Une sage-femme traditionnelle au Kurdistan irakien tient des cendres qui seront apposées sur la plaie d'une fillette ayant subi une mutilation génitale féminine.

© 2009 Samer Muscati/Human Rights Watch

(26 juillet 2011) - La nouvelle loi adoptée par le gouvernement régional du Kurdistan irakien et interdisant les mutilations génitales féminines (MGF) est une étape cruciale dans l'éradication de cette pratique, a affirmé Human Rights Watch aujourd'hui. La « Loi sur la violence familiale », approuvée par le parlement du Kurdistan le 21 juin, comporte plusieurs dispositions criminalisant cette pratique, reconnue internationalement comme une forme de violence contre les femmes. Selon diverses études réalisées par des organisations gouvernementales et non gouvernementales au Kurdistan irakien, près de 40 % des filles et des femmes dans cette région ont dû subir une forme de mutilation génitale féminine.

« En adoptant cette loi, le gouvernement régional du Kurdistan a fait preuve de sa détermination à mettre fin aux mutilations génitales féminines et à protéger les droits des femmes et des filles », a déclaré Nadya Khalife, chercheuse sur le Moyen-Orient auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Toutefois le gouvernement devra mettre en place une stratégie à long terme concernant cette pratique néfaste, car la criminaliser ne suffit pas. »

La Loi sur la violence familiale criminalise également les mariages forcés ainsi que les mariages d'enfants, diverses formes de violence physique et psychologique contre les filles et les femmes, la maltraitance des enfants et le travail des enfants. Cette loi doit être encore être ratifiée par le président du gouvernement régional du Kurdistan.

En juin 2010, Human Rights Watch avait publié un rapport intitulé They Took Me and Told Me Nothing: Female Genital Mutilation in Iraqi Kurdistan(« Ils m'ont emmenée et ne m'ont rien dit  : Les mutilations génitales féminines au Kurdistan irakien ») au sujet de cette pratique, et avait recommandé plusieurs mesures dont l’adoption d’une loi interdisant toute forme de MGF.

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