La période précoloniale (années 1300 – années 1800)
Les Belges (années 1870 – 1959)
L'indépendance (1960 – années 1990)
La guerre (1994 – 1999)
Les échecs de tentatives de paix (1999 – 2003)
La transition (2003 – 2006)
Un nouveau gouvernement mais encore plus de conflits (2006 - )


La période précoloniale

Le XIVème siècle

L'empire Kongo, un Etat fortement structuré et développé, gouverne une région qui couvre aujourd'hui des parties du sud-ouest du Congo, le nord de l'Angola et une portion de la République du Congo. Il va durer environ 500 ans. 

1482

Des explorateurs portugais arrivent à l'embouchure du fleuve Congo, établissant le premier contact entre le royaume Kongo et l'Europe.

Le XVIème siècle

Le commerce des esclaves à travers l'Atlantique frappe le Kongo. Au cours des 300 années qui suivent, plus de 5 millions d'esclaves sont capturés à l'intérieur d'une zone s'étendant sur plusieurs centaines de kilomètres de part et d'autre de l'embouchure du fleuve Congo, et la plupart sont envoyés par bateau au Brésil. En 1526, le roi Afonso du Kongo adresse une lettre au roi portugais João III l'implorant de cesser cette pratique, affirmant que son pays est en voie de « dépeuplement ».

1568

Développement de la fédération Kuba, un autre Etat fortement structuré, dans ce qui est aujourd'hui le sud du Congo. Le roi de Kuba était un personnage élu, les femmes aussi bien que les hommes étant éligibles à cette fonction. La fédération a duré jusqu'en 1910.

Les années 1800

Le royaume Kongo est détruit par des rivalités internes et par l'esclavage.

Les Belges

Les années 1870

Le roi Léopold II de Belgique initie  son projet colonial en Afrique centrale.

1871

L'explorateur britannique Henry Stanley - qui a navigué sur le fleuve Congo jusqu'à l'océan Atlantique pour le roi Léopold, ouvrant ainsi une route commerciale - lance la célèbre phrase « Docteur Livingstone, je présume ? » à un missionnaire qui avait perdu le contact avec le monde extérieur  depuis quelque temps.

1885

Léopold annonce la création de l'Etat indépendant du Congo, sous son contrôle direct.

1880-90

Le royaume Kuba résiste aux envahisseurs étrangers, bien que les agents de Léopold finissent par imposer leur autorité. Les Kubas continuent de lutter contre le régime.

Fin des années 1890

Edward Dene Morel, un journaliste britannique, commence à révéler le système brutal de travail forcé employé par le roi Léopold pour tirer profit du caoutchouc et de l'ivoire du Congo. Quelques années plus tard, en 1904, il fonde officiellement la Congo Reform Association, l'un des premiers mouvements internationaux de défense des droits humains du XXème siècle, afin de faire campagne pour le changement au Congo. 

1902

Publication de la nouvelle de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, basée sur son expérience de capitaine de bateau à vapeur sur le fleuve Congo. L'ouvrage décrit l'horreur du système de travail forcé instauré par Léopold.

1908

A la suite des immenses pressions de la campagne menée par la Congo Reform Association, Léopold cède le contrôle du Congo à l'Etat belge. Des recherches universitaires ultérieures constatent que sous le règne de Léopold et juste après, la population du Congo a subi une baisse qui aurait pu atteindre 10 millions de personnes. La vie pour les habitants du Congo continue sans grandes améliorations.

1913

L'exploitation minière du cuivre commence dans la province du Katanga. Des diamants sont découverts au Kasaï.

1935

Le travail forcé continue, bien que moins meurtrier qu'auparavant.  Le gouvernement belge exige que tous les Congolais effectuent 60 jours de travail obligatoire par an.

1941

Les premières grèves ouvrières dans les grandes villes sont brutalement réprimées.

1942

Le gouvernement belge porte à 120 jours par an la durée du travail forcé obligatoire.

1948

Reconnaissance des droits des travailleurs et introduction du salaire minimum. 

1959

Emeutes anticolonialistes à Kinshasa (qui s'appelait alors Léopoldville) réclamant l'indépendance à la Belgique.

L'indépendance

Juin 1960

Le Congo obtient son indépendance. Avant la passation de pouvoir, la Belgique s'empare du trésor public et transfère la dette au nouveau gouvernement congolais. Patrice Lumumba remporte les premières élections du Congo et devient Premier ministre du gouvernement de coalition. Il tente d'instaurer un courant neutre entre les Etats-Unis et l'Union soviétique en pleine Guerre froide.

1960

Un mouvement sécessionniste déclenché dans la province du Katanga à l'est du pays est soutenu par les Belges, dans une tentative pour séparer de l'Etat congolais la riche ceinture du cuivre. 

Juillet 1960

Le nouveau gouvernement congolais demande aux Nations Unies leur assistance contre une agression externe et leur aide pour débarrasser le pays des soldats belges et des mercenaires étrangers.  L'ONU lance l'une de ses premières missions de maintien de la paix en Afrique, sous le nom de l'ONUC, qui dispose à son maximum d'environ 20 000 soldats de maintien de la paix.  

Septembre 1960

Lumumba est évincé du pouvoir et arrêté lors d'un coup d'Etat dirigé par le Col. Joseph-Désiré Mobutu, avec les encouragements de la Belgique et des Etats-Unis.

Janvier 1961

Lumumba est abattu par un peloton d'exécution avec l'assistance de fonctionnaires belges, après qu'une tentative de la CIA ait échoué. Son corps est enterré en secret, pour être ensuite déterré, coupé en morceaux avec une scie à métaux et dissous à l'acide dans une tentative pour dissimuler le crime.

Septembre 1961

L'avion ayant à son bord le Secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld s'écrase, alors qu'il se dirigeait vers la Zambie pour prendre part à des pourparlers de paix au sujet du conflit au Congo, ne laissant aucun survivant. 

1964

Le mouvement sécessionniste est vaincu, le Katanga réintègre le Congo et la force de l'ONU se retire.

