Une jeune fille migrante aperçue à travers la fenêtre d'un centre de rétention provisoire à Fylakio, en Grèce, le 30 avril 2018.

© 2018 Alkis Konstantinidis/Reuters

(Athènes, le 7 juin 2018) – Dans la région d’Evros, située dans le nord de la Grèce, à la frontière avec la Turquie, les autorités grecques détiennent de manière systématique des demandeuses d’asile avec des hommes qui ne sont pas des membres de leurs familles, les exposant ainsi à de graves risques de violences sexuelles et de harcèlement, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les autorités grecques devraient immédiatement mettre fin à ces conditions de rétention.

Les recherches effectuées par Human Rights Watch dans le nord de la Grèce fin mai 2018 ont conclu que des femmes et des filles partageaient les mêmes locaux que des hommes sans lien de parenté avec elles, dans des sites d’accueil et/ou de rétention réservés aux demandeurs d’asile. Douze femmes et deux filles interrogées ont déclaré avoir été enfermées dans des cellules ou des lieux clos pendant des semaines et, dans un cas, pendant près de cinq mois, avec des hommes et des garçons qu’elles ne connaissaient pas. Quatre ont affirmé être les seules femmes aux côtés de dizaines d’hommes, dans certains cas avec au moins un compagnon masculin ou un parent.

« Les femmes et les filles ne devraient pas être enfermées avec des hommes qui sont de parfaits inconnus, même pour seulement un jour », a déclaré Hillary Margolis, chercheuse auprès de la division Droits des femmes de Human Rights Watch. « Ces femmes et ces filles sont venues en Grèce chercher sécurité et protection, et en lieu et place, elles sont forcées de vivre dans la terreur. »

Cinq femmes ont fait état de grave détresse psychologique, dont deux de pensées suicidaires. D’autres ont déclaré avoir souffert d’insomnie, d’anxiété et d’autres troubles émotionnels et psychologiques, notamment par crainte d’être enfermés avec des hommes qu’elles ne connaissent pas.

Les ressources fournies par Athènes aux autorités du nord de la Grèce sont insuffisantes pour répondre à la hausse des nouveaux arrivants à la frontière terrestre avec la Turquie en avril dernier. Des responsables locaux qui ont rencontré Human Rights Watch ont reconnu que cette hausse avait provoqué un ralentissement des procédures d’accueil et d’identification, notamment l’enregistrement des demandes d’asile, ainsi que l’engorgement des centres de rétention et d’immigration, où la durée des détentions ne cesse de s’allonger.

En l’attente de la finalisation des formalités d’accueil et d’identification, les nouveaux arrivants en situation irrégulière et les demandeurs de protection internationale sont détenus dans les commissariats frontaliers de la région d’Evros, au centre de rétention de Fylakio, administré par la police grecque et/ou au centre de réception et d’identification (CRI) de Fylakio, qui dépend du ministère de la politique migratoire. Le ministère et la police grecque ont donné à Human Rights Watch accès à ces sites, et les autorités du centre de rétention et le RIC aidé à identifier les migrantes sur place pour que Human Rights Watch puisse les interroger.

Au centre de détention provisoire de Fylakio, huit femmes et une des filles ont déclaré avoir été détenues dans des cellules avec des hommes sans lien de parenté avec elles, dont six au moment des entretiens. Cinq femmes et deux filles ont été logées avec ces étrangers dans des préfabriqués et des « sections » verrouillées et clôturées au sein du CRI de Fylakio au moment des interviews. Certaines ont affirmé avoir été détenues avec de tels hommes dans divers lieux de détention.

Deux des femmes au centre de rétention ont dit avoir été incarcérées pendant au moins deux semaines dans des cellules avec leurs compagnons et de nombreux inconnus. « Maha », une Irakienne âgée de 38 ans, tremblait au moment d’expliquer qu’elle était la seule femme dans une cellule où se trouvaient une soixantaine d’hommes pendant plus de deux semaines. Elle a évité de boire de l’eau par peur de consommer celle qui servait aux toilettes communes dans la cellule. Elle vivait, a-t-elle raconté, presque exclusivement retranchée à l’intérieur du lit superposé qu’elle et son compagnon occupaient, sous des couvertures destinées à la dissimuler.

