
Le 26 avril 2012, Charles Taylor, ancien président du Libéria, est devenu le seul ex-chef d’État depuis Nuremberg à avoir été reconnu coupable de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité par un tribunal international ou hybride (international-national) pour son rôle dans l’attisement du conflit armé en Sierra Leone, pays voisin.
Le procès de Taylor et la délivrance d'un jugement à l’issue d’un processusjudiciaire crédible envoient un signal fort que le monde est devenu un lieu moins accueillant pour les dirigeants au plus haut niveau qui sont accusés d'avoir commis des crimes graves en violation du droit international.
Charles Taylor est devenu président du Libéria le 2 août 1997, après des années de guerre civile et une élection sur laquelle pesait la menace implicite qu’il relancerait la guerre s’il n’était pas élu. Au cours de la guerre en Sierra Leone, qui a tué des dizaines de milliers de civils, Taylor a été impliqué dans le soutien au Front révolutionnaire uni (FRU) et à l'alliance du FRU / Conseil révolutionnaire des forces armées (CRFA), des groupes rebelles brutaux qui ont tué, violé et mutilé des milliers de personnes. Ces groupes armés ont également recruté de force des milliers d'enfants soldats. Taylor aurait soutenu ces groupes grâce au commerce d’armes qu’il leur fournissait en échange de diamants, leur permettant ainsi de continuer à terroriser les civils.
Le Tribunal spécial a inculpé Taylor le 7 mars 2003, pour des crimes graves commis pendant le conflit en Sierra Leone. Après des années d’asile au Nigeria, il a été appréhendé en mars 2006 et transféré à La Haye, pour être jugé devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone en juin 2006.




