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République centrafricaine

Événements de 2025

Des affiches électorales représentant le président centrafricain et candidat à la présidentielle pour le Mouvement Cœurs Unis (MCU) Faustin-Archange Touadéra (au centre), du candidat à la présidentielle pour l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) Anicet-Georges Dologuélé (à droite), et du candidat présidentiel pour l’Unité Républicaine (UNIR) Henri-Marie Dondra à Bangui, en République centrafricaine, le 24 décembre 2025.

© 2025 Annela NIAMOLO / AFP via Getty Images

Alors que la présence de groupes armés et de milices étrangères a longtemps provoqué des conflits, les combats ont ralenti en 2025, pour la première fois depuis des années. Les forces armées gouvernementales et certains groupes armés ont signé un accord de cessez-le-feu et les forces bilatérales et des Nations Unies ont poursuivi leurs opérations de maintien de la paix. Les élections présidentielles et locales qui se sont tenues en décembre 2025, certaines pour la première fois depuis 36 ans, et le travail continu de la Cour pénale spéciale (CPS) sont des mesures encourageantes en faveur d’une amélioration du respect des droits humains.

Cependant, de sérieux défis persistent en ce qui concerne les activités des groupes armés et leur démobilisation. La sécurité des grandes villes dépend toujours des mercenaires de la société militaire privée Wagner, financée par l’État russe. Les élections ont été reportées à plusieurs reprises, tandis que l’opposition a dénoncé des irrégularités. Les combats isolés ont continué de provoquer des déplacements et de compliquer l’accès à certaines zones pour les acteurs humanitaires.

En août, le pays a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, connu sous le nom de Protocole de Maputo.

Le mandat de l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine a été renouvelé pour un an.

Élections de 2025

Les élections locales de décembre, les premières du pays depuis plus de 36 ans, étaient initialement prévues pour octobre 2024. Reportées dans un premier temps à avril 2025 en raison d’un manque de financement, elles ont de nouveau été reportées à décembre. En 2024, l’Autorité nationale des élections (ANE) a entrepris une révision des listes électorales et l’inscription de nouveaux électeurs. En juin, un expert de l’ONU a appelé à des réformes urgentes de l’ANE, affirmant que « des dysfonctionnements internes persistants ont entravé son efficacité, ce qui compromet le respect du calendrier électoral ».

L’opposition politique, réunie au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a exprimé des doutes quant à l’équité du processus électoral. Un dialogue politique, demandé par le BRDC depuis deux ans, a eu lieu en septembre.

La constitution de 2023 a prolongé la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans et a supprimé le nombre limite de mandats, permettant au président Faustin-Archange Touadéra, au pouvoir depuis 2016, de se représenter. Son parti, le Mouvement cœur unis (MCU), l’a officiellement désigné comme candidat en juillet. En septembre, l’ancien Premier ministre et dirigeant du BRDC, Anicet-Georges Dologuélé, a renoncé à sa nationalité française, conformément à la nouvelle disposition constitutionnelle de 2023 qui interdit aux candidats d’avoir plusieurs nationalités.

Espace civique et médiatique

En mai, l’Assemblée nationale a voté la révision de la loi sur la liberté de la presse en réintroduisant la criminalisation des « délits de presse » – définis au sens large comme l’utilisation des médias pour inciter à des crimes ou porter atteinte à la sécurité nationale – annulant les modestes protections juridiques qui les avaient dépénalisés depuis 2020.

Les autorités ont arrêté, en mai, le rédacteur en chef du journal Le Quotidien de Bangui, Landry Nguéma Ngokpélé, pour diffusion présumée d’informations susceptibles de troubler l’ordre public, complicité de rébellion et incitation à la haine. En juillet, les chefs d’inculpation ont été requalifiés en infraction à la loi sur la presse.

Joseph Figueira Martin, ancien analyste d’International Crisis Group et chercheur pour FHI 360, une ONG américaine, a été reconnu coupable de complicité d’association de malfaiteurs et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État. Il a été condamné à 10 ans de travaux forcés et à une amende de 50 millions de francs CFA (environ 88 700 dollars US). Il a été arrêté en mai 2024 par les forces russes à Zémio, dans le sud-est du pays.