« Je n’ai pas bougé mes jambes 23 jours durant », a-t-elle confié en larmes, montrant la manière dont elle ramenait ses genoux contre sa poitrine toute la journée. « Si j’avais pu me tuer, je l’aurais fait. »

D’après un registre de la police remis aux chercheurs de Human Rights Watch, au moment de l’interview, Maha et son partenaire avaient été détenus dans une cellule avec 32 hommes sans aucun lien de parenté avec elles. Elle a été remise en liberté quelques jours plus tard, mais lui demeure en détention.

Au CRI, certaines femmes et filles ont déclaré avoir été détenues avec des inconnus pendant des semaines voire des mois. « Suraya », âgée d’une vingtaine d’années (sa nationalité n’a pas été divulguée), détenue dans le Centre avec son neveu de quatre ans le temps de confirmer leurs liens de parenté, a passé près de cinq mois dans un secteur qui ne comptait que des hommes et des mineurs non accompagnés. Un demandeur d’asile, a-t-elle dit, l’a agressée sexuellement. « Il a commencé à me toucher pendant que je dormais », a déclaré Suraya, ajoutant qu’il a fui quand elle s’est mise à crier, et qu’elle l’a signalé aux autorités : « Je leur ai demandé de m’emmener dans un lieu plus sûr, ou dans un autre camp, mais rien de cela n’est arrivé ».

Les autorités du centre de rétention ont mentionné l’existence d’une cellule distincte réservée aux femmes voyageant seules, mais que des familles y étaient également installées « si nécessaire », par exemple en cas d’afflux importants. La capacité de cette cellule n’était pas atteinte lorsque Human Rights Watch s’y est rendu, mais deux femmes célibataires ont déclaré être enfermées dans une cellule avec des familles sans lien de parenté avec elles. Les autorités du centre de rétention et celles du RIC ont reconnu des lacunes dans la réponse à ces problèmes de surpopulation, qu’elles attribuent en grande partie à l’insuffisance des moyens.

Les lois nationales et européennes ainsi que les normes internationales en vigueur exigent que les hommes et les femmes soient détenus séparément, y compris dans les centres d’accueil et de rétention pour immigrants, sauf s’il sont membres de la même famille et consentent à une détention commune. Elles stipulent également qu’il faut séparer les enfants non accompagnés des adultes et aménager des espaces séparés pour les familles. Un arrêté en date de 2016 de l’état-major de la police grecque ordonne aux policiers de séparer les femmes et les enfants des hommes sans lien de parenté avec eux dans des locaux fermés.

Les autorités grecques devraient garantir la sûreté et la sécurité de tous les demandeurs d’asile, notamment en fournissant aux femmes célibataires, à celles qui voyagent seules, aux familles et aux enfants non accompagnés des logements, des toilettes et des installations sanitaires séparés dans tous les lieux de détention et autres lieux fermés. Dans les CRI, les autorités devraient équiper dans les meilleurs délais toutes les chambres, salles de bains et conteneurs de portes verrouillables pour faciliter la sécurité et l’intimité.

Au besoin, elles devraient transférer de toute urgence les femmes célibataires, les enfants non accompagnés et séparés, et les familles, y compris les couples en centres de rétention, dans des logements ou des installations répondant à de telles normes. Les autorités devraient également veiller à ce que les demandeuses d’asile disposent de moyens sûrs et confidentiels de dénoncer le harcèlement ou les agressions sexuelles dont elles sont les victimes. De tels comportements devraient faire rapidement l’objet d’enquêtes, les responsables être tenus pour comptables de leurs actes et des mesures immédiates prises pour garantir leur sécurité et bien-être.

