La visite de l'ancien vice-président américain à Vancouver le soumettra à la juridiction canadienne
24 septembre 2011
« Le gouvernement américain a totalement failli à son obligation légale d'enquêter sur les actes de torture autorisés par l'administration Bush, mais ceci ne devrait pas empêcher d’autres pays de le faire. La visite de Dick Cheney à Vancouver constitue une rare opportunité de remédier à cet échec honteux dans l’obligation de faire respecter la primauté du droit. »
Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch

(Toronto, le 24 septembre 2011) - Le gouvernement canadien doit être prêt à engager des poursuites pénales contre l'ancien vice-président américain Dick Cheney pour son rôle présumé dans la torture de détenus lors de sa visite à Vancouver le 26 septembre, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui .

Des preuves accablantes d’actes de torture autorisés par l'administration Bush, y compris dans au moins deux affaires impliquant des citoyens canadiens, oblige le Canada à enquêter sur Cheney afin de se conformer à la Convention des Nations Unies contre la torture, ratifiée par ce pays en 1987.  Le Canada a incorporé les dispositions de cette Convention dans son propre Code criminel. En outre, la législation canadienne prévoit expressément  que les tribunaux canadiens sont compétents pour statuer sur des affaires concernant des actes de torture si le plaignant est un citoyen canadien, même dans le cas d’infractions commises à l'étranger.

« Le gouvernement américain a totalement failli à  son obligation légale d'enquêter sur les actes de torture autorisés par l'administration Bush, mais ceci ne devrait pas empêcher d’autres pays de le faire », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « La visite de Dick Cheney à Vancouver constitue une rare opportunité de remédier à cet échec honteux dans l’obligation de faire respecter la primauté du droit. »

Human Rights Watch a documenté le rôle des hauts responsables de l'administration Bush dans l’autorisation de la torture de détenus, y compris la pratique du « waterboarding » (simulacre de noyade) et l'exposition prolongée à la chaleur et au froid. Les États-Unis ont été directement responsables ou complices de la torture d'au moins deux citoyens canadiens, Maher Arar et Omar Khadr.

Dick Cheney a joué un rôle clé dans la formulation de la politique américaine à l’égard des détenus. et a été membre du « Comité principal » (« Principals Committee ») du Conseil de sécurité nationale ayant approuvé la politique américaine en matière d'interrogatoires. Il a joué un rôle crucial dans la pression exercée sur de hauts fonctionnaires du Département américain de la Justice ayant mené à la mi-2002 à l’autorisation de l'utilisation de méthodes d'interrogatoire coercitives. Les mémoires de  Cheney, In My Time (« Dans mon temps »), publiés en août, témoignent du soutien qu’il continue d’apporter aux techniques d'interrogatoire abusives, qu'il considère   «  d’une importance critique ... à la sécurité nationale ».

«  L’enquête menée par le gouvernement canadien lui-même au sujet de l'affaire Maher Arar montre qu'il existe des preuves suffisantes pour ouvrir une enquête sur Cheney concernant l’autorisation de la torture », a ajouté Kenneth Roth. « Bush, Cheney et d'autres personnes ont autorisé le régime de détention abusive auxquels des citoyens des Canadiens et des milliers d'autres individus ont été soumis. Ils doivent être tenus pour responsables. »

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