Le secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et le Ministre des affaires étrangères angolais Assunção dos Anjos s’adressent aux journalistes à Luanda.

© 2009 Reuters

(New York) - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton devrait mettre en avant les droits humains lors de sa prochaine visite dans sept pays d'Afrique, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui dans une lettre adressée à Hillary Clinton.

Le voyage de 11 jours, qui débutera le 4 août, mènera la secrétaire d'Etat au Kenya, en Afrique du Sud, en Angola, en République démocratique du Congo, au Nigeria, au Liberia et au Cap Vert. Lors de son séjour au Kenya, Hillary Clinton rencontrera le président du Gouvernement fédéral de transition de Somalie.

Dans sa lettre, Human Rights Watch a appelé la secrétaire d'Etat américaine à insister auprès du gouvernement de coalition kenyan pour qu'il traduise en justice les coupables d'atteintes aux droits humains commises à la suite des élections de décembre 2007 et qu'il mette en œuvre les réformes urgentes des secteurs de la sécurité et de la justice du Kenya.

« Les Kenyans sont en train de perdre confiance en leurs dirigeants politiques », a indiqué Georgette Gagnon, directrice pour l'Afrique à Human Rights Watch. « Le fait que le gouvernement ne garantisse pas la justice aux victimes des violences postélectorales menace de porter atteinte à la stabilité du Kenya et entrave son développement économique. »

Hillary Clinton devrait encourager le Président somalien, Sheikh Sharif Ahmed, à soutenir la création d'une commission d'enquête sur les crimes graves commis par toutes les parties en guerre en Somalie, où se déroule l'une des crises humanitaires et des droits humains la plus aiguë du continent, a déclaré Human Rights Watch.

En Afrique du Sud, Mme Clinton devrait exhorter le nouveau gouvernement du Président Jacob Zuma à jouer un rôle plus dynamique dans les questions de politique étrangère sur le continent, en particulier en pressant le gouvernement du Zimbabwe, pays voisin de l'Afrique du Sud, d'entamer des réformes dans le domaine des droits humains. L'armée zimbabwéenne continue à commettre des exactions en toute impunité, notamment dans l'est du pays, dans les mines de diamants de Marange.

Hillary Clinton devrait demander instamment au gouvernement angolais de discipliner ses forces armées et de garantir qu'elles se conforment au droit humanitaire et aux droits humains internationaux au Cabinda, l'enclave de l'Angola riche en pétrole, où Human Rights Watch a documenté des détentions arbitraires et des actes de torture, et au Lunda Norte, une zone riche en diamants à la frontière congolaise, où Human Rights Watch a récemment constaté des pillages, des détentions arbitraires ainsi que des viols de réfugiées et de demandeuses d’asile au cours d'expulsions massives de migrants.

Human Rights Watch a aussi exhorté Hillary Clinton, lorsqu'elle se trouvera en République démocratique du Congo, à exiger que soient poursuivis en justice tous les membres de l'armée, quel que soit leur rang, qui ont commis de graves atteintes aux droits humains, en particulier des violences sexuelles. Au cours des 11 dernières années, des dizaines de milliers de filles et de femmes dans l'est du Congo ont été violées. Si certains soldats de rang inférieur ont été poursuivis pour ces délits, aucun haut-gradé n'a été à ce jour traduit en justice.

Au Nigeria, Hillary Clinton devrait dénoncer la corruption et le détournement des ressources naturelles, qui entrave le droit fondamental des Nigérians de jouir des meilleurs services de santé et d'éducation disponibles, a ajouté Human Rights Watch.

Enfin, au Liberia, Hillary Clinton devrait souligner l'importance de poursuites judiciaires équitables et crédibles pour les crimes les plus graves commis au cours des conflits armés dans ce pays, et inciter le gouvernement de la Présidente Ellen Johnson Sirleaf à mettre en place des commissions pour promouvoir des réformes dans des domaines clés comme les droits humains, l'Etat de droit et les litiges fonciers, qui sont à la racine de ces conflits.

« Les Etats-Unis veulent à juste titre promouvoir l'Afrique comme un lieu de grandes opportunités, mais les Africains ne pourront pas réaliser leur potentiel si leurs droits humains leur sont refusés », a remarqué Georgette Gagnon. « La secrétaire d'Etat devrait insister clairement sur ce lien. »