1965

Mobutu s'empare du pouvoir lors d'un coup d'Etat appuyé par la CIA et réprime brutalement ses rivaux politiques, dont certains sont pendus lors d'exécutions publiques. Il demeure Président du Congo pendant 32 ans.

1966

Mobutu nationalise les mines et redistribue leur gestion par des étrangers à une élite locale, principalement ses amis et sa famille. Il dilapide et détourne des milliards de dollars grâce au commerce du cuivre, du cobalt, des diamants et du café.

1971

Mobutu change son nom en Mobutu Sese Seko Nkuku Ngbendu wa Za Banga (qui se traduit comme : « Le guerrier tout-puissant qui, grâce à son endurance et à sa volonté inflexible de remporter des victoires, va de conquête en conquête, laissant le feu sur son passage ») et rebaptise le pays le Zaïre. Il obtient un soutien incontesté du gouvernement américain en se rangeant du côté des Etats-Unis pendant la Guerre froide et en permettant que son pays soit utilisé comme tremplin pour les opérations contre l'Angola soutenu par les Soviétiques. Il reçoit une aide financière substantielle des Etats-Unis.

1974

Les boxeurs américains Mohamed Ali et George Foreman disputent le combat « rumble in the jungle » (« la bagarre dans la jungle ») au Zaïre. Ali, qui remporte le combat, déclare qu'il voulait créer des liens entre les Afro-américains et l'Afrique.

1991

Avec la fin de la Guerre froide, le gouvernement américain juge embarrassante son alliance avec l'autocrate  Mobutu. Celui-ci est forcé d'ouvrir le pays à une démocratie  pluripartite et laisse une Conférence nationale souveraine débattre de la transition. Pendant environ 15 mois, les dirigeants politiques du pays discutent de la situation politique, économique et sociale. A la suite de la conférence, Mobutu nomme un gouvernement de transition mais demeure Président et conserve des pouvoirs  substantiels.

La guerre

Avril 1994

Le gouvernement extrémiste hutu du Rwanda orchestre le génocide d'environ 800 000 Tutsis et  Hutus modérés. Quand les rebelles tutsis prennent le contrôle du Rwanda, plus d'un million de Hutus - y compris bon nombre des leaders ayant dirigé le génocide - se réfugient dans des camps de l'autre côté de la frontière au Zaïre.

Juillet 1994

Environ 50 000 personnes meurent lors d'une épidémie de choléra qui frappe les camps de réfugiés énormes et effroyables dans l'est du Zaïre. 

Novembre 1994

Les agences humanitaires suspendent leurs activités dans les camps de réfugiés de l'est du Zaïre, expliquant que les camps sont de plus en plus militarisés. D'anciens soldats hutus rwandais contrôlent l'accès et la distribution de vivres.

Novembre 1996 - Mai 1997

L'armée rwandaise, appuyant un groupe rebelle anti-Mobutu, l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), attaque les camps de réfugiés de l'est du Zaïre et marche sur la capitale, Kinshasa, alors que Mobutu est à l'étranger pour recevoir des soins médicaux. Des dizaines de milliers de réfugiés hutus rwandais s'enfuient vers l'ouest dans les forêts du Zaïre, poursuivis par des soldats de l'armée rwandaise. 

Mai 1997

Mobutu s'enfuit en exil. Rencontrant peu de résistance, les rebelles de l'AFDL et l'armée rwandaise s'emparent de Kinshasa, et Laurent Kabila, le leader rebelle, est installé à la présidence. Le pays est renommé la République démocratique du Congo.

Septembre 1997

Mobutu meurt du cancer de la prostate en exil au Maroc. Le gouvernement ne permet pas que son corps soit ramené au Congo pour y être enterré.

Septembre 1997  

L'ONU tente d'élucider le sort des réfugiés hutus rwandais disparus dans les forêts du Zaïre et d'enquêter sur les séries de massacres commis à leur encontre par des rebelles de l'AFDL et des soldats de l'armée rwandaise, mais se retrouve bloquée par le nouveau gouvernement congolais. Les tentatives ultérieures de l'ONU pour enquêter sont également empêchées.

Fin 1997

Des membres de l'ancien gouvernement extrémiste hutu rwandais créent un groupe armé appelé l'Armée de libération du Rwanda (ALIR) ayant des éléments à l'intérieur et à l'extérieur du Congo.

Juin 1998

Les enquêteurs de l'ONU publient un rapport préliminaire indiquant que des violations brutales des droits humains, et un éventuel génocide, ont été commis en 1996 et 1997 par l'armée rwandaise et ses alliés de l'AFDL contre les réfugiés hutus rwandais.  Ils appellent à plus amples investigations à un moment plus « opportun ».

Août 1998

Le Président Laurent Kabila demande que ses appuis de l'armée rwandaise quittent le pays. Kabila purge les Tutsis de son gouvernement et suscite des sentiments anti-Tutsis dans une tentative de montrer son indépendance vis-à-vis du Rwanda. Moins d'une semaine plus tard, les armées rwandaise et ougandaise envahissent le Congo, appuyant un groupe rebelle congolais constitué à la hâte cherchant à renverser Kabila.

Août 1998

Le Président Kabila reçoit le soutien du Zimbabwe, de la Namibie et de l'Angola et repousse une tentative des armées rwandaise et ougandaise de s'emparer de Kinshasa, mais elles gardent avec leurs groupes rebelles alliés le contrôle de grandes parties de l'est du Congo. Les combats se poursuivent et la milice hutue du Rwanda, l'ALIR, se range du côté de Kabila.

Les échecs de tentatives de paix

Août 1999

Après une année de combats impliquant les armées de sept autres pays africains, et une multitude de groupes rebelles, un accord de cessez-le-feu est signé à Lusaka, en Zambie.  L'accord de Lusaka ne réussit pas à arrêter les combats.

Novembre 1999

Le Conseil de sécurité de l'ONU établit une mission de maintien de la paix pour le Congo, sous le nom de MONUC, et demande le déploiement de 500 observateurs militaires pour contrôler l'accord de paix de Lusaka.

Février 2000

Aucune paix n'étant en vue, le Conseil de sécurité de l'ONU étend la mission de la MONUC avec 5537 soldats de maintien de la paix supplémentaires, mais son mandat demeure faible et elle est incapable d'arrêter les combats entre les belligérants.