Accord de paix avec les groupes armés

En avril, un nouvel accord de cessez-le-feu a été signé à N’Djamena, au Tchad, entre les groupes Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) et Retour, réclamation et réhabilitation (3R). Cela s’inscrit dans la suite de l’accord de 2019 qui a conduit à la dissolution de neuf groupes armés sur 14 et à certaines améliorations de la sécurité. En juillet, Faustin Archange Touadéra a dirigé une cérémonie au cours de laquelle les dirigeants de l’UPC et des 3R ont confirmé la dissolution de leurs ailes politique et militaire. Une semaine plus tard, le gouvernement a nommé deux responsables de ces groupes en tant que ministres conseillers et deux autres à des postes gouvernementaux supplémentaires.

Cet effort de désarmement est soutenu à la fois par Wagner et la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, la MINUSCA. Entre 2014 et 2016, les deux groupes ont commis des crimes graves contre des civils, y compris des crimes de guerre.

En août, d’anciens membres des 3R ont déclaré qu’ils avaient été attaqués par des combattants de Wagner qui ont tué une personne, en ont blessé trois autres et ont incendié et pillé plusieurs de leurs bases, en violation de l’accord de paix.

Situation sécuritaire

Les forces gouvernementales et les groupes armés ont poursuivi leurs attaques sporadiques contre des civils, notamment l’enlèvement, le recrutement et l’utilisation d’enfants comme soldats, les violences sexuelles et les attaques contre des écoles et des hôpitaux. Le pays reste dangereux pour les acteurs humanitaires, avec 103 incidents signalés entre janvier et octobre, dont un décès.

En février, certains États membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leur préoccupation face au débordement du conflit soudanais en République centrafricaine, étant donné la présence présumée dans le pays de l’une des parties belligérantes, les Forces de soutien rapide.

En août, la Russie a demandé à remplacer le groupe Wagner, présent en République centrafricaine depuis 2018, par Africa Corps, placé sous le commandement direct du ministère russe de la Défense. Le groupe Wagner a toutefois continué à être impliqué dans des activités commerciales et dans la démobilisation des groupes armés tout au long de l’année 2025.

En avril, des membres du groupe armé Azande Ani Pki Gbe, une milice ethnique à majorité Zandé basée dans le sud-est du pays, ont attaqué à la fois des forces militaires nationales et des combattants de Wagner, malgré un accord de paix et de formation conclu en 2024.

En juin, une explosion au lycée Barthélemy Boganda de Bangui a tué 29 élèves et en a blessé au moins 250 autres, selon les médias. Au cours d’une veillée en mémoire des victimes, les autorités ont brièvement arrêté sept personnes, dont trois des organisateurs, pour avoir prétendument violé une interdiction de manifester dans l’espace public datant de 2022.

Justice pour les crimes graves

En mars, la Cour pénale spéciale (CPS) – un tribunal jugeant les crimes de guerre qui fait partie du système judiciaire national avec du personnel et un soutien nationaux et internationaux – a arrêté et inculpé Mohamed Ali Fadoul. Celui-ci, ancien membre du groupe armé de la Séléka, a été accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre liés à l’attaque de 2014 contre l’église Notre-Dame, un ancien camp de déplacés à Bangui, la capitale. Mohamed Ali Fadoul a rejoint huit autres personnes qui avaient déjà été arrêtées et inculpées dans le cadre de cette affaire.

En juin, la CPS a reconnu six membres du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Quatre des sept accusés dans cette affaire ont été condamnés par contumace à des peines allant de 18 à 25 ans d’emprisonnement. En juillet, la Cour a reconnu six autres membres du FPRC coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et les a condamnés par contumace à des peines allant de 20 à 25 ans d’emprisonnement.

En juillet, la Cour pénale internationale (CPI) a reconnu deux chefs de milice anti-balaka, Alfred Yékatom et Patrice-Édouard Ngaïssona, respectivement coupables de 20 et 28 crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre décembre 2013 et août 2014. Ils ont été respectivement condamnés à 15 et 12 ans de prison.

En septembre, les juges de la CPI ont déclaré l’affaire contre Edmond Beïna irrecevable devant la Cour après avoir déterminé que la République centrafricaine avait la volonté et la capacité de mener véritablement à bien l’enquête et les poursuites dans cette affaire. Edmond Beïna était recherché par la CPI depuis 2018 pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis entre février et mars 2014, le mandat à son encontre étant sous scellés jusqu’en 2024. Edmond Beïna a été arrêté et inculpé par la CPS en juillet 2024 et sera jugé aux côtés de cinq autres accusés.

Armel Sayo, un ancien ministre et chef rebelle, a été arrêté au Cameroun en janvier en vertu d’un mandat international émis par les autorités centrafricaines pour des chefs d’inculpation incluant rébellion, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.