La première page du dossier constitué par le ministre israélien des Affaires stratégiques et de la Diplomatie publique au sujet d'Omar Shakir, chercheur de Human Rights Watch, pour justifier son expulsion d'Israël en mai 2018.

(Jérusalem, le 16 avril 2019) - Un tribunal israélien a avalisé aujourd’hui la décision du gouvernement israélien d'expulser Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, a indiqué Human Rights Watch. L’ordonnance rendue par le tribunal du district de Jérusalem fait suite à une plainte déposée en mai 2018 par l'organisation au sujet de la révocation initiale du permis de travail d’Omar Shakir. Cette plainte contestait aussi la validité, au regard de la Constitution israélienne, de la loi de 2017 interdisant l'entrée dans le pays de personnes ayant exprimé leur soutien à des actions de boycott visant Israël ou les colonies en Cisjordanie.

Le tribunal de Jérusalem a interprété la loi de 2017 d’une manière dangereuse selon Human Rights Watch, en estimant que les activités de recherche et de plaidoyer de l’organisation, qui avait demandé aux entreprises de ne pas faciliter les abus commis dans les colonies en Cisjordanie, constituaient un appel au boycott. La décision du tribunal crée un précédent qui risque d’entraver le travail d'autres organisations de défense des droits humains en Israël, et de remettre en question le statut juridique d’autres représentants de telles organisations dans ce pays.

« Alors qu’Israël se présente comme la seule démocratie de la région, son gouvernement s’apprête à expulser un défenseur des droits humains en raison de ses activités pacifiques de  plaidoyer », a déclaré Tom Porteous, directeur adjoint de la division Programmes à Human Rights Watch.

La décision du tribunal contraint Omar Shakir à quitter le pays avant le 1er mai. Human Rights Watch fera toutefois appel de la décision auprès de la Cour suprême israélienne, et demandera une injonction permettant à Shakir de rester en Israël jusqu'à ce que cet appel soit entendu.

Ni Human Rights Watch ni Omar Shakir en tant que son représentant ne promeuvent le boycott d'Israël. Le plaidoyer en question concerne uniquement les territoires occupés en Cisjordanie. Human Rights Watch a constaté que les entreprises opérant dans les colonies en Cisjordanie bénéficiaient de violations graves du droit international humanitaire et contribuaient à de telles violations. Dans le cadre de son plaidoyer régulier afin que les entreprises de divers pays s'acquittent de leurs responsabilités en matière de droits humains, Human Rights Watch avait demandé aux entreprises opérant en Cisjordanie de mettre fin à ces activités. Human Rights Watch défend également le droit des individus à exprimer leurs opinions par des moyens non violents, y compris en participant à des boycotts.

Dans le cadre de son mandat, Human Rights Watch mène des recherches et des activités de plaidoyer au sujet des violations commises par tous les acteurs de la région, y compris l’Autorité palestinienne et par les autorités du Hamas à Gaza. En 2018, par exemple, Human Rights Watch a documenté des cas d’arrestations arbitraires et de tortures commises par l'Autorité palestinienne et par le Hamas, et a examiné le bilan de la Palestine en matière de droits des femmes.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/04/16/israel-human-rights-watch-officials-deportation-reinstated

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Dans les médias

Figaro/AFP    Times Of Israel (FR) 

MuslimPost   7sur7.be    LeSoir.be

La Croix (réf sursis)

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