Mai 2000

L'industrie du diamant entame des discussions avec des groupes qui font campagne, à Kimberley, en Afrique du Sud, sur la façon d'arrêter le commerce de diamants liés aux conflits. En juin, l'ONU crée un groupe d'experts pour enquêter sur les rapports faisant état de l'exploitation illégale des richesses minières du Congo et de son lien avec le conflit en cours.

Mai 2000

Des éléments de la milice hutue rwandaise, l'ALIR, prennent le nom de Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Juin 2000

L'Ouganda et le Rwanda, autrefois alliés, s'affrontent pendant six jours pour le contrôle de Kisangani, l'une des principales villes du Congo, faisant environ 700 morts parmi les civils. Une enquête de l'ONU conclut que les deux armées ont commis des crimes de guerre et appelle l'Ouganda et le Rwanda à verser des indemnités. Aucune action n'est entreprise par aucun des deux gouvernements. L'officier supérieur rwandais impliqué dans les affrontements, Karenzi Karake, sera ultérieurement nommé commandant en second de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Darfour.

Juin 2000

L'International Rescue Committee, dans la première enquête menée sur la mortalité au Congo, fait état de plus de 1,7 million de personnes décédées dans l'est du pays depuis 1998 à cause de la guerre.

Janvier 2001

Le Président Laurent Kabila est assassiné par un garde du corps. Après plusieurs jours d'incertitude, son fils Joseph, âgé de 29 ans, entre en fonction. Un procès militaire truqué reconnaîtra 90 personnes coupables d'implication dans l'assassinat, dont certains proches alliés de Laurent Kabila.

Avril 2001

Le Groupe d'experts de l'ONU sur l'exploitation illégale des ressources naturelles publie son premier rapport détaillé concluant que la guerre du Congo a évolué en un conflit pour l'accès et le contrôle des richesses minières. Il recommande des sanctions contre des officiers militaires supérieurs et des compagnies impliquées dans le commerce illégal. Aucune action n'est entreprise. L'ONU demande d'autres investigations.

Mai 2001

Dans une enquête de mortalité mise à jour, l'International Rescue Committee constate que le total des morts au Congo est passé à 2,5 millions  de personnes, avec des pertes considérables parmi les enfants.

Janvier 2002

Le Mont Nyiragongo, un volcan surplombant la ville de Goma, dans l'est du pays, fait éruption et dévaste de grandes parties de la ville, envoyant ses 300 000 habitants de l'autre côté de la frontière au Rwanda pour échapper aux coulées de lave. Peu désireux de rester au Rwanda, les habitants de Goma reviennent au bout de quelques jours.

Février 2002

Le dialogue inter-congolais commence entre les factions rebelles et d'autres acteurs politiques à Sun City, en Afrique du Sud, pour élaborer un accord de paix. Au bout de 52 jours, deux des principaux groupes rebelles signent un accord, mais les rebelles soutenus par les Rwandais en sont exclus.

Février 2002

A la suite d'une enquête parlementaire belge, le gouvernement belge présente des excuses au Congo pour le rôle joué par ses fonctionnaires dans l'assassinat de Lumumba.

Avril 2002

Le Congo ratifie le Statut de Rome, devenant un Etat membre de la  Cour pénale internationale (CPI).

Juin 2002

Human Rights Watch publie un rapport : « La guerre dans la guerre », documentant pour la première fois l'usage systématique du viol comme arme de guerre dans l'est du Congo.

Septembre 2002

Environ 3000 civils ont été brutalement massacrés lors de l'affrontement de milices rivales dans la ville de Nyankunde, abritant des installations hospitalières importantes, dans le district de l'Ituri. Cet événement représente le plus grand massacre de la seconde guerre du Congo. Un seul journal international en fait état.

Octobre 2002

Le Rwanda retire ses 20 000 soldats du Congo suite aux pressions de la communauté internationale ainsi qu'à un accord vague du gouvernement congolais de désarmer les rebelles hutus rwandais, dont certains dirigeants ont participé au génocide. Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise une augmentation des forces de maintien de la paix jusqu'à 8600 soldats.

Octobre 2002

Le Groupe d'experts de l'ONU sur l'exploitation illégale des ressources naturelles publie un nouveau rapport concluant que le retrait des troupes étrangères est peu susceptible de faire cesser le pillage des richesses minières du Congo, étant donné que « des réseaux criminels d'une élite » ont été établis pour poursuivre l'exploitation.  Le panel cite 85 compagnies internationales ayant violé les règles du commerce international au Congo.

Décembre 2002

L'Afrique du Sud facilite un accord de paix avec les rebelles appuyés par les Rwandais, préparant la voie pour un gouvernement de transition congolais dans lequel les rebelles et le gouvernement acceptent de partager le pouvoir. L'accord stipule que Kabila demeure Président intérimaire mais partage le pouvoir avec quatre vice-présidents, dont deux sont d'anciens dirigeants rebelles.

Avril 2003

D'après sa dernière enquête de mortalité, l'International Rescue Committee indique que le bilan des civils congolais morts depuis 1998 est passé à 3,3 millions, soit le plus grand nombre de victimes civiles dans une guerre depuis la deuxième guerre mondiale.

Mai 2003

Cédant à d'intenses pressions diplomatiques immenses, l'Ouganda est le dernier gouvernement étranger à retirer ses troupes du Congo. Du fait qu'il avait armé des milices ethniques locales dans le nord-est du pays, le retrait ougandais crée un vide du pouvoir et déclenche une vague d'affrontements interethniques dans le district de l'Ituri, entraînant à nouveau la mort de milliers de civils.

Juin 2003

A la demande de l'ONU, des troupes européennes, largement constituées de soldats français, sont déployées d'urgence en Ituri pour protéger les civils pris au piège dans les affrontements violents entre milices ethniques rivales à la suite du retrait de l'Ouganda, et aussi pour soutenir les soldats de maintien de la paix de l'ONU assiégés et réfugiés dans leur petite base de la ville de Bunia.

