens, dont 3 544 en détention administrative sans inculpation ni procès, très souvent sur la base d’éléments de preuve tenus secrets, et 2 673 Palestiniens de Gaza en vertu de la loi sur les « combattants illégaux », qui est une forme plus restrictive de détention administrative. Le 10 octobre, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, les autorités israéliennes ont libéré près de 2 000 prisonniers palestiniens, pour la plupart de Gaza, qui étaient détenus en vertu de cette « Loi sur les combattants illégaux. » Au 30 juin, les autorités israéliennes détenaient 360 enfants palestiniens. Depuis le 7 octobre 2023, Israël refuse un accès indépendant aux lieux de détention, y compris au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Les autorités israéliennes ont arbitrairement mis en détention et torturé des Palestiniens – hommes, femmes et enfants – leur ont infligé des violences sexuelles et leur ont refusé un accès adéquat à de la nourriture et à des soins médicaux. Au moins 75 Palestiniens sont morts en détention depuis le 7 octobre 2023, Israël retenant souvent leurs corps.

Hostilités régionales

Les forces israéliennes se sont retirées de la majeure partie du sud du Liban début 2025 après la conclusion en novembre 2024 d’un cessez-le-feu avec les groupes armés libanais, mais elles sont restées sur le territoire libanais à au moins cinq endroits le long de la frontière. En 2025, les forces israéliennes ont lancé des attaques ou engagé des hostilités au Yémen, en Syrie, en Iran, au Qatar et en Tunisie. Israël a mené des attaques contre les régions du Yémen contrôlées par les Houthis qui ont causé la mort de civils et endommagé ou détruit des infrastructures civiles essentielles, tandis que les Houthis lançaient eux-mêmes des attaques qui ont frappé des biens civils en Israël—les deux constituant de probables crimes de guerre. Les hostilités de juin 2025 entre Israël et l’Iran, qui ont duré 12 jours, ont causé la mort de plus de 1 000 personnes en Iran et 30 personnes en Israël, selon les autorités respectives, et ont comporté de graves violations des lois de la guerre par les deux parties.

Principaux acteurs internationaux

Bien que les États-Unis aient négocié l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre, l’administration Trump a signalé son soutien à certains crimes de guerre commis par les forces israéliennes et pris des mesures de nature à aggraver la complicité américaine dans ces crimes et faire des États-Unis un des parties du conflit armé. De son côté, la Commission européenne a proposé une suspension du volet commercial de l’Accord d’association UE-Israël, suite à la publication d’une étude dans laquelle Israël était considéré comme contrevenant à la clause de cet accord concernant les droits humains, mais cette mesure n’a pas été adoptée, faute d’un soutien suffisant de la part des gouvernements de l’UE. Le Royaume-Uni a suspendu ses négociations sur le libre-échange avec Israël. Plusieurs États ont aussi imposé des sanctions à l’encontre de colons violents et de responsables israéliens de haut rang, ont mis fin aux transferts d’armes et interdit les échanges commerciaux avec les colonies de peuplement illégales d’Israël. En septembre, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration de New York sur une « solution à deux États », parrainée par la France et l'Arabie saoudite. Cette Déclaration comprend une annexe qui appelle à prendre des mesures concrètes, y compris des sanctions ciblées, la suspension des accords bilatéraux et l’interdiction du commerce avec les colonies de peuplement. Cependant, les États ont dans une large mesure renoncé à agir sur la base de leurs promesses et de leur obligation de faire cesser les crimes d’Israël contre les Palestiniens.

Justice internationale

Les procureurs et les juges de la CPI ont subi des pressions politiques, des actes d’intimidation ou des sanctions imposées par les États-Unis en raison de leurs investigations sur la situation en Palestine. En juillet, les États-Unis ont aussi imposé des sanctions à la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur le territoire occupé et, en septembre, à trois importantes organisations palestiniennes de défense des droits humains, Al-Haq, le Centre Al Mezan pour les droits humains et le Centre palestinien pour les droits humains, dans le cadre de leur programme de sanctions à l’encontre de la CPI. En juillet, ils ont sanctionné une autre organisation palestinienne de défense des droits humains de premier plan, Addameer, dans le cadre d’un autre programme de sanctions. 

En vertu du principe de compétence universelle, les systèmes judiciaires de plusieurs pays comme la France, l’Allemagne, la Belgique et le Brésil ont ouvert des enquêtes ou jugé recevables des plaintes au pénal de la part d’organisations de la société civile, se rapportant à des crimes internationaux présumés commis à Gaza par les forces israéliennes.