Le 10 février, la Belgique accueillera une conférence internationale au Palais d’Egmont sur le thème de la protection des enfants en temps de guerre. La Reine Mathilde, le vice-premier ministre Didier Reynders et plusieurs dignitaires de l’UE, de l’OTAN et de l’ONU seront présents. Quelqu’un mentionnera-t-il le fait que la Belgique risque de rester à la traîne en matière de protection des enfants dans les établissements scolaires lors de conflits armés ?

La Belgique n’a pas encore apporté son soutien à la « Safe Schools Declaration » (Déclaration pour la sécurité des écoles). Cet accord international vise à prendre des mesures réfléchies pour assurer la protection des étudiants, des professeurs et des écoles en temps de guerre. Les pays associés à la « Safe Schools Declaration » s’engagent à rétablir l’accès à l’éducation plus rapidement après une attaque dirigée contre un établissement scolaire. Ils s’engagent également à prévenir ces attaques en enquêtant sur les crimes de guerre impliquant des écoles, en poursuivant leurs auteurs en justice et en minimisant l’utilisation des écoles à des fins militaires – casernes, bases – afin d’éviter que celles-ci ne deviennent des cibles d’attaques potentielles.

Le soutien de la Belgique serait d’une importance considérable pour les enfants du monde entier confrontés quotidiennement à l’insécurité parce que leurs écoles sont prises pour cibles.

Halte à l’utilisation d’écoles à des fins militaires

(Juin 2015) – La protection des écoles pendant les conflits armés est essentielle, comme le souligne Ziauddin Yousafzai, conseiller spécial de l'ONU sur l'éducation et père de Malala, jeune lauréate afghane du prix Nobel de la paix.

 

Aujourd’hui, 57 pays soutiennent la « Safe Schools Declaration », dont la majorité des pays de l’Union européenne et la moitié des membres de l’OTAN. Ces chiffres incluent également de nombreux pays affectés par la guerre, notamment l’Afghanistan, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Nigéria, la Somalie et le Soudan du Sud. Si ces pays – victimes d’attaques dirigées sur les établissements scolaires – accordent une valeur à cette déclaration, la Belgique devrait en faire autant.

La sécurité des écoles permet de garantir une protection essentielle aux enfants en temps de guerre. Pour ce faire, il faut que les établissements restent ouverts et qu’ils ne deviennent pas des cibles militaires. Les écoles permettent de protéger les enfants du trafic d’êtres humains et du recrutement par les groupes armés. Elles fournissent des informations vitales sur la manière d’éviter les mines ou d’enrayer la progression du VIH. Et surtout, elles représentent un espace sûr où les étudiants peuvent se former et apprendre dans un cadre routinier, stable et calme malgré le chaos provoqué par la guerre.

Pourtant, dans les zones en guerre, de l’Afghanistan au Yémen, les étudiants, les professeurs et les établissements scolaires sont régulièrement la cible d’attaques. Les groupes armés visent les écoles et les professeurs parce qu’ils symbolisent l’état. Ils s’opposent à ce que l’on y enseigne et aux personnes qui s’y instruisent. Pire encore, dans la majorité des pays en proie à des conflits armés, les forces armées utilisent les écoles à des fins militaires.

Nous ne pouvons pas protéger les enfants en temps de guerre sans assurer leur protection lorsqu’ils sont à l’école. Pour la Belgique, le meilleur moyen d’atteindre son objectif de protection des enfants lors de conflits armés est d’apporter, ce vendredi, son soutien à la « Safe Schools Declaration ».