Juillet 2003

Human Rights Watch publie le rapport « Ituri : Couvert de Sang », qui détaille le « nettoyage ethnique » et les atteintes aux droits humains généralisées qui ont lieu dans le district de l'Ituri.

Juillet 2003

Le Conseil de sécurité de l'ONU renforce finalement le mandat de la MONUC afin de permettre l'usage de la force pour protéger les civils en danger, et il autorise une augmentation des troupes de maintien de la paix jusqu'à 10 800. Trois mois après leur arrivée, les troupes de l'UE à Bunia sont remplacées par les troupes de l'ONU.

La transition

Juillet 2003

Le gouvernement de transition entre en fonctions avec Joseph Kabila comme Président intérimaire. Des élections démocratiques sont programmées dans les deux années à venir. Les combats se poursuivent dans l'est.   

Octobre 2003

Le Groupe de l'ONU sur l'exploitation illégale des ressources naturelles publie son rapport final, concluant que le pillage des richesses minières du Congo va probablement continuer à alimenter le conflit et causer des souffrances humaines immenses si des mesures nationales et internationales pour le contrôler ne sont pas mises en place. Le panel recommande aux Etats membres de l'ONU d'enquêter sur 33 compagnies qu'il avait déjà citées précédemment. L'ONU n'adopte aucune résolution et met fin au mandat du panel.  

Mars 2004

Le gouvernement de transition congolais demande à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter sur les crimes commis au Congo depuis juillet 2002.

Mai 2004

Les médias font état de dizaines de cas d'exploitation sexuelle dont se seraient rendus coupables des soldats de maintien de la paix de la MONUC au Congo. L'ONU envoie une équipe pour enquêter sur ces plaintes qui confirme ultérieurement un certain nombre des allégations.

Mai/Juin 2004

Le général rebelle tutsi, Laurent Nkunda, soutenu par le Rwanda, prend le contrôle de la ville de Bukavu (Sud Kivu) dans l'est du pays, affirmant protéger les civils tutsis attaqués. Les soldats de maintien de la paix de la MONUC ne réussissent pas à stopper l'avance de Nkunda. Après d'intenses pressions diplomatiques, Nkunda se retire de Bukavu quatre jours plus tard, mais dans tout le pays le personnel de la MONUC est attaqué par des foules en colère protestant contre l'inaction de l'ONU. 

Juin 2004

Echec d'une tentative de coup d'Etat contre le Président Kabila à Kinshasa, dirigée par le Major Eric Lenge, qui prend ensuite la fuite avec ses complices.

Juin 2004

La CPI annonce qu'elle va ouvrir la toute première enquête de la Cour sur les crimes commis au Congo.  Elle se concentre sur l'Ituri, dans le nord-est du pays.

Août 2004

Dans un camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi, 160 Congolais tutsis sont massacrés par des éléments de guérillas  hutus burundaises, peut-être aidés par d'autres groupes armés. Le  Vice-président congolais Azarias Ruberwa, un Tutsi et dirigeant des anciens groupes rebelles soutenus par les Rwandais, suspend sa participation au gouvernement de transition, entraînant presque l'interruption du processus de paix. Il revient ensuite après des pressions diplomatiques.

Octobre 2004

Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise une force supplémentaire de 5900 soldats pour la MONUC, ce qui porte le nombre total de soldats de maintien de la paix à 16 431. Ce nombre représente seulement la moitié des effectifs demandés par le Secrétaire général de l'ONU quelques mois plus tôt.

Décembre 2004

Le nombre de morts s'élève à 3,9 millions, selon la quatrième enquête de mortalité de l'International Rescue Committee. La majorité des morts est due au manque d'accès aux médicaments ou bien à la malnutrition.

Janvier 2005

Le gouvernement de transition nomme comme généraux de l'armée cinq anciens seigneurs de guerre de l'Ituri ayant un passé violent d'atteintes aux droits humains. Des groupes de défense des droits humains expriment leur indignation.

Février 2005

Neuf soldats bangladais du maintien de la paix sont tués dans une embuscade par des milices en Ituri au cours de l'attaque la plus meurtrière subie jusqu'alors par la MONUC.

Mars 2005

Thomas Lubanga et Floribert Njabu, deux seigneurs de guerre notoires de l'Ituri, sont arrêtés à Kinshasa par les autorités congolaises sur des allégations de crimes de guerre. 

Juin 2005

Human Rights Watch publie « Le fléau de l'or », un rapport qui détaille les atteintes aux droits humains systématiques liées aux tentatives impitoyables des groupes armés et des multinationales pour contrôler et tirer profit des mines d'or dans le nord-est du Congo. Une société suisse achetant de l'or du Congo, critiquée dans le rapport, annonce immédiatement qu'elle va suspendre ses achats.

Juin 2005

Une commission parlementaire congolaise dirigée par le député Christophe Lutundula présente un rapport indiquant que des dizaines de contrats miniers conclus pendants les années de guerre sont soit illégaux soit ne prévoient aucuns bénéfices pour l'Etat. Le rapport recommande d'engager une action judiciaire contre des dirigeants politiques  et d'entreprises. Des copies du rapport devant être distribuées au parlement disparaissent.

Juillet 2005

Les élections devant se tenir en 2005 sont reportées. Des milliers de manifestants défilent à Kinshasa mais sont dispersés avec des gaz lacrymogènes.

Septembre 2005

Le groupe rebelle ougandais dénommé « Armée de résistance du seigneur » (« Lord's Resistance Army », ou LRA) pénètre dans le Parc national de la Garamba dans le nord du Congo. L'Ouganda, en guerre avec la LRA depuis plus de 20 ans, menace d'envahir le Congo.

Octobre 2005

La CPI émet ses touts premiers mandats d'arrêt à l'encontre de cinq hauts dirigeants de la LRA pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en Ouganda depuis juillet 2002.

Octobre 2005

Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise de nouveaux renforts pour la MONUC, qui portent le nombre total de soldats de maintien de la paix à plus de 17 000. La MONUC devient alors la plus nombreuse mission de maintien de la paix de l'ONU dans le monde. 

