Des travailleuses dans un atelier de confection au Cambodge.

© 2014 Samer Muscati/Human Rights Watch

(Genève) – Des gouvernements, employeurs et travailleurs du monde entier se réuniront à partir du 28 mai 2018 pour discuter d’une proposition de traité international sur la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. À l’occasion de cette conférence de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui doit durer jusqu’au 8 juin à Genève, Human Rights Watch a publié un document de 19 pages intitulé « Mettre fin à la violence et au harcèlement au travail - Plaidoyer pour l’adoption de normes mondiales » (PDF) soulignant les problèmes clés.

Ce document présente des recherches sur la violence et le harcèlement au travail, surtout dans le cas des travailleuses et travailleurs domestiques, ouvriers du textile, pêcheurs, travailleurs agricoles et travailleurs immigrés. Il met également en évidence des exemples de bonnes pratiques gouvernementales et propose des recommandations sur les éléments essentiels qui devraient figurer dans une éventuelle convention de l’OIT et, de façon générale, sur les mesures permettant de mettre fin à la violence et au harcèlement sur le lieu de travail.

« Le mouvement ‘Me Too’ a mis au jour la violence liée au genre qui continue à régner, des secteurs les plus en vue, les plus puissants, jusqu’aux milieux professionnels les plus marginalisés et invisibles », a déclaré Rothna Begum, chercheuse sur le Moyen-Orient auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Les pays peuvent aider à redresser la situation en adoptant une norme qui engage leur responsabilité au niveau international afin de prévenir et de résoudre les cas de violence et de harcèlement au travail. »

Le rapport de la Banque mondiale, « Les femmes, l’entreprise et le droit 2018 », a constaté que 59 pays, sur les 189 dont l’économie a été étudiée, n’avaient aucune disposition légale spécifique traitant du harcèlement sexuel dans le cadre au travail. De façon plus générale, l’OIT a observé de nombreuses lacunes dans les protections légales contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail. Notamment, on constate souvent que les lois manquent de cohérence, que les travailleurs les plus exposés à la violence ne sont pas assez couverts par les lois ou politiques, ou encore que la notion de lieu de travail est définie de façon trop étroite par les lois et réglementations existantes.

« L’OIT donne aux pays une occasion rare de contribuer à faire cesser toute forme de violence et de harcèlement sur le lieu de travail », a conclu Rothna Begum. « Les gouvernements, employeurs et travailleurs présents à la conférence de l’OIT devraient décider d’appuyer un traité international, qui pourrait être prêt à être adopté dès l’an prochain. »

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