Les rebelles libyens ont trouvé et extrait plus de 150 de ces mines antipersonnel, des T-AB-1 de fabrication brésilienne, que les forces gouvernementales avaient posées au nord de Zintan dans les montagnes de Nafousa.

© 2011 Human Rights Watch

(Le Caire, le 21 juin 2011) - Les forces du gouvernement libyen ont posé plus de 150 mines antipersonnel dans au moins un endroit dans les montagnes de Nafousa, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Human Rights Watch a visité le site en question, inspecté les mines extraites par des combattants rebelles et interrogé ceux-ci.

« Ces mines antipersonnel posent un risque énorme pour les civils », a déclaré Steve Goose, directeur de la division Armes à Human Rights Watch. « Ces mines ont été interdites par plus de 150 pays, mais la Libye continue d'être une exception. »

Human Rights Watch a confirmé l'utilisation par le gouvernement de cinq types de mines dans six endroits différents en Libye, y compris l'utilisation de mines antipersonnel et antichar près d'Ajdabiya.

Il s'agit de la première utilisation de mines confirmée dans les montagnes de Nafousa, situées à l'extrême-ouest de la Libye.

Les mines trouvées dans les montagnes, des T-AB-1, sont de fabrication brésilienne. Les mines ont été placées environ 16 kilomètres au nord de la ville de Zintan, dans un lieu nommé Khusha (coordonnées N 32º 02.448', E 012º 12.710'), semble-t-il pour défendre les positions du gouvernement plus au nord.

Une mine antipersonnel en plastique de type T-AB-1 comporte une faible teneur en métal, la rendant ainsi difficile à repérer une fois posée, selon Human Right Watch. En plus de sa particularité antipersonnel, la T-AB-1 peut servir de fusible pour une mine antichar du même nom.

À quel moment les forces du gouvernement libyen ont posé les mines antipersonnel demeure incertain. Les forces armées de l'opposition dans les montagnes de Nafousa ont déclaré que les combattants rebelles ont découvert les mines autour du 1er juin 2011 et en ont extrait 169. Human Rights Watch a inspecté les mines désassemblées à Zintan.

Le Conseil national de transition, soit l'autorité d'opposition de facto en Libye, s'est formellement engagé le 28 avril à ne pas faire usage de mines antipersonnel et antichar et à détruire toutes les mines en sa possession.

« Nous espérons que les rebelles tiendront leur promesse de ne pas utiliser de mines terrestres et de détruire toutes celles en leur possession », a souligné M. Goose.

Les forces du gouvernement ont placé des mines antipersonnel T-AB-1 dans d'autres régions au cours du conflit. En mai dernier, des chercheurs d'Amnesty International ont documenté l'utilisation de ce type de mine à deux endroits dans le quartier de Tammina, une zone résidentielle située au sud-est du centre de la ville de Misrata.

La Libye est l'un des 37 pays qui n'a pas rejoint la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel de 1997. Au total, 156 pays sont parties à cette convention, et deux autres l'ont signée sans l'avoir encore ratifiée.

La Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel interdit totalement l'utilisation, la production et le transfert de mines antipersonnel, exige la destruction des réserves dans un délai de quatre ans ainsi que le déminage des zones affectées dans un délai de dix ans, et requiert l'aide aux victimes des mines. Ces dernières années, les seules forces gouvernementales qui ont continué de poser des mines antipersonnel sont celles de la Birmanie.

« L'utilisation des mines antipersonnel dans le conflit en Libye met les civils en danger et continuera de le faire après que les combats auront cessé », a conclu M. Goose.