Novembre 2005

L'armée congolaise déclenche une opération militaire dans la province du Katanga dans le sud du pays pour écraser une rébellion menée par le chef Maï Maï Gédéon Kyungu Mutanda, ancien allié de Kabila. Les deux parties commettent de telles atrocités que les habitants surnomment la zone des opérations « le triangle de la mort ». 

Décembre 2005

La nouvelle constitution du Congo est adoptée lors d'un référendum, ouvrant la voie à des élections nationales.

Décembre 2005

La Cour internationale de justice juge que l'Ouganda a commis des violations des droits humains et le pillage illégal des ressources du Congo alors que ses forces armées occupaient des parties du pays entre 1998 et 2003. Elle ordonne que des compensations soient versées, mais l'Ouganda ne s'exécute pas.

Janvier 2006

Huit soldats de maintien de la paix guatémaltèques sont tués au cours d'une opération hautement secrète menée contre la LRA dans le Parc national de la Garamba dans le nord du Congo. L'opération ne réussit pas à appréhender les chefs de la LRA.

Février 2006

La Cour internationale de justice juge que les crimes commis par le Rwanda au Congo pendant la guerre 1998-2003 ne relèvent pas de sa juridiction.

Mars 2006

La CPI émet un mandat d'arrêt contre Thomas Lubanga pour le crime de guerre d'utilisation et de recrutement d'enfants soldats. Les autorités congolaises transfèrent Lubanga à La Haye où il devient le tout premier inculpé de la CPI en détention.

Avril 2006

Une milice en Ituri tue un soldat de maintien de la paix népalais et en prend sept autres en otages. Après des négociations prolongées, les soldats de maintien de la paix sont relâchés un mois plus tard.

Avril 2006

La lenteur des dépôts de candidatures, les querelles politiques et la poursuite des combats dans l'est du pays retardent à nouveau les élections. L'un des principaux partis d'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), décide de boycotter les élections, affirmant qu'elles ne seront ni libres ni justes.

Avril 2006

Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise le déploiement temporaire d'une force de l'Union européenne de 2000 soldats pour soutenir les soldats de maintien de la paix de la MONUC pendant les élections du Congo. Cette force reste sur place jusqu'au 30 novembre 2006.

Mai 2006

Le chef Maï Maï Gédéon Kyungu Mutanda et son épouse se rendent aux soldats de maintien de la paix de l'ONU, ce qui met fin de fait à la rébellion dans le centre du Katanga. Plusieurs jours plus tard, ils sont remis aux autorités judiciaires congolaises.

Juin 2006

La campagne électorale commence pour les premières élections pluripartites du Congo depuis plus de 40 ans. 33 candidats briguent le mandat présidentiel. Joseph Kabila est le favori.

Juin 2006

Joseph Kabila épouse sa compagne de longue date, Marie Olive Lembe, lors d'une somptueuse cérémonie à Kinshasa retransmise en direct à la télévision nationale, améliorant ses chances d'être élu.

Juillet 2006

Laurent Nkunda lance un nouveau mouvement rebelle au Nord Kivu, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).  Bon nombre de ses membres, dont Nkunda lui-même, faisaient partie auparavant d'autres groupes rebelles soutenus par le Rwanda.

Juillet 2006

Premier tour des élections présidentielles et législatives. 70 pour cent des électeurs vont voter.

Août 2006

Les résultats des élections sont annoncés. Le Président Kabila obtient 45 pour cent des voix, son principal rival, le Vice-président Jean-Pierre Bemba, en obtenant 20 pour cent. Le candidat de l'ancien groupe rebelle soutenu par les Rwandais remporte moins de 10 pour cent des votes. Etant donné qu'aucun des candidats n'obtient 50 pour cent, un second tour est programmé. Les partisans de Kabila sont consternés de ne pas avoir gagné dès le premier tour.

Août 2006

Le camp de Kabila convoque l'armée au centre de Kinshasa. Les soldats et les gardes de sécurité de Bemba échangent des coups de feu, tuant quantité de personnes. Les diplomates tentent de réduire les tensions entre les deux parties mais alors qu'ils sont réunis avec Bemba chez lui, des soldats ouvrent le feu, prenant au piège le vice-président et 14 diplomates à l'intérieur de la demeure, et détruisant l'hélicoptère de Bemba. Les soldats de maintien de la paix de l'ONU interviennent et font sortir les ambassadeurs pris au piège.

Août 2006

Une commission conjointe est créée pour enquêter sur les affrontements et établir les règles de conduite pour le second tour des élections. Personne n'est traduit en justice pour les 23 personnes tuées pendant les accrochages ni pour l'attaque contre la résidence de Bemba.  Les tensions restent vives.

Août 2006

Les troupes rebelles de Nkunda affrontent les soldats du gouvernement dans l'est du Congo. La zone sous le contrôle de Nkunda s'étend.

Septembre 2006

Les résultats des élections législatives sont annoncés, le parti de Kabila recueillant le plus grand nombre de sièges, mais pas la majorité absolue.

Octobre 2006

D'autres seigneurs de guerre sont nommés colonels dans l'armée congolaise, dont le seigneur de guerre de l'Ituri, Peter Karim, responsable du meurtre et de la prise en otages antérieures des soldats de maintien de la paix de l'ONU.

Octobre 2006

Un débat télévisé entre les deux candidats présidentiels, exigé par la loi, est annulé après que Kabila ait refusé de débattre en face-à-face avec Bemba. Aucun des candidats ne fait campagne en personne, chacun craignant l'éventualité d'un assassinat par l'autre partie.

Octobre 2006

Le second tour se déroule entre les deux candidats présidentiels dans un climat de vives tensions à Kinshasa.

Novembre 2006

Les troupes rebelles de Nkunda affrontent à nouveau celles du gouvernement dans l'est du Congo, et gagnent du terrain.  Les soldats de maintien de la paix de l'ONU repoussent Nkunda.

Novembre 2006

Les résultats des élections sont annoncés. Kabila obtient 58 pour cent des voix contre 42 pour cent pour Bemba. Bemba dépose plainte pour fraude électorale présumée de la part du camp de Kabila, et d'autres violences se produisent. La victoire de Kabila est confirmée par la Cour suprême et Bemba accepte à contrecœur la décision.

