Manifestation de soutien à l’égard de l’activiste bahreïnien Nabeel Rajab, tenue le 14 mai 2015. Ce jour-là, la Cour d’appel de Bahreïn a rejeté une demande de libération de l’activiste emprisonné.

© 2015 AP Photo/Hasan Jamali

(Beyrouth, le 25 juin 2019) - Les participants à la conférence « Da la paix à la prospérité » tenue les 25 et 26 juin à Manama, au Bahreïn, ainsi que les journalistes couvrant cet événement, devraient interroger les hauts responsables bahreïniens sur l’emprisonnement d’activistes et la répression de la liberté d'expression, selon Human Rights Watch. L’administration Trump a coorganisé cette conférence dans le cadre de son plan de paix pour le Moyen-Orient.

« Il est ironique que Bahreïn, un pays qui recourt aux détentions arbitraires, à la censure et à la torture, ait été choisi pour accueillir une conférence sur la paix et la prospérité », a déclaré Lama Fakih, directrice par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Les journalistes autorisés à entrer à Bahreïn pour couvrir cette conférence devraient en profiter pour poser cinq questions sur le bilan de ce pays en matière de droits humains :

1) Pourquoi détenez-vous des activistes pacifiques, comme Nabeel Rajab et Abdulhadi al-Khawaja ?

Les autorités bahreïniennes ont arrêté et harcelé des dizaines d'éminents défenseurs des droits humains, journalistes et dirigeants de l'opposition, souvent pour des raisons de sécurité nationale douteuses et, dans la plupart des cas, d'actes de protestation pacifiques.

Nabeel Rajab, directeur du Centre bahreïnien pour les droits de l'homme, est incarcéré depuis trois ans et purge une peine de cinq ans de prison, suite à des tweets alléguant des actes de torture dans la prison de Jaw, ainsi que des propos critiques à l’égard des opérations militaires menée au Yémen par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Abdulhadi al-Khawaja, un autre dissident pacifique, purge une peine à perpétuité pour son rôle dans l'organisation de manifestations non violentes appelant à des réformes politiques lors du printemps arabe de 2011.

Najah Yusuf, une activiste et blogueuse, a été arrêtée en avril 2017 après avoir publié des posts critiques au sujet du Grand Prix de Bahreïn 2017. Elle a affirmé avoir subi des abus sexuels lors de ses interrogatoires. En juin 2018, elle a été condamnée à trois ans de prison en raison de ses activités sur les réseaux sociaux.

2) Pourquoi intensifiez-vous vos attaques contre la liberté d'expression et réduisez au silence toute voix critique ?

Bahreïn a interdit aux médias indépendants d'opérer dans le pays, dissous les groupes d'opposition et réprimé des opinions critiques diffusées en ligne.

3) Pourquoi ne tenez-vous pas les auteurs d’actes de torture responsables de leurs actes ?

Human Rights Watch a documenté des actes de torture généralisés dans les centres de détention de Bahreïn, en particulier lors des interrogatoires. Mais l’ impunité perdure, les autorités judiciaires ayant omis dans de nombreux cas d’engager des poursuites contre les individus responsables.

4) Pourquoi déchoyez-vous arbitrairement des citoyens de leur nationalité en tant que mesure punitive ?

Des centaines de personnes ont été déchues de leur citoyenneté pour infractions présumées de terrorisme, souvent dans le cadre de procès en masse entachés d'allégations de violations du droit à une procédure régulière.

5) Pourquoi avez-vous rétabli la peine de mort ?

En janvier 2017, Bahreïn a mis fin à un moratoire sur la peine de mort ayant duré sept ans, en exécutant trois hommes chiites pour un attentat à la bombe qui a entraîné la mort de trois policiers. Toutefois leurs aveux auraient été extorqués sous la torture, selon certaines allégations.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/06/25/bahrain-questions-ask-palestine-workshop

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