En Hongrie, le parti au pouvoir Fidesz et son Premier Ministre Viktor Orban ont remporté un troisième mandat consécutif aux élections d’avril avec une majorité des deux tiers.

En amont du scrutin d’avril, le gouvernement avait mené une campagne de dénigrement à la télévision, à la radio et sur des affiches placardées dans tout le pays, visant d’une part les organisations de la société civile qui travaillent sur l’asile et la migration, et d’autre part le philanthrope d’origine hongroise George Soros, important bailleur de fonds.

Pendant la campagne électorale, des responsables du gouvernement, dont le Premier Ministre Orban, ont qualifié les organisations de la société civile, l’opposition politique et les journalistes critiques d’« agents de Soros ».

Outre la campagne de dénigrement, qui s’est poursuivie dans les médias pro-gouvernementaux après les élections, les associations de la société civile, en particulier celles travaillant sur l’asile et la migration, ont été soumises à des pressions gouvernementales croissantes en 2018.

En juin, le parlement a approuvé des amendements à la constitution et à d’autres lois proposés par le gouvernement, criminalisant les services, les conseils et le soutien apportés aux migrants et demandeurs d’asile, les rendant passibles d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an. Les mesures sont entrées en vigueur en juillet. À l’heure où ont été écrites ces lignes, aucune poursuite n’avait été engagée. Les mesures ont été adoptées en dépit des critiques émanant du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe en février, du Comité des droits de l’homme de l’ONU en avril, du HCR en mai et de l’organe consultatif du Conseil de l’Europe sur les questions constitutionnelles en juin.

Au cours de l’année, les institutions de l’UE ont adopté plusieurs mesures d’exécution contre la Hongrie (voir section sur l’État de droit).

En août, une taxe spéciale de 25 pour cent sur le financement des organisations « appuyant l’immigration » a été introduite, n’exemptant que les partis politiques et les organisations internationales jouissant d’une immunité. 

Aucun accord n’a été conclu entre l’Université d’Europe centrale et le gouvernement hongrois pour garantir les activités de l’université en Hongrie, ce qui a poussé l’université à annoncer en décembre son déménagement à Vienne, en Autriche.

Une loi sur les réunions publiques entrée en vigueur en octobre 2018 octroie à la police de plus amples pouvoirs pour interdire ou disperser les manifestations.

Le pays a connu une forte diminution des demandes d’asile en 2018, en grande partie parce qu’il est devenu presque impossible pour les demandeurs d’asile d’entrer sur le territoire hongrois pour solliciter une protection.

En août, les autorités avaient limité le nombre d’entrées de demandeurs d’asile à 1 ou 2 par jour, abandonnant à leur sort des milliers de personnes bloquées en Serbie dans des conditions déplorables. Au début du mois d’août, les autorités hongroises ont refusé de distribuer de la nourriture aux demandeurs d’asile se trouvant dans les zones de transit. À la suite d’une intervention en urgence de la Cour européenne des droits de l’homme, les autorités ont repris la distribution de nourriture.

Un amendement constitutionnel entré en vigueur en juillet restreint encore davantage l’accès à l’asile en interdisant explicitement « l’installation de populations étrangères » en Hongrie et en refusant d’accorder une protection à tout demandeur d’asile arrivant en Hongrie via un pays de transit que les autorités hongroises jugent sûr pour les demandeurs d’asile. En août, 3 119 personnes au total avaient déposé une demande d’asile et les autorités ont octroyé une protection internationale à un total de 320 personnes, dont 54 qui ont obtenu le statut de réfugié et 266 qui ont bénéficié de la protection subsidiaire.

Les Roms ont continué de faire l’objet de discriminations dans le domaine du logement, de l’éducation et du service public de soins de santé.

Un amendement constitutionnel adopté en juillet a criminalisé le fait d’être sans-abri, ignorant les critiques émises en juin par la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à un logement convenable, lesquelles soulignaient que le plan était cruel et incompatible avec le droit relatif aux droits humains. Des personnes sans domicile fixe ont été poursuivies en justice après l’entrée en vigueur de la loi en octobre.

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