Décembre 2006

Joseph Kabila prend ses fonctions de Président.

Un nouveau gouvernement mais encore plus de conflits

Décembre 2006/Janvier 2007

Peu après être entré en fonction, Kabila envoie le Général John Numbi, chef des forces aériennes, négocier secrètement un accord avec Nkunda. Les deux parties se rencontrent au Rwanda et conviennent d'intégrer les troupes rebelles de Nkunda dans l'armée nationale (dans un processus appelé mixage) et de leur permettre de rester dans les provinces du Kivu. Nkunda fait la vague promesse d'aller en Afrique du Sud.

Janvier 2007

Bemba est élu sénateur et prend l'engagement de jouer un rôle important dans la direction d'une opposition démocratique à Kabila.

Janvier/Février 2007

Plus de 100 adeptes du Bundu Dia Kongo (BDK), un groupe politico-religieux basé dans la province du Bas Congo, dans l'ouest du pays, en quête d'un retour à une authenticité africaine et allié avec Bemba, sont abattus par des policiers et des soldats alors qu'ils manifestaient contre des fraudes électorales présumées dans les élections provinciales. Peu de pays dénoncent ces violences.

Février 2007

Un nouveau gouvernement est nommé sous la direction du Premier ministre Antoine Gizenga, un politicien âgé originaire de l'ouest du Congo, dont la désignation est censée apaiser les partisans de Bemba dans l'ouest du Congo.

Février 2007

L'Assemblée nationale met en place une commission d'enquête -la première de ce type pour la nouvelle assemblée élue au Congo- afin d'enquêter sur les incidents du Bas Congo, mais les dirigeants politiques entravent son travail.

Février/Mars 2007

Dans l'est, les troupes rebelles du CNDP de Nkunda commencent à intégrer l'armée nationale mais le processus connaît des problèmes.

Mars 2007

Bemba donne sa première conférence de presse depuis qu'il a perdu les élections, donnant le ton de son programme d'opposition. Il accuse Kabila de corruption et d'avoir tenté de le tuer.

Mars 2007

Les 400 gardes de sécurité de Bemba restant à Kinshasa refusent de se joindre à l'armée congolaise. Le camp de Kabila déclenche des opérations militaires. De violents combats entre les deux parties font rage pendant trois jours dans la capitale, tuant des centaines de civils pris dans les tirs croisés. Bemba et sa famille se réfugient à l'ambassade d'Afrique du Sud. Les soldats détruisent le siège du parti de Bemba, arrêtent et torturent des centaines de partisans présumés de Bemba, et exécutent sommairement 150 d'entre eux.  

Avril 2007

Après une intervention diplomatique, Bemba est autorisé à quitter le pays pour le Portugal pour raisons de santé et il est escorté en pleine nuit jusqu'à l'aéroport par des soldats de maintien de la paix de l'ONU. Après son départ, encore plus de ses partisans sont arrêtés.

Mai 2007

L'intégration des troupes rebelles de Nkunda dans l'armée nationale échoue.  Nkunda intensifie le recrutement dans la zone qui est sous son contrôle et au Rwanda.  Il donne de fréquentes interviews à la presse et devient le nouveau visage d'un groupe rebelle appuyé par les Rwandais.

Mai 2007

V-Day, un mouvement mondial pour arrêter les violences contre les femmes, lance une nouvelle campagne pour attirer l'attention sur les crimes de violence sexuelle à grande échelle commis contre les femmes et les filles dans l'est du Congo. Des célébrités et autres personnalités de premier plan s'engagent.

Juin 2007

Le gouvernement annonce la création d'une commission pour examiner 60 contrats miniers afin de s'assurer que le peuple congolais bénéficiera des accords. Les assurances selon lesquelles le processus sera transparent se dissipent rapidement. 

Août/Septembre 2007

Les combats s'intensifient au Nord Kivu entre les rebelles du CNDP de Nkunda et l'armée nationale. Environ 200 000 personnes abandonnent leurs maisons. L'armée congolaise envoie davantage de troupes. Une rencontre de haut niveau entre les principales nations bailleurs de fonds se tient à New York face aux préoccupations quant à la détérioration de la situation dans l'est du Congo. Le Rwanda dément son soutien à Nkunda. 

Septembre 2007

La Chine signe un accord avec le Congo portant sur un prêt de 9 milliards de dollars américains en échange de droits miniers sur le cuivre et le cobalt du Congo.

Septembre 2007

Lors d'une rencontre entre les présidents congolais et ougandais en Tanzanie, le Congo accepte d'entreprendre des opérations militaires contre la LRA dans le Parc national de la Garamba dans le nord du pays, mais le gouvernement congolais tarde à mettre en œuvre ses engagements.

Septembre 2007

Des experts de l'ONU en matière de droits humains terminent un rapport décrivant en détails de graves violations des droits humains commises par des gardes présidentiels de  Kabila au cours des affrontements avec les gardes du corps de Bemba au mois de mars à Kinshasa.  Des hauts fonctionnaires de l'ONU décident de ne pas publier ce rapport.

Octobre 2007

Le gouvernement congolais transfère un second seigneur de guerre, Germain Katanga, un des principaux chefs d'une milice d'Ituri, à la CPI.  Katanga est accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour sa participation à des massacres ethniques.

Octobre/Novembre 2007

Des tentatives pour négocier un cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles de Nkunda échouent. Nkunda déclare qu'il ne désarmera que lorsque le gouvernement de Kabila arrêtera de soutenir les milices hutues rwandaises, les FDLR. Il est prouvé que le Rwanda soutient Nkunda et que le gouvernement de Kabila soutient les FDLR. 

Novembre 2007

Un accord est signé à Nairobi, au Kenya, entre les gouvernements congolais et rwandais. Le Congo accepte d'arrêter tout soutien aux FDLR et d'entamer des opérations militaires contre elles si elles  refusent de retourner volontairement au Rwanda.

Décembre 2007

Une offensive de l'armée congolaise avec le soutien de soldats de maintien de la paix de l'ONU contre les rebelles de Nkunda se solde par une défaite humiliante. Les soldats du gouvernement abandonnent les postes avancés. Nkunda réclame des pourparlers de paix.