« Les femmes et les filles retenues dans ces sites sont hantées par la peur d’être enfermées avec de parfaits inconnus », a conclu Hillary Margolis. « Les autorités grecques doivent mettre un terme à cette situation et leur garantir la sécurité, la confidentialité et la dignité qu’elles méritent. »

Informations complémentaires

Témoignages de demandeuses et demandeurs d’asile du centre de rétention et du Centre d’identification et de réception (CRI) de Fylakio, en Grèce

Fatima (tous les noms ont été modifiés), âgée de 24 ans, en provenance d’Algérie, qui a été détenue au centre de rétention avec son mari 20 jours durant : « Pendant 20 jours, j’ai été la seule femme [dans notre cellule]. Tous les autres étaient des hommes célibataires. J’avais du mal au début. La nuit, je dormais blottie dans une couverture. Un soir, un homme [de notre cellule] est venu, a soulevé la couverture et m’a regardée. Quand je vais prendre une douche, les hommes me suivent et tentent de regarder par-dessus le mur…Je suis très stressée…J’ai l’impression d’avoir touché le fond, je me sens brisée. »

Suha, âgée de 20 ans, en provenance du Maroc, qui a été détenue dans le centre de rétention de Fylakio avec son mari pendant deux semaines.  Au moment de l’entretien, ce couple était seul dans sa cellule, mais tous deux avaient auparavant été détenus dans le même centre pendant deux semaines dans une cellule principalement occupée par des hommes. « Il y avait deux autres filles et entre 60 et 70 hommes [dans la cellule]. Je luttais pour me protéger chaque jour…Le pire, c’est lorsque je voulais aller aux toilettes. Tous les hommes me suivaient du regard, en disant des choses. Certains, quand ils voient une femme, sont comme des animaux. Ils me lançaient : « Mets-toi debout, arrête-toi, laisse-nous te regarder, tu es magnifique. » Les toilettes sont mixtes. La salle de bains est la même. Il n’y a pas de verrou sur la porte. Si vous vous asseyez, ils ne peuvent pas vous voir [par-dessus la cloison]. Mais si vous restez debout, ils peuvent voir votre poitrine. Imaginez ce que c’est d’être une femme dans ces conditions. »

Samira, âgée de 18 ans, en provenance de Syrie, qui a été détenue au CRI avec sa sœur de 15 ans, pendant trois semaines : « Depuis je suis ici, je suis incapable de manger. Je suis très stressée. Je ne peux pas quitter ma sœur, je dois prendre soin d’elle…J’ai constamment peur que quelqu’un entre dans notre conteneur. Je ne dors pas la nuit, je reste éveillée pendant la journée et dors le matin…Je ne me lave qu’une fois toutes les deux semaines parce que je me sens épiée [dans la salle de bains]…Je me réveille chaque matin à trois heures du matin, effrayée et nerveuse. »

Nadia, âgée de 16 ans, en provenance de Syrie, qui a été détenue au CRI avec son frère aîné pendant près de deux mois : « Nous sommes la seule famille de notre section, il n’y a que des hommes célibataires. Moi et ma sœur sont les seules femmes sur place. Tout le monde a peur ici. Il y a plus d’une vingtaine d’hommes [ou de garçons non accompagnés] qui vivent dans notre section…D’abord, nous étions 20 personnes dans le [même] conteneur, mais ils sont tous partis. C’était un mélange d’hommes et de femmes. Nous ne nous sentions pas en sécurité, et ne pouvions pas dormir. Nous sommes restés debout toute la nuit…Nous avons partagé les toilettes avec des inconnus. J’avais l’habitude de prendre ma sœur avec moi et de lui demander de rester devant la porte. »

Nadir, âgé de 21 ans, en provenance de Syrie, qui a été détenu au CRI pendant 20 jours avec sa nièce de six ans, Abra, dont la mère a été séparée d’eux pendant la traversée de la Turquie à la Grèce : « Nous sommes dans le même conteneur avec deux familles…les portes ne se verrouillent pas…Les familles qui restent avec nous sont des Kurdes iraquiens. Impossible de communiquer avec eux, comment pouvons-nous nous sentir en sûreté ? Ce n’est pas une question de nationalité, simplement, ce sont des inconnus. Je ne peux pas laisser [Abra] seule. Si elle veut sortir, je dois sortir avec elle ; si elle veut se rendre aux toilettes, je dois l’accompagner. Il y a des hommes célibataires [ou des garçons non accompagnés]. Si vous venez la nuit vers 22 heures, vous entendrez les bruits qu’ils font [en hurlant] et comprendrez pourquoi nous ne nous sentons pas en lieu sûr. »

