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Des millions de personnes sont en danger alors que l'Éthiopie expulse des représentants de l'ONU

Il faut mettre fin aux entraves à l'aide humanitaire urgemment requise au Tigré, et ouvrir d’une enquête indépendante

Un travailleur humanitaire s’adressait à une foule de Tigréens qui attendaient devant une école à Mekele, dans la région du Tigré dans le nord de l’Éthiopie, afin de recevoir de la nourriture, le 5 mai 2021. Cette région traverse une crise humanitaire liée au conflit en cours. © 2021 Ben Curtis/AP Images

Le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra une réunion d'urgence aujourd’hui pour élaborer une réponse à la décision prise hier par le gouvernement éthiopien d’expulser sept responsables d’agences de l'ONU, désignées comme « persona non grata », des personnes non bienvenues dans le pays.

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réagi à l'expulsion annoncée par l'Éthiopie en se disant « choqué » par cette décision. Plusieurs ambassades à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, ont appelé à l'annulation des expulsions. L'administration Biden, aux États-Unis, a menacé de sanctions.

L'expulsion par le gouvernement de personnes dirigeant des opérations humanitaires dans le pays, et documentant des violations des droits humains et des crimes de guerre, a été annoncée quelques jours seulement après que le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires a averti que la région du Tigré était confrontée au risque de « famine » et a qualifié cette situation de « tache sur notre conscience ». Plus de cinq millions d’habitants de cette région située dans le nord de l’Éthiopie dépendent de l'aide humanitaire. Des centaines de milliers de personnes vivent déjà dans des conditions de famine, et des millions d'autres ont besoin d'aide à travers le pays.

Depuis près d'un an, les belligérants au Tigré ont pillé des villes et des villages, détruit des récoltes et des infrastructures essentielles et massacré des civils, parmi d’autres graves exactions. Les agences humanitaires ont été paralysées par le blocus imposé de facto dans la région du Tigré, par le gouvernement éthiopien au, au cours des derniers mois.

Il est essentiel que le Conseil de sécurité de l'ONU agisse aujourd'hui. Une autre réunion à huis clos ne suffira pas. Exiger que les autorités éthiopiennes fassent marche arrière sur leur décision d'expulser les responsables de l'ONU est un bon début, mais le Conseil - ainsi que l'Union africaine, l'Union européenne et les autres gouvernements concernés - devraient maintenir la pression. Ils devraient imposer des sanctions ciblées, presser le gouvernement éthiopien de lever son blocus sur l'aide humanitaire qui est désespérément nécessaire, et autoriser une enquête internationale sur les violations des droits humains.

Mais le Tigré n'est pas la seule région éthiopienne se trouvant dans une situation à risque. Ces dernières semaines, les besoins humanitaires dans les régions d'Amhara et d'Afar se sont accrus, avec des milliers de personnes déplacées par la propagation du conflit.

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réagi à l'expulsion annoncée par l'Éthiopie en se disant « choqué » par cette décision. Plusieurs ambassades à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, ont appelé à l'annulation des expulsions. L'administration Biden, aux États-Unis, a menacé de sanctions.

Il est essentiel que le Conseil de sécurité de l'ONU agisse aujourd'hui. Une autre réunion à huis clos ne suffira pas. Exiger que les autorités éthiopiennes fassent marche arrière sur leur décision d'expulser les responsables de l'ONU est un bon début, mais le Conseil - ainsi que l'Union africaine, l'Union européenne et les autres gouvernements concernés - devraient maintenir la pression. Ils devraient imposer des sanctions ciblées, presser le gouvernement éthiopien de lever son blocus sur l'aide humanitaire qui est désespérément nécessaire, et autoriser une enquête internationale sur les violations des droits humains.

Texte complet en anglais : en ligne ici.

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