Janvier 2008

Le nombre de victimes civiles ne cesse de croître. L'International Rescue Committee signale le nombre ahurissant de 5,4 millions de personnes qui sont mortes pour des raisons liées au conflit depuis 1998.

Janvier 2008

Le gouvernement congolais organise une conférence de paix à Goma. Après trois semaines de discussions, un accord de paix est signé entre le gouvernement et 22 groupes armés, y compris les rebelles de Nkunda. Des diplomates acceptent de faciliter la mise en œuvre de l'accord.

Février 2008

La CPI arrête son troisième suspect de crimes de guerre congolais. Le seigneur de guerre de l'Ituri Mathieu Ngudjolo Chui est arrêté par les autorités congolaises alors qu'il reçoit une formation militaire à Kinshasa et il est remis à la CPI. 

Mars 2008

Plus de 200 personnes sont tuées lors d'une deuxième vague de répression par le gouvernement contre le mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK) dans la province de Bas Congo, dans l'ouest du pays. Les ministres du gouvernement affirment que les membres du BDK étaient armés mais ne présentent aucunes preuves convaincantes. Les soldats tentent de dissimuler des preuves en jetant des cadavres à l'eau.

Mars 2008

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU met fin au mandat de l'expert indépendant sur la situation des droits humains au Congo en invoquant les progrès et la stabilisation politiques dans le pays.

Avril 2008

La CPI délivre un mandat d'arrêt à l'encontre de Bosco Ntaganda, ancien chef des opérations militaires d'un groupe de milices en Ituri, qui a rejoint les rangs de Nkunda en 2006. Nkunda refuse de livrer Ntaganda, disant que les crimes n'ont pas été commis tandis que Ntaganda était sous ses ordres.

Mai 2008

La CPI arrête Jean-Pierre Bemba en Belgique pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par ses troupes en République Centrafricaine en 2002, notamment des viols systématiques. Les partisans de Bemba prétendent que son arrestation est politique.

Juin/Juillet 2008

L'accord de paix entre Nkunda et le gouvernement commence à s'effilocher. Des affrontements sporadiques entre les deux côtés entraînent de nouveaux déplacements de civils.

Juillet 2008

Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme lance un projet sur six mois pour documenter les plus graves violations des droits humains commises au Congo entre 1993 et 2003. Le projet doit couvrir la période controversée de 1996-97 au cours de laquelle des milliers de réfugiés hutus rwandais ont disparu.

Août 2008

Le gouvernement britannique conclut que deux sociétés basées au Royaume-Uni ont violé les règles internationales du commerce en contribuant au conflit violent au Congo et aux atteintes aux droits humains, cinq ans après que le Panel d'experts de l'ONU sur l'exploitation illégale des ressources naturelles lui ait communiqué ces informations. Aucunes accusations ne sont formulées à l'encontre des cadres dirigeants de ces sociétés.

Septembre 2008

Kabila envoie des troupes dans le nord du Congo pour entamer les opérations longuement retardées visant à circonscrire la LRA.  Celle-ci riposte en attaquant des civils, tuant 160 personnes et enlevant plus de 300 enfants dans des villages proches de son quartier général dans le Parc national de la Garamba.

Septembre 2008

Nkunda organise une réunion annuelle avec ses partisans. Le mouvement du CNDP élargit ses objectifs en y incluant le renversement de Kabila.

Septembre 2008

Le Premier ministre Antoine Gizenga démissionne, officiellement pour raisons de santé, et il est remplacé par Adolphe Muzito, un ancien inspecteur des finances inconnu.

Octobre 2008

Les rebelles de Nkunda s'emparent d'une base militaire importante au Nord Kivu.  Ils se retirent quelques jours plus tard avec d'énormes stocks d'armes. De hauts dirigeants du gouvernement accusent les soldats de maintien de la paix de la MONUC de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour stopper l'avancée de Nkunda et déclenchent des opinions publiques hostiles à leur encontre.

Octobre 2008

Un groupe d'experts de l'ONU enquêtant sur les trafics d'armes fournit des preuves détaillées que le gouvernement congolais continue de soutenir et d'armer les FDLR, les milices hutues rwandaises, et que le Rwanda soutient Nkunda.

Octobre 2008

Les forces de Nkunda s'emparent de Rutshuru et d'autres villes stratégiques. L'armée congolaise se désagrège, ses soldats pillant et violant dans leur fuite. Les forces de Nkunda approchent de Goma, la capitale du Nord Kivu, causant une panique généralisée. Après des pressions du Rwanda, Nkunda suspend son avancée et demande des pourparlers de paix en face-à-face avec le gouvernement.

Novembre 2008

Les rebelles de Nkunda, commandées par Bosco Ntaganda, massacrent 150 personnes dans la ville de Kiwanja, à un kilomètre de distance d'une base de la MONUC. Des milliers d'autres personnes prennent la fuite, entraînant une crise humanitaire accrue. Des dizaines de hauts diplomates se rendent à Goma et promettent davantage d'aide.

Novembre 2008

L'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est nommé envoyé spécial de l'ONU pour aider à résoudre la crise. Des dirigeants régionaux et internationaux se réunissent pour des pourparlers de crise avec le Secrétaire général de l'ONU au Kenya. L'ONU autorise 3000 soldats supplémentaires pour la MONUC, ce qui porte à plus de 20 000 le nombre total de soldats de maintien de la paix. Aucun pays ne se propose d'abord pour fournir les soldats de maintien de la paix supplémentaires.

Novembre 2008

Human Rights Watch publie le rapport « On va vous écraser », décrivant en détails la restriction brutale de l'espace démocratique par le gouvernement de Kabila, notamment les exécutions sommaires, les arrestations arbitraires et les actes de torture contre les opposants. Le gouvernement tient une conférence de presse dénonçant le rapport ; le parlement demande une enquête complète.

Décembre 2008

Le Secrétaire général de l'ONU demande à l'Union européenne de fournir des troupes sur une courte période pour l'est du Congo en attendant les renforts de l'ONU. Après de longues hésitations, l'UE refuse. Le Président Kabila demande une assistance militaire à d'autres pays africains mais se heurte à des refus. Tandis qu'Obasanjo se livre à une diplomatie de navette entre Kabila et Nkunda, des délégations de haut-niveau du Congo et du Rwanda tombent secrètement d'accord. 