Abbas, âgé de 35 ans, originaire d’Iran, qui est arrivé au centre de rétention de Fylakio avec sa femme de 36 ans la veille : « Lorsque nous sommes arrivés ici, [la police] nous a déclaré : ‘‘Vous devez être séparé [de votre femme]’’. J’ai dit, ‘‘Non, nous ne pouvons pas être séparés, nous sommes un couple’’. Alors la police nous a prévenus : ‘‘Si vous ne vous séparez pas, vous devrez aller tous deux dans la pièce où se trouvent tous les hommes.’’ J’ai répondu : ‘‘Très bien, séparons-nous’’. Je l’ai embrassée, lui ai dit au revoir, et ils l’ont mise dans une autre cellule et moi dans celle réservée aux hommes. » En fin de compte, la police a placé sa femme dans une cellule située en face de la sienne, avant de les regrouper dans cette même cellule, aux côtés de familles sans lien de parenté avec eux.

Informations supplémentaires sur la détention conjointe des hommes et des femmes

Lors d’entretiens menés avec 12 femmes et deux filles, entre le 19 et le 24 mai, huit femmes et une fille ont affirmé avoir été détenues au centre de rétention de Fylakio dans des cellules avec des hommes sans lien de parenté avec elles, dont six avec des inconnus au moment même des entretiens.

Les femmes détenues au centre de rétention ont affirmé que les toilettes et les salles de bains communes n’avaient pas de cloison allant du sol au plafond, et qu’elles étaient harcelées par des codétenus masculins pendant qu’elles s’y trouvaient.  Une femme âgée de 24 ans, qui se trouvait dans une cellule avec son mari et 20 hommes célibataires, a confié comment des hommes tentaient de l’épier par-dessus le mur pendant qu’elle utilisait les toilettes.

Six hommes et deux filles ont expliqué à Human Rights Watch qu’elles étaient également détenues avec des inconnus, parfois pendant des semaines voire des mois, dans des préfabriqués et des « sections » grillagées, sortes d’enclos dans lesquels se trouvait une cour et plusieurs conteneurs abritant des migrants et des demandeurs d’asile. Cinq femmes et deux filles étaient détenues avec des hommes ou des garçons qu’elles ne connaissaient pas au moment de leurs entretiens au CRI de Fylakio.

La répartition se fonde principalement sur le critère de la nationalité. L’attente entraînée par la détermination de l’âge et des liens de parenté avec d’autres demandeurs d’asile, et le placement dans les lieux adéquats peuvent se traduire par des séjours prolongés pour des enfants non accompagnés ou séparés et les membres plus éloignés de leurs familles.

Deux filles sans lien de parenté entre elles, âgée de 15 et 16 ans respectivement, ont affirmé séparément avoir été détenues dans ces sections du CRI aux côtés d’hommes et/ou de garçons pendant plus de trois semaines. L’une d’elles a dit qu’elle et sa sœur aînée, âgée de 30 ans, avaient été les deux seules femmes d’une section comprenant 20 hommes et/ou garçons pendant plus de 45 jours. Une femme enceinte âgée de 19 ans qui était là avec son mari et ses beaux-parents a indiqué que son conteneur accueillait dans une seule pièce commune plusieurs familles sans lien de parenté entre elles.

Certaines femmes et filles, ainsi qu’un homme et sa nièce de six ans, ont expliqué que, avec des membres de leurs familles, elles vivaient à l’intérieur de conteneurs partagés avec des familles d’inconnus, dont des hommes et des garçons. Dans tous les cas, elles ont assuré qu’elles partageaient les toilettes et les salles de bains avec ces derniers et que les portes des conteneurs ou des chambres n’étaient pas équipées de verrous.

