Le gouvernement continue également d’utiliser cette arme proscrite
1 septembre 2014
« Tout recours à des bombes à sous-munitions doit être condamné, mais la meilleure réponse est que toutes les pays adhèrent au traité les interdisant. »
Steve Goose, directeur de la division Armes à Human Rights Watch

(Beyrouth, le 1er septembre 2014) – Des éléments de preuves crédibles indiquent que les forces de l’État ​​islamique ont utilisé des bombes à sous-munitions contre au moins un site dans le nord de la Syrie au cours des dernières semaines, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. L'utilisation de ces armes par des acteurs non étatiques tels que l'État islamique démontre l'urgente nécessité pour la Syrie et tous les autres pays qui n’ont pas encore adhéré à la convention interdisant les bombes à sous-munitions, de le faire et de détruire leurs stocks d’armes.

Les forces gouvernementales syriennes recourent quant à elles aux armes à sous-munitions depuis juin 2012, malgré la condamnation généralisée de cette pratique par la communauté internationale. La dernière attaque de ce type par les forces gouvernementales a été menée le 21 août 2014.

« Tout recours à des bombes à sous-munitions doit être condamné, mais la meilleure réponse est que toutes les pays adhèrent au traité les  interdisant et agissent de concert pour débarrasser le monde de ces armes », a déclaré Steve Goose, directeur de la division Armes à Human Rights Watch et président de la Coalition contre les armes à sous-munitions (Cluster Munition Coalition, CMC).

Les bombes à sous-munitions peuvent être tirées par des lance-roquettes ou des systèmes d’artillerie, ou peuvent être larguées par des avions. Elles explosent dans les airs et répandent des dizaines, voire des centaines, de sous-munitions ou petites « bombettes » sur de larges surfaces. Or souvent, ces sous-munitions n’explosent pas au contact du sol, et ces ratés deviennent alors l’équivalent de mines anti-personnel qui risquent d’exploser au moindre contact.

Toutes les parties au conflit en Syrie devraient cesser immédiatement de recourir aux armes à sous-munitions, qui ont été interdites par la plupart des pays du monde. La Syrie devrait dans les plus brefs délais adhérer à la Convention sur les armes à sous-munitions, adoptée en 2008, et détruire ses stocks d'armes.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait imposer un embargo sur les armes livrées au gouvernement syrien ainsi qu'à tous les groupes armés qui commettent de graves violations des droits humains de manière systématique ou généralisée.

Communiqué intégral en anglais : www.hrw.org/node/128581