(New York, le 6 juin 2011) - Le gouvernement turkmène devrait rapidement donner suite à l'appel lancé par le Comité contre la torture des Nations unies afin de rectifier le bilan catastrophique du Turkménistan en matière de torture et d'autres graves violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Les partenaires internationaux du Turkménistan, en particulier les pays membres de l'Union européenne et le gouvernement des États-Unis, devrait faire du respect des recommandations du Comité, qui ont été rendues publiques le 6 juin 2011, une priorité dans leurs dialogues avec Achgabat, a ajouté Human Rights Watch. Une décision majeure par le Parlement européen sur l'opportunité de procéder à un vote sur l'éventuel renforcement des relations avec le Turkménistan - sous la forme d'un Accord de partenariat et de coopération - est attendue cette semaine.

« Le rapport du Comité contre la torture met en lumière le bilan déplorable du gouvernement turkmène en matière de droits humains », a commenté Veronika Szente Goldston, directrice de plaidoyer auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Les États membres de l'UE et d'autres pays qui cherchent à poursuivre des partenariats avec le gouvernement turkmène devraient exhorter celui-ci à entamer les réformes préconisées par le Comité. »

Le Comité contre la torture - un organe de contrôle de l'ONU composé de 10 experts indépendants - a examiné le bilan du Turkménistan en matière des droits en mai, dans le cadre de son examen périodique de la conformité des gouvernements à la Convention des Nations Unies contre la torture. Le Turkménistan est un État partie à la Convention depuis 1999.

Dans son évaluation très critique de 13 pages, le comité a déclaré qu'il était « profondément préoccupé par la persistance de nombreuses allégations selon lesquelles la torture et les mauvais traitements des détenus est une pratique répandue » dans cet État partie. Il a appelé le gouvernement turkmène « de manière d'urgente » à prendre des « mesures immédiates et efficaces pour prévenir les actes de torture et les mauvais traitements », soulignant la nécessité de « produire des résultats mesurables ».

Le Comité a exhorté le gouvernement turkmène à libérer les prisonniers politiques Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khajiev, qui travaillaient pour des organisations de defense des droits humains avant leur incarcération en 2006. Le Comité a également cité les cas du prêtre Ilmurad Nurliev, condamné en octobre 2010 à quatre ans de prison; du dissident Gulgeldy Annaniazov, qui purge une peine de 11 ans depuis 2008, et d'un couple marié, Bazargeldy et Aydjemal Berdyev, qui depuis 13 ans cherchent à obtenir justice pour les actes de torture qu'ils disent avoir subi aux mains des agents de la sécurité nationale et qui ont été à nouveau arrêtés en avril 2011 à leur domicile par des hommes soupçonnés d'être des agents de la sécurité nationale.

Dans un exposé de 12 pages soumis au Comité le 30 avril, Human Rights Watch avait indiqué que le gouvernement du Turkménistan, dirigé par Gurbanguly Berdymukhamedov qui en 2007 a succédé à Saparmurat Niyazov, demeure « l'un des gouvernements les plus répressifs du monde ».

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