Décembre 2008

L'armée ougandaise, soutenue par des troupes congolaises et du Sud Soudan et avec l'appui des Etats-Unis, lance une attaque contre les bases de la LRA dans le Parc national de la Garamba. La LRA se livre à des représailles au moment de Noël, tuant plus de 800 civils congolais et causant le déplacement de dizaines de milliers d'autres. 

Janvier 2009

Nkunda est évincé en tant que chef des rebelles du CNDP par son chef d'état-major militaire, Bosco Ntaganda, et il est arrêté au Rwanda. Ntaganda abandonne la rébellion qui durait depuis trois ans et déclare que les troupes du CNDP s'intègreront dans l'armée du gouvernement pour combattre les milices hutues des FDLR dans une campagne militaire conjointe avec les armées rwandaise et congolaise. En dépit d'un mandat d'arrêt de la CPI en suspens, Ntaganda est promu général de l'armée congolaise. Les troupes rwandaises franchissent la frontière et pénètrent dans l'est du Congo. Des parlementaires congolais expriment leur indignation face à la nouvelle stratégie du gouvernement.

Janvier 2009

Le tout premier procès de la CPI s'ouvre à La Haye contre le seigneur de guerre d'Ituri Thomas Lubanga, qui est accusé de crimes de guerre. La première journée du procès est retransmise en direct à la télévision dans tout le Congo.

Février 2009

L'offensive rwandaise-congolaise contre les milices hutus rwandaises, les FDLR, prend fin en ayant seulement réussi à repousser les FDLR d'un certain nombre de leurs bases. Les troupes rwandaises se retirent du Congo. Durant les semaines et les mois qui suivent, les FDLR se livrent à des actes de représailles contre les civils congolais, faisant des centaines de morts et causant le déplacement de dizaines de milliers d'autres. La LRA continue ses attaques dans le nord du Congo.  

Mars 2009

Le gouvernement congolais signe un accord de paix avec les rebelles du CNDP et accepte la transformation de ce groupe en parti politique. Le gros des troupes ougandaises se retire du nord du Congo sans avoir capturé les chefs de la LRA. L'ONU accepte d'appuyer l'armée congolaise dans les opérations qui se poursuivent contre les FDLR et la LRA. 

Mars 2009

Le Congo demande l'extradition de Nkunda au Congo pour qu'il y soit jugé.  Le Rwanda refuse. Un tribunal militaire du Katanga reconnaît le chef des Maï Maï, Gédéon Kyungu Mutanga, coupable de crimes contre l'humanité à l'issue de 19 mois de procès, le plus long procès pour crimes de guerre de l'histoire du Congo. Les groupes de défense des droits humains saluent le jugement.

Mars 2009

Neuf ans après que la mission de maintien de la paix de l'ONU a commencé son travail au Congo, la MONUC adopte une stratégie sur la façon dont elle peut aider à combattre les violences sexuelles au Congo.

Mars 2009

Le Fonds monétaire international (FMI) accorde un prêt d'urgence de 200 millions de dollars américains pour aider le Congo à surmonter la crise économique. Le prêt doit servir à payer les salaires des fonctionnaires, notamment les soldats du gouvernement.

Avril/Mai 2009

Les agences de l'ONU indiquent que la crise humanitaire s'aggrave dans l'est du Congo, avec 800 000 personnes forcées d'abandonner leurs foyers au cours des opérations militaires. La MONUC et l'armée congolaise s'apprêtent à déclencher de nouvelles opérations dans le Sud Kivu. Les pillages et les viols commis par des soldats de l'armée congolaise non payés se multiplient. L'intégration des anciens rebelles du CNDP et autres au sein de l'armée nationale connaît des problèmes. 

Mai 2009

Le parlement congolais adopte une loi d'amnistie pour les milices rebelles des Nord et Sud Kivu. La loi ne prévoit pas d'amnistie pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Les attaques en représailles commises par les FDLR et la LRA se poursuivent.

Juin 2009

Le Président Kabila célèbre le jour de l'indépendance à Goma en proclamant que la paix règne enfin dans l'est.

Juin/Juillet 2009

Human Rights Watch annonce une augmentation massive des atteintes aux droits humains depuis le début des opérations militaires contre les rebelles de la LRA et des FDLR, accusant aussi bien les combattants rebelles que les soldats du gouvernement de commettre des crimes de guerre. Le gouvernement rejette ces accusations comme étant des « mensonges », mais annonce ultérieurement une nouvelle politique de « tolérance zéro » pour les exactions et les viols commis par ses soldats. Ntaganda reste général de l'armée congolaise.

Juillet 2009

La Suisse remet des fonds bloqués s'élevant à plus de 6 millions de dollars américains à la famille de Mobutu, disant que le gouvernement congolais a attendu trop longtemps pour demander que cet argent soit rendu à l'Etat.


Cette chronologie  est basée sur des sources universitaires et des récits actuels, y compris des recherches de Human Rights Watch.

Pour plus d'informations, veuillez consulter :

  • Adam Hochschild, Les fantômes du roi Léopold, un holocauste oublié (1998)
  • Georges Nzongola-Ntalaja, The Congo from Leopold to Kabila: A People's History (2002)
  • Gérard Prunier, From Genocide to Continental War: The Congolese Conflict and the Crisis of Contemporary Africa (2009). Titre américain : Africa's World War: Congo, The Rwandan Genocide, and the Making of a Continental Catastrophe
  • Michela Wrong, In the Footsteps of Mr. Kurtz: Living on the Brink of Disaster in Mobutu's Congo (2001)
  • Ludo de Witte, The Assassination of Lumumba (2002)
  • Tshilemalema Mukenge, Culture and Customs of the Congo (2001)
  • Crawford Young et Thomas Turner, The Rise and Decline of the Zairian State (1985)
  • Jean-Pierre Chrétien, L'Afrique des Grands Lacs : Deux mille ans d'histoire (2000)