La Grèce a continué d’accueillir un grand nombre de demandeurs d’asile tout en manquant à son obligation de protéger correctement leurs droits.

En août, le Comité de l’ONU contre la torture a critiqué la politique du gouvernement grec – liée à l’accord UE-Turquie – qui empêche les demandeurs d’asile qui arrivent sur les îles de la mer Égée de se rendre sur le continent.

À dater du mois d’août, une forte augmentation du nombre d’arrivées sur les îles a été enregistrée, conduisant à une importante surpopulation et à des conditions inhumaines et dégradantes dans les camps des îles.

Au moment de la rédaction du présent rapport, 37 000 demandeurs d’asile, en majorité des femmes et des enfants, se trouvaient sur les îles, dont plus de 33 400 dans des camps conçus pour accueillir environ 6 200 personnes.

Bien que les autorités aient autorisé davantage de transferts au cours de l’année, la politique mise en place a continué de piéger des milliers de personnes dans d’atroces conditions de surpeuplement sur les îles. Cela se traduit par une importante surpopulation, des conditions sanitaires et d’hygiène déplorables, un manque de services de base tels que l’eau et la nourriture. Les soins médicaux, l’assistance psychologique aux victimes de traumatismes et la prise en charge psychosociale sont demeurés insuffisants, entraînant chez les demandeurs d’asile une détérioration de la santé mentale, exacerbée par les conditions de détention et l’incertitude quant à la décision qui sera rendue dans leur cas.

L’absence d’infrastructures adéquates et sûres a fait de la violence physique et basée sur le genre une pratique courante dans les camps de demandeurs d’asile. Dans son rapport du mois d’août, le Comité de l’ONU contre la torture a appelé la Grèce à prendre des mesures efficaces pour veiller à ce que la violence à l’encontre des réfugiées, des demandeuses d’asile et des migrantes fassent l’objet d’enquêtes, que les auteurs soient poursuivis et que les victimes soient indemnisées.

En octobre, une nouvelle loi sur l’asile a facilité la rétention des demandeurs d’asile pendant des périodes plus longues. Elle a également réduit les garanties dont jouissaient les demandeurs d’asile, notamment en supprimant les protections pour les personnes vulnérables.

À deux reprises, en février et en juin, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que la Grèce avait agi en violation de ses obligations en matière de droits humains en plaçant des mineurs non accompagnés « sous garde protectrice » dans des cellules de postes de police et des centres de rétention. En dépit de ces arrêts, à l’heure où ont été écrites ces lignes, 234 enfants étaient encore détenus dans ce type d’établissements, tandis que des centaines d’autres se trouvaient dans des camps avec des adultes ou étaient sans abri en raison de l’incapacité des autorités à leur prodiguer un hébergement adéquat ou un foyer d’accueil. La loi d’octobre sur l’asile n’a pas abrogé le régime de « garde protectrice ».

En mars, un procureur a ouvert une enquête sur les accusations de refoulements à la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie. Ces refoulements, entre autres de demandeurs d’asile turcs, se sont poursuivis tout au long de l’année. Une enquête similaire ouverte en 2018 par l’ombudsman grec n’a pas encore donné de résultats.

En juin, le gouvernement a modifié le code pénal pour définir le viol comme un rapport sexuel sans consentement, à la suite des vives critiques soulevées par un projet de loi qui ne prévoyait pas cette disposition.

Dans un rapport publié en juillet, l’ombudsman a relevé que les personnes en situation de handicap avaient un accès limité aux espaces publics, aux services de l’État et aux transports publics, qu’elles étaient victimes de discrimination sur le lieu de travail, et qu’elles rencontraient des difficultés pour accéder à l’éducation. Lors de l’examen de septembre, le Comité de l’ONU des droits des personnes handicapées a critiqué le traitement que réserve la Grèce aux demandeurs d’asile et aux réfugiés atteints d’un handicap. Le Comité du Conseil de l’Europe pour la prévention de la torture a publié un rapport en février exprimant sa préoccupation à propos des traitements inhumains et dégradants dans les établissements psychiatriques et les centres de rétention de migrants.

 

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