Détention de migrants et de demandeurs d’asile en Grèce

En vertu de la loi grecque, les autorités peuvent restreindre la liberté de mouvement de nouveaux arrivants jusqu’à 25 jours dans un centre de réception et d’identification (CRI), et jusqu’à six mois au total dans un centre de détention pour migrants, y compris dans des centres de rétention. Les enfants non accompagnés et séparés peuvent être détenus plus longtemps, jusqu’à la résolution de leur situation et leur réunion avec les membres de leurs familles, en particulier lorsque l’âge et les liens de famille sont sujets à caution, ou en fonction des places disponibles dans les sites disposant de zones ou d’abris protégés.

À leur arrivée dans la région d’Evros, située dans le nord de la Grèce, à la frontière terrestre avec la Turquie, les migrants en situation irrégulière et ceux qui sont en quête de protection internationale sont détenus dans des postes de police frontaliers, dans un centre de rétention, et/ou dans un CRI, jusqu’à la finalisation des procédures de réception et d’identification. À la suite de ces procédures, de nouveaux arrivants peuvent être détenus le temps que leur demande d’asile soit traitée, ou en l’attente de leur déportation.

Alors que la hausse des arrivées en April a momentanément ralenti les services d’identification, d’enregistrement et d’accueil dans le nord de la Grèce et la région d’Evros, les autorités ont la responsabilité de garantir la sûreté et la sécurité des demandeurs d’asile lors des processus d’enregistrement et d’identification. Une hausse des arrivées ne justifie en rien l’échec du gouvernement grec à protéger les femmes et les filles, et à mettre fin à des conditions dangereuses, qui persistent y compris après une baisse du nombre de nouveaux venus.

Lors des visites rendues par Human Rights Watch sur les sites de Thessalonique et d’Evros, les autorités ont assuré que les arrivées étaient revenues à la normale au cours des deux semaines précédentes. Le 19 mai, les autorités du centre de rétention de Fylakio ont indiqué que la capacité d’accueil du site était de 374 personnes pour seulement 172 présentes. Le 21 mai, celles du CRI, dont la capacité d’accueil est de 240 personnes, a indiqué en avoir sous sa responsabilité 196. Il n’en reste pas moins que Human Rights Watch a trouvé des femmes et des filles détenues avec des hommes et des garçons.

Le 1er juin, à la suite d’une visite ad hoc en Grèce, le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants s’est alarmé de la détention d’hommes, de femmes et d’enfants ensemble dans la même cellule au centre de rétention, conformément aux propres conclusions de Human Right Watch en date du mois de mai.

Selon les autorités, la priorité pour l’enregistrement, le traitement des demandes et le transfert vers des sites adéquats est donnée aux membres de groupes « vulnérables ». En vertu de la loi grecque, ceci désigne des enfants non accompagnés ou séparés de leurs familles, des personnes atteintes de handicap, des femmes enceintes et des mères allaitantes, des parents célibataires accompagnés de mineurs, et des victimes de violences sexuelles, d’actes de torture ou de tout autre traumatisme psychologique ou physique. Les autorités ont reconnu que les enfants non accompagnés ou séparés – et parfois les membres de leurs familles – peuvent séjourner pour des périodes prolongées dans le CRI en raison des places limitées dans les lieux « sûrs » et de processus vétilleux de vérification des liens de parenté.

L’échec du gouvernement grec à accueillir les hommes, les femmes et les enfants séparément dans des centres d’immigration est un problème de longue date, notamment à Evros. La Cour européenne des droits de l’homme et de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains ont critiqué les conditions inhumaines et dégradantes qui prévalent dans les lieux de détention pour les migrants arrivés en Grèce. Human Right Watch a par le passé documenté la violence, l’insécurité, le harcèlement sexuel, et les conditions d’hygiène insalubres et déplorables qui règnent dans les lieux destinés à enregistrer, identifier et traiter les demandes des demandeurs d’asile sur les îles grecques, ou « hotspots ». Human Right Watch a également constaté que des femmes qui voyagent seules sont accueillies aux côtés d’hommes sans lien de parenté avec elles dans ces mêmes